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MÉDICAMENTS : LES RÈGLES CHANGENT

Un bilan sanitaire annuel et un protocole de soins seront désormais indispensables pour se faire prescrire des médicaments à distance. Une nouvelle réglementation qui devrait ouvrir la porte à de nouvelles relations entre éleveurs et vétérinaires.

La plupart des médicaments vétérinaires en élevage laitier sont prescrits sur ordonnance. Jusqu’à récemment, d’après la loi, cette prescription ne pouvait être effectuée qu’après l’examen clinique de l’animal, donc lors d’une visite dans l’élevage. Ainsi, par exemple, l’éleveur qui détectait le soir une mammite en salle de traite devait appeler systématiquement son vétérinaire pour que celui-ci, après consultation de l’animal, prescrive et délivre un traitement intramammaire. Autant dire que tout le monde se trouvait hors-la-loi : l’éleveur qui venait chercher une prescription au cabinet vétérinaire et stockait les médicaments dans sa pharmacie, le vétérinaire qui la lui fournissait, et l’Administration qui fermait la plupart du temps les yeux.
Après six années de discussions entre les Pouvoirs publics et les représentants des éleveurs, des vétérinaires et des pharmaciens, une nouvelle réglementation a vu le jour le 24 avril dernier. Elle autorise désormais la prescription de médicaments sans visite systématique, dans le cadre d’un « suivi sanitaire permanent », strictement balisé. Et elle encadre ainsi l’automédication. Ce suivi, assuré par le vétérinaire habituel de l’élevage, prévoit un bilan sanitaire annuel, un protocole de soins et au moins une visite de suivi dans l’année qui peut être faite lors d’une visite « classique ». Seul ce vétérinaire traitant désigné par l’éleveur pour l’atelier laitier (ou un vétérinaire de son cabinet) est habilité à prescrire à distance, et uniquement pour traiter les maladies listées dans le protocole de soins.
Une obligation réglementaire de plus, vous dites-vous ? Non, il ne faut surtout pas voir le bilan et le protocole de soins comme une contrainte administrative, affirment les représentants des éleveurs et des vétérinaires. C’est l’occasion ou jamais de créer de nouvelles relations entre les éleveurs et les vétérinaires, et il ne faut pas la manquer. Des relations basées davantage sur la prévention, la médecine de troupeau et le conseil que sur l’intervention d’urgence, même si bien sûr il y aura toujours des césariennes à faire au milieu de la nuit. Un peu à l’image de qui se fait déjà au Québec où 60 % de l’activité vétérinaire est une activité de conseil et de suivi de troupeau.
Ce décret « prescription- délivrance » peut être source de profit pour tous. Les éleveurs ont de l’argent à gagner grâce à une approche sanitaire préventive de troupeau. Et les vétérinaires peuvent espérer une rémunération reconnaissant davantage leur savoir-faire en matière de diagnostic et de conseil (et leur disponibilité) et dépendre moins de la vente de médicaments (aujourd’hui la délivrance des médicaments génère la moitié de la valeur ajoutée des entreprises vétérinaires libérales).
La fièvre catarrhale ovine a fait de l’ombre à cette nouvelle réglementation et sérieusement ralenti sa mise en place. L’Administration, mobilisée elle aussi par la FCO, ne semble pas avoir encore complètement arrêté sa stratégie de contrôles, mais les contrôles débuteront au cours de l’année 2008, de façon progressive et pragmatique dès 2008. Ce qui est sûr, c’est qu’elle entend bien faire appliquer la nouvelle réglementation.

Page 28 : Comment ne pas être en porte-à-faux avec la loi

Page 32 : L’avis des organisations professionnelles

Page 34 : « Le bilan nous a révélé l’ampleur du problème mammites » Dans les Côtes-d’Armor

Page 38 : Huit points de vue sur la réglementation  

Page 42 : Un investissement, plus qu’une charge ! Réunions d’information GDS P43 En pratique, comment fait-on ? Huit questionsréponses 

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