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Quel robot d'alimentation correspond à votre élevage ?

L’automatisation de la distribution des fourrages apporte une réponse au manque de main-d’œuvre dans les exploitations ou permet tout simplement de gagner en confort de travail. Les constructeurs ne manquent pas d’idées dans ce domaine pour apporter aux éleveurs la solution la mieux adaptée à leur exploitation.

Comme aucun élevage ne se ressemble, l’installation d’un robot d’alimentation est généralement réalisée à la carte. Le nombre d’animaux à nourrir, la configuration des bâtiments, la distance par rapport aux silos et le nombre d’ingrédients sont autant de critères à prendre en compte dans le choix de la cuisine et de l’automate de distribution. L’offre est aujourd’hui assez large, allant des unités suspendues alimentées en fourrage par de simples stockeurs, à des équipements entièrement autonomes comme la mélangeuse automotrice Kuhn Aura, qui se sert seule au silo. La présence de bâtiments regroupés avec les silos à proximité constitue la configuration idéale pour automatiser l’alimentation. Si l’élevage compte plusieurs sites ou est traversé par une route, la robotisation est généralement réservée aux vaches laitières. Dans le cas d’un projet neuf, des économies sont à réaliser en termes de surface couverte en réduisant la largeur de la table d’affouragement. « Notre wagon distributeur se contente de deux mètres de large pour passer, alors que cinq mètres sont souvent retenus pour circuler avec une remorque mélangeuse ou une automotrice. Un de nos éleveurs a ainsi gagné une rangée de logettes dans son bâtiment », souligne Patrick Ravier, responsable marché équipement de ferme chez GEA.

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Des cuisines plus ou moins complexes

La cuisine est au cœur des systèmes utilisant un wagon de distribution. Son aménagement mobilise un bâtiment spécifique pour abriter les différents ingrédients de la ration. C’est aussi un des critères clés de différenciation entre les marques. Lely, le principal acteur du marché français avec 70 robots Vector commercialisés en 2020, se contente en termes d’infrastructure d’une simple dalle bétonnée permettant d’entreposer les fourrages composant les rations. La firme néerlandaise utilise, pour remplir le bol mélangeur, un grappin en inox fixé sur un pont suspendu, qui repère, grâce à un laser, les tas d’ingrédients disposés au sol par l’agriculteur. Ce principe demande notamment d’utiliser une désileuse cube pour approvisionner l’ensilage d’herbe ou de maïs. Les autres constructeurs, à l’instar de DeLaval, GEA, Jeantil, Kuhn, Lucas G, Rovibec et Trioliet, proposent des systèmes de stockage plus complexes faisant appel à des cellules pourvues d’un fond mouvant, complétés ou non d’une mélangeuse à poste fixe, généralement de type bol, pour intégrer des fibres longues dans la ration. Ces stockeurs sont à remplir de fourrages en vrac ou désilés en cube. Ils présentent différentes configurations de fonctionnement : soit ils déversent directement dans le wagon distributeur, soit ils déchargent sur un tapis convoyeur, qui transborde ensuite le fourrage dans une mélangeuse à poste fixe ou dans l’automate de distribution. La seconde solution est intéressante en termes de capacité de distribution quotidienne, car la cuisine peut anticiper la préparation de la ration suivante pendant que le wagon distribue.

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Le mode d’entraînement influe sur la capacité

L’automate de distribution se décline en différentes configurations. Il est soit suspendu à un rail alimenté par le secteur ou sur batteries, soit sur roues guidées et alimentées en électricité par une sorte de caténaire comme les trains, soit sur roues fonctionnant sur batteries. Le mode d’animation est déterminant dans la capacité de distribution quotidienne. Les modèles utilisant le circuit électrique sur secteur permettent de nourrir quotidiennement un assez grand nombre d’animaux, car les temps morts sont limités au mélange et aux trajets entre la cuisine et les tables d’affouragement. Ceux à batteries affichent une plus faible capacité du fait des indispensables pauses pour la recharge. Chez Trioliet, par exemple, le modèle suspendu et celui à roues alimenté par un rail aérien électrifié, deux variantes fonctionnant en 380 volts, sont annoncés capables de servir 700 UGB par jour, contre 300 à 350 UGB pour la version à roues sur batteries. Le wagon distributeur est aussi plus ou moins perfectionné selon le principe de remplissage. Lorsque la ration est au préalable préparée par une mélangeuse à poste fixe, la distribution est assurée par une caisse dotée d’un fond mouvant, d’un tapis de vidange et le plus souvent d’un système de pesée. Plus courant, le wagon assurant le mélange dispose généralement de vis verticales de mélange et embarque un système de pesée.

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Le confort de la reprise directe au silo

La plupart des automates de distribution demandent à l’éleveur d’intervenir régulièrement pour alimenter la cuisine. Cette tâche revient tous les jours avec des stockeurs en vrac et au minimum tous les deux à trois jours avec le fourrage désilé en cube. Pour s’en dispenser, peu de constructeurs se sont lancés dans des solutions totalement autonomes, avec lesquelles le robot se sert directement au silo. L’Autrichien Wasserbauer se distingue avec son élévateur mobile Lift à fraise de désilage, se positionnant directement devant le front d’attaque. Cet équipement présente l’avantage de charger l’ensilage dans le wagon mélangeur distributeur sans intervention de l’agriculteur. L’inconvénient est que ce principe demande d’investir dans un élévateur pour chaque tas, en plus des stockeurs dédiés aux autres aliments, comme le foin ou le fourrage enrubanné. La mélangeuse automotrice autonome Kuhn Aura, d’une capacité de 3 m3, s’avère plus séduisante, car elle embarque une fraise de désilage et ne demande pas d’investir dans une cuisine. Cette machine à moteur thermique se guide dans l’élevage via GPS RTK, Lidar et odométrie. Elle a en mémoire tous les points d’intérêts, tels que les silos, les cellules d’aliments concentrés et la cuve de GNR, ainsi que les routes virtuelles pour rejoindre les différentes tables d’affouragement.

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L’affouragement en vert robotisé

Le robot d'affouragement en vert lely Exos se déplace jusqu’à 1,5 km du bâtiment.
Le robot d'affouragement en vert lely Exos se déplace jusqu’à 1,5 km du bâtiment. © Lely
L’affouragement en vert est assez gourmand en main-d’œuvre et constitue une astreinte quotidienne. Bientôt les agriculteurs pourront peut-être déléguer cette opération au robot Exos de Lely. Cet automate, encore en phase de test aux Pays-Bas, se rend seul dans les prairies pour récolter l’herbe au stade optimal, puis en assure la distribution. Il emporte de 700 à 1 000 kg de fourrage et se déplace jusqu’à 1,5 km du bâtiment. Cet engin autonome communique avec l’automate d’alimentation Vector, afin d’apporter une ration équilibrée aux animaux. Animé électriquement, il peut fonctionner 24 h/24 et embarque un système de guidage GPS RTK pour circuler à l’extérieur, ainsi que différents capteurs, notamment optiques, pour se repérer dans les stabulations. En plus d’améliorer le confort de travail, cette solution présente l’avantage de respecter davantage les sols qu’un ensemble composé d’un tracteur avec faucheuse frontale et autochargeuse ou d’une remorque faucheuse autochargeuse. Elle impose en revanche des prairies regroupées autour des bâtiments, que certains préféreront dédier au pâturage…

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