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L'Union européenne est la grande inconnue des marchés du lait

Les cinq exportateurs majeurs que sont l’Union européenne, les USA, la Nouvelle-Zélande, l’Argentine et l’Australie ont approvisionné 80% du marché mondial en 2014. En face, les cinq principaux importateurs (Chine, Russie, Algérie, Mexique et Egypte) ont absorbé le tiers des échanges internationaux.

11% de la collecte européenne a été exportée en 2014.
11% de la collecte européenne a été exportée en 2014.
© A. Conté

La volatilité est devenue imprévisible, et elle va durer. C’est ce constat qui ressort de la journée des marchés mondiaux du lait organisée par l’Institut de l’élevage début juin. « En 2014, une faible variation de la production, +1% au niveau mondial, a eu des effets considérables sur les cours des produits laitiers », avance Gérard You, de l'Institut de l'élevage. Bien sûr il y a de nombreuses raisons de rester positif, à moyen-long terme la croissance de la consommation mondiale est attendue à 2% par an. Mais « Il faut avoir de l’humilité dans les prévisions », a prévenu Frédéric Chausson, directeur du développement coopératif chez Sodiaal.

En 2015, dans l’Union européenne, les signaux de reprise de la production sont là. « Pour la collecte de lait en France et en Allemagne, depuis la mi-avril, on se rapproche des niveaux de 2014. Les cheptels sont prêts, il n’y a pas eu de décapitalisation », explique Gérard You. L’Institut de l’élevage a établi deux scénario pour 2015 : à 1% ou 2% de croissance de la production. « Le plus probable serait celui à 1% de croissance. Les marchés sont restés encombrés et peu stimulants. »

Une grande incertitude sur les stocks privés de produits laitiers

« L’Union européenne est la grande inconnue des marchés, avec un potentiel de reprise fort. Il faut attendre les niveaux de prix 2015 pour le voir s’exprimer ou non », annonce Gérard You. La collecte a battu tous les records en 2014, sous les effets conjugués d’un prix incitatif et de bonnes conditions climatiques : +4,6% par rapport à 2013, à 148 millions de tonnes. Mais cela cache le contraste entre le 1er et le 2e semestre. Fin 2014, les cours des marchés mondiaux se sont effondrés, suivis par le prix du lait dans l’UE. Les fabrications d’ingrédients secs ont permis d’absorber ce surplus de production. Mais les exportations et la consommation intérieure n’ont pas suffi et une partie des fabrications a été stockée. Les stocks de produits laitiers auraient augmenté de 3 millions de tonnes équivalent lait (TEL) en 2014 au niveau de l’UE, soit 2% de la collecte, et seraient de 5 millions de TEL au niveau mondial. La baisse de collecte début 2015 aurait permis de vider en partie ces stocks. « Il reste une grande incertitude sur ce facteur, faute de statistiques nationales », regrette Gérard You.

60% des produits laitiers échangés absorbés par l'Asie en 2014

En Nouvelle Zélande, la production a été record en 2014, + 9% par rapport à 2013 ! Si la collecte a ralenti début 2015 à cause de la sécheresse et de prix plus faibles depuis la mi-2014, Fonterra a continué à être présent sur les marchés grâce à des stocks importants. L'incertitude pèse sur les prévisions 2015-2016 avec le retour probable du phénomère climatique El Nino en 2016. Aux États-Unis, « en 2014, l'envolée des prix du lait et la baisse du coût des aliments du bétail ont stimulé la production laitière. Dans le même temps, la consommation inétrieure est repartie. La recapitalisation en cours du cheptel devrait contribuer à la hausse de production en 2015 malgré un prix du lait moindre qu'en 2014 », explique Armelle Gruère, de l'Institut de l'élevage.

En Asie, les achats vont croissants mais sont très chaotiques. Le degré d’autosuffisance alimentaire de l’Asie est passé sous le seuil de 90% en 2014 et ne cesse de diminuer. Le continent asiatique a absorbé 60% des échanges internationaux de produits laitiers en 2014 selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture). La Chine occupe une place centrale dans l’équilibre des marchés mondiaux. Si ses achats ont été records en 2014, ils ont été très fluctuants, provoquant une chute des cours sur la deuxième moitié de 2014.

Prolongation de l'embargo russe jusqu'à fin février 2016

Mis en place à l’été 2014, l’embargo russe a cassé le dynamisme des marchés, alors que la production était abondante. Le pays s’est ainsi privé de 38% de ses importations de produits laitiers. La consommation a été affectée par la pénurie, mais la Russie s’est organisée en ouvrant son marché aux produits laitiers indiens et en stimulant sa production nationale. Ainsi en 2014, la production russe a augmenté de 2,5%, à 30,8 millions de tonnes de lait. « Avec de meilleures disponibilités en lait et une demande renforcée par l’embargo, les fabrications russes ont progressé, permettant de couvrir en bonne partie les moindres importations », constate Gérard You. Mais cela n’a pas suffi : « les fabricants ont importé du lait liquide de Biélorussie, qui elle-même a importé des produits sous embargo (68 000 tonnes en 2014 contre 1 000 tonne en 2013) ». Face à ce contournement, les autorités russes ont tenté d’interdire le transit des produits par la Biélorussie à partir de fin 2014.

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