Aller au contenu principal

"L'herbe de haute qualité est notre pilier"

PERFORMANCE EN MONTAGNE. Un système autonome économe permet au Gaec du Claret de bien rémunérer ses associés.

Lilian Gaillard est le dernier arrivé sur le Gaec du Claret, à Méaudre en Isère, à 1000 mètres d'altitude. Quand il s'installe en 1999 avec son frère Patrick, suite au départ en retraite de son père, la ferme a déjà connu ses principales évolutions. "On a ajouté quatre logettes supplémentaires (54 logettes en tout) et on a refait une fosse de stockage des effluents enterrée pour assurer six mois de stockage. Maintenant, on ne peut plus agrandir le bâtiment. Mais ce n'est pas un problème ; le dimensionnement de la ferme convient parfaitement pour deux personnes." L'exploitation tourne en rythme de croisière depuis dix ans, avec une très bonne efficacité économique : 45% d'EBE/produit. "Nos objectifs sont de pouvoir bien vivre du lait et d'avoir du temps libre. Ces deux critères se sont améliorés. Depuis 2012, nous prélevons chacun entre 1,5 et 2 Smic. Nous prenons chacun deux à trois semaines de vacances par an et un week-end sur deux."

Si on l'avait interrogé quatre ans auparavant, Lilian Gaillard n'aurait pas invoqué le prix du lait pour expliquer ce résultat. Entre 2003 et 2012, leur coopérative Vercors Lait redressait la fromagerie qu'elle avait racheté à Lactalis. Le prix était celui issu des indicateurs Criel, sans plus-value pour rémunérer les contraintes du cahier des charges de l'AOP Bleu du Vercors : interdiction de l'ensilage, fourrages du Vercors, exigences sur la qualité du lait... "Depuis, les efforts ont payé. En ce moment, notre prix du lait de base est de 340 euros pour 1000 litres."

Depuis trois ans, le lait AOP Bleu du Vercors est mieux valorisé

La maîtrise des coûts de production est la clé. Il n'y a pas d'investissement superflu. Au total, les annuités ne dépassent pas 65 euros/1000 litres ou 11% du produit brut. "Chaque année, un matériel est renouvelé. Du coup, notre coût d'entretien est faible", ajoute Lilian Gaillard.

Le pâturage est maximisé : les vaches sont six mois dehors. Les génisses et vaches taries pâturent encore plus longtemps. "Tant que les animaux pâturent, c'est moins de travail, moins de fourrages stockés consommés et d'aliments achetés, donc c'est plus économique, souligne Lilian Gaillard. Nos parents attendaient que l'herbe soit déjà haute pour sortir les vaches. Nous les sortons le plus tôt possible, dès qu'il n'y a pas de risque d'abîmer les sols (fin avril-début mai)." Les vaches sont en pâturage intégral dès la mi-mai et jusque fin septembre, avec quand même toujours du foin à volonté.

Un bon enrubannage pour économiser des concentrés

La principale préoccupation du Gaec c'est la qualité du foin pour faire ruminer, et de l'enrubannage. "Un enrubannage de très bonne qualité permet d'économiser 3 à 4 tonnes de concentré par mois d'hiver. Et pour faire un enrubannage à la fois très précoce et pas trop humide, il faut avoir le matériel à disposition au bon moment." Enfin, les éleveurs sont concentrés sur la qualité du lait (peu de cellules, pas de butyrique, du TP) et la santé des animaux.

@ À SUIVRE SUR lait.reussir.fr

Les plus lus

<em class="placeholder">Gisèle Fouvet et ses fils </em>
« Nous avons quitté Biolait à cause de leur prix du lait, et avons pu trouver une nouvelle laiterie en bio »

Le Gaec des Fayes, en Ardèche, a quitté Biolait dans la précipitation. Les éleveurs ont pu être repris par la laiterie…

Collecte du lait (à la ferme)
Prix du lait : « Ce n’est pas à la France de faire l’effort de réduire sa production de lait »

Face à un prix du lait qui décroche du fait d’une hausse de la production mondiale, au salon de l'Agriculture 2026, la FNPL…

<em class="placeholder">Alexandre Caillon. &quot;J&#039;ai réduit la pénibilité et mieux lissé la charge de travail avec les robots.&quot;</em>
« J’ai modernisé mon bâtiment et réduit ma production laitière pour gérer seul ma ferme », en Loire-Atlantique

Alexandre Caillon a rapidement intégré la traite robotisée pour augmenter sa moyenne à 36 kg par vache et mieux lisser sa…

Chargement d' un camion de pomme de terre. Tubercules de pommes de terre sur bandes transporteuses. Transport des produits agricoles
Alimentation animale : face à une surproduction en pommes de terre, une plateforme pour valoriser les excédents

Une nouvelle plateforme nationale met en relation producteurs de pommes de terre et éleveurs bovins afin de transformer des…

<em class="placeholder">site de transformation laitière en France</em>
Prix du lait : les industriels laitiers français manquent-ils de compétitivité ?

Durant un an et demi, le prix français a été largement distancé par nos voisins d’Europe du Nord. La compétitivité des…

<em class="placeholder">Al Masaf raggiunto accordo sul prezzo del latte</em>
Prix du lait : en Italie, la filière s’accorde sur un prix pour le premier trimestre 2026

Alors que le prix du lait spot a dégringolé en Italie ces derniers mois, le ministre italien a réuni les acteurs de la filière…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière