Aller au contenu principal

Politique laitière
Mettre en place « un système capable de gérer les à-coups »

La fin des quotas après 2015 ne signifie pas un monde sans maîtrise de la production. Il est fondamental de mettre en place un système qui assure stabilité et visibilité. Analyse de Frédéric Chausson, directeur de la FNPL, Fédération nationale des producteurs de lait, branche laitière de la FNSEA.


La FNPL a-t-elle tiré un trait sur les quotas après 2015 ?
Frédéric Chausson - Nous ne sommes pas aveugles et sourds. Nous constatons que la Commission n´a pas proposé(1) le renouvellement des quotas après 2015, nous le regrettons. Néanmoins la FNPL se battra jusqu´au bout pour que le système des quotas soit efficace jusqu´au 31 mars 2015. Le débat européen va se jouer sur la hausse des quotas et sur les compensations pour les zones de montagne. C´est là qu´aujourd´hui se trouvent les marges de manoeuvre.
Mais la fin des quotas ne signifie pas un monde sans maîtrise de la production. La FNPL reste profondément attachée à la maîtrise de l´offre. D´où les réflexions actuelles sur la contractualisation pour préparer le nouveau contexte laitier sans quotas.

Les dicussions sur la contractualisation sont-elles bloquées ?
F. C. - Non, le débat est difficile au niveau de l´interprofession mais il avance. Producteurs comme transformateurs ont un intérêt collectif à travailler sur la contractualisation, s´ils veulent avoir de la visibilité et de la stabilité. Ce que ne veut pas la FNPL, c´est qu´un producteur se retrouve seul face à un transformateur pour négocier un contrat. On s´oriente vers l´idée d´un guide des bonnes pratiques de la contractualisation, avec un comité interprofessionnel d´examen qui veillerait à la bonne application de ce guide. Il ne s´agit pas de tout régler en 2008 - le régime des quotas va durer jusqu´au 31 mars 2015 - mais de poser les principes fondamentaux. Le guide pourra s´écrire par la suite au fur et à mesure. Nous avons par ailleurs besoin, au niveau du droit européen de la concurrence, d´un coup de mains des pouvoirs publics pour renforcer la base juridique des interprofessions.
La Commission veut augmenter les quotas d´ici 2015. Quelle est votre position ?
F. C. - La Commission propose, en vue de la sortie du système, d´augmenter les quotas en se basant sur une étude d´impact par marchés, par États membres et par régions ; elle se met en position de proposer des augmentations différenciées. Pour nous, le pire serait la mise en place de hausses théoriques pour diminuer progressivement la valeur des quotas et atteindre la valeur zéro en 2015. Cette proposition reviendrait à rendre le système totalement inefficace.
La FNPL propose de fonctionner avec un système de hausse qui soit fondé sur l´état des marchés. Il pourrait s´apparenter au système d´allocations provisoires français : si le marché permet d´écouler 102 % de la production actuelle, disons aux éleveurs qu´ils sont autorisés à produire 2 % de plus, mais il faut pouvoir revenir en arrière si le marché se retourne. Les quotas doivent continuer à jouer leur rôle d´ajustement. Nous avons le sentiment que cette idée fait son chemin, notamment du côté de l´Allemagne.

Et sur les compensations en zones difficiles ?
F. C. - Nous voulons maintenir des exploitations sur tout le territoire. Compenser les handicaps qui rendent la production plus difficile, en zone de montagne notamment, est fondamental. Nous constatons que la Commission est sensible à la problématique des zones de montagnes et nous pensons que l´action menée avec les sénateurs auprès de la Commission début juillet n´y est pas étrangère. Nous ferons le même type d´opération en début d´année prochaine en vue d´aller plaider notre cause auprès des parlementaires européens à la mi-mai.
Etes-vous optimiste pour les années à venir ?
F. C. - Oui. Il faut reprendre confiance. Globalement, les perspectives de marchés sont bonnes sur les prochaines années. Il faut relancer la machine dans la durée et mettre en place un système capable de gérer les à-coups conjoncturels.
Le prix du lait doit monter à un niveau raisonnable pour permettre aux producteurs de bien vivre. Si l´on veut de la production, l´augmentation du prix dans les exploitations est incontournable.

(1) Dans la communication officielle du 20 novembre dernier.

Les plus lus

<em class="placeholder">Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin</em>
Stress thermique : « Notre production laitière ne baisse quasiment plus en été grâce au douchage », dans le Bas-Rhin

Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin, installé en traite en traite robotisée, a mis en place un dispositif de douchage…

<em class="placeholder">Adrien Jaouen et Nicolas Diverres, éleveurs de vaches laitières dans le Finistère</em>
« Un robot de traite, mais avec du pâturage, pour concilier temps libre et revenu dans notre exploitation laitière du Finistère »

Le Gaec de Kergouézan, dans le Finistère, mise sur un système productif aux coûts maîtrisés grâce à la qualité de ses…

<em class="placeholder">Alexandre Ramel dans l&#039;une des  parcelles de maïs ressemée fin mai suite à des attaques de géomyze.</em>
Attaques de géomyze : « Nous avons dû ressemer 50 hectares de maïs », en Mayenne

Le Gaec Fénérie Bourigné, à La Bigottière en Mayenne, a été confronté ce printemps à des attaques sévères de géomyze, une…

<em class="placeholder">Xavier Bruneau (au centre), avec Philippe Fradin (à gauche), un de ses associés, et Mathis Maillet, apprenti. au Gaec La Vergne</em>
« Nous visons l’autonomie protéique et fourragère », dans les Deux-Sèvres

Au Gaec La Vergne dans les Deux-Sèvres, les associés jouent la carte de la diversification des fourrages avec des méteils, de…

<em class="placeholder">collecte de lait sur une ferme</em>
Début mai, la collecte de lait française confirme sa baisse par rapport à 2025
En France, la collecte de lait de vache en mars a atteint son plus haut niveau depuis cinq ans. Mais en avril et début mai, la…
<em class="placeholder">Gaëtan Palaric, éleveur dans les Côtes-d&#039;Armor devant son robot d&#039;alimentation Aura</em>
« Avec notre robot d’alimentation, nourrir 300 animaux se résume à 30 minutes de surveillance pour 9 rations différentes » dans les Côtes-d’Armor

Dans les Côtes-d’Armor, le Gaec Boscher Palaric fait partie des tout premiers élevages équipés du robot d’alimentation Kuhn…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière