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Les voies pour augmenter la production dans le Massif central

Introduire du maïs dans le système fourrager, intensifier les surfaces en herbe et réduire l’âge au vêlage des génisses, sont les leviers les plus pertinents pour produire plus de lait.

YANNIK PÉCHUZAL,
chambre
d'agriculture du Cantal. « Le
danger serait
d’empiler les
volumes de lait
sans regarder
comment on les
produira. Nous
voyons des
situations qui
risquent de ne
pas être tenables,
notamment en
main-d’oeuvre. »
YANNIK PÉCHUZAL,
chambre
d'agriculture du Cantal. « Le
danger serait
d’empiler les
volumes de lait
sans regarder
comment on les
produira. Nous
voyons des
situations qui
risquent de ne
pas être tenables,
notamment en
main-d’oeuvre. »
© B. Griffoul

En Auvergne, de nombreuses exploitations ont pu accéder à des volumes importants de quota ces dernières années. Mais, jusqu’où faut-il aller ? Comment produire ce lait supplémentaire à surface souvent constante dans les systèmes à dominante herbagère du Massif central ? Pour répondre à ces questions, les Réseaux d’élevage ont réalisé des simulations sur les cas-types pour explorer les différentes voies d’augmentation de la production laitière.


1 - Le maïs à la conquête du Massif central


Petit à petit, le maïs ensilage s’installe sur les plateaux d’altitude du Massif central, parfois jusqu’à mille mètres, notamment dans la région de Saint-Flour (Cantal) et en Haute-Loire. Les simulations montrent qu’à partir de 9-10 tonnes de matière sèche (MS) de rendement et un taux de MS d’au moins 30 %, le maïs devient doublement intéressant : il permet de gagner un peu de chargement et de produire plus de lait par vache.

Pour cela, « il faut distribuer au minimum 4 à 5 kilos de MS par vache et par jour, indique Yannick Péchuzal, ingénieur références à la chambre d’agriculture du Cantal. Tout en faisant attention à ne pas sortir des AOP pour ceux qui sont engagés. »


Des simulations ont également été faites avec de l’achat de maïs. Il existe un marché entre les plaines de la Limagne et les zones d’élevage proches. « Inscrire durablement l’achat de maïs dans son système pour augmenter la capacité de l’exploitation à nourrir des animaux a peu d’intérêt si cela nécessite d’investir dans du bâtiment. En revanche, ce levier peut s’avérer positif si l’achat de maïs vise à produire plus de lait par vache sans en augmenter le nombre et s’accompagne éventuellement de vente de foin », détaille Yannick Péchuzal.

Mais, à ses yeux, l’achat de maïs est surtout intéressant pour « aller chercher du lait lorsque la conjoncture est favorable. Avec du maïs à 210 euros la tonne de MS livré et un prix du lait entre 340 et 350 euros les mille litres, il ne faut pas se l’interdire ».


2 - Les ressorts de l’intensification fourragère


L’intensification fourragère par l’azote et les récoltes précoces d’herbe est un levier qui offre encore des marges de manoeuvre dans le Massif central, avec des résultats toujours positifs, même lorsqu’il faut investir dans du bâtiment. Jusqu’à un chargement de 1,8 UGB par hectare dans les zones les plus favorables, avec des systèmes maïs, et 1,2 UGB par hectare dans les systèmes herbagers. Dans ce dernier cas, cela suppose de récolter plus de 50 % de la surface en première coupe avec une part importante d’ensilage ou d’enrubannage.


Il est souvent judicieux de coupler l’intensification fourragère avec une amélioration génétique du troupeau. « Il ne s’agit pas de viser de très hauts niveaux, mais passer de 5300 à 6000 litres peut déjà être un objectif raisonnable. Et, dans des situations où les stocks fourragers sont un peu justes, il vaut mieux faire le même volume de lait avec des vaches à 7 000 litres qu’à 5 000 litres », explique Yannick Péchuzal.


3 - Faire vêler les génisses plus tôt


Avancer l’âge au vêlage des primipares est un des plus sûrs moyens de « récupérer du lait dans la région, estime Yannick Péchuzal. Beaucoup de génisses mettent bas à 36 mois. On gagnerait vraiment à les rajeunir et à mettre des vaches en production à la place, avec certaines précautions bien sûr. »


La délégation de l’élevage des génisses a également été testée : si le coût de mise en pension ne dépasse pas 1 300 euros, c’est envisageable. Ainsi que l’achat des génisses de renouvellement : « Avec des prix d’achat de 1 500-1 600 euros, l’opération est blanche ». Ces leviers génisses nécessitent néanmoins d’avoir un parcellaire valorisable par des vaches laitières.


Les techniciens ont exploré d’autres voies d’augmentation de la production laitière à surface constante, qui s’avèrent toujours négatives en termes de revenu. Il en est ainsi de la voie concentré. « Pour être juste à l’équilibre, il faudrait que le prix du concentré ne dépasse pas 80 % du prix du lait. » De même, réduire la surface en céréales, et donc son autonomie en grain, pour cultiver de la luzerne est « toujours perdant ».

LIRE LE REPORTAGE DANS LA REVUE N°270, pages 92 à 95

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