Aller au contenu principal

Les vaches préfèrent-elles le pâturage à l’étable ?

Lorsqu’on leur laisse le choix, les vaches préfèrent largement pâturer si les conditions climatiques s’y prêtent, mais aussi, si elles ont été habituées à sortir.

Plus les vaches ont été habituées à pâturer, plus elles sont motivées par le pâturage.
© dr

Le pâturage est plébiscité pour améliorer le bien-être et la santé des vaches. Qui dit pâturage, dit moins de boiteries, moins de blessures, une meilleure expression des comportements naturels, une meilleure santé du pis… Mais, les vaches, elles, qu’en pensent-elles ? À régime alimentaire équivalent, préfèrent-elles le pâturage à la stabulation si on leur en laisse le choix ? C’est la question que s’est posée une équipe de chercheurs canadiens. Entre avril et juin 2012, ils ont réalisé un test de préférence à 32 vaches Prim’Holstein du centre de recherche en production laitière biologique du campus d’Alfred (Ontario). Fait important : ces vaches avaient bénéficié d’un accès quotidien au pâturage les étés précédents ainsi qu’à une aire d’exercice hivernal.

L’essai a comporté un cycle de six jours de test, scindé en trois phases de deux jours(1) : deux jours à l’étable, deux jours au pâturage et deux jours de libre choix où les vaches pouvaient aller au pâturage ou rester dans l’étable. Le cycle a été répété quatre fois avec une semaine de repos entre chaque période. Pour minimiser l’effet de l’alimentation sur le choix des vaches, elles ont reçu un régime alimentaire similaire à l’intérieur et à l’extérieur. À l’étable, elles ont été affouragées avec de l’herbe fraîche à hauteur de 80 % de la matière sèche consommée et de l’ensilage était amené dans une mangeoire au pâturage.

La préférence des vaches au pâturage n’est pas systématique

« Dans l’essai, la grande majorité des vaches sont allées et sont restées au pâturage », observe Elsa Vasseur, de l’université de McGill. Cela a représenté entre 90 à 98 % de l’effectif en semaine 1, 2 et 4. En semaine 3, seulement 40 % des vaches ont choisi le pâturage, « probablement en raison des températures plus froides associées à des conditions pluvieuses et venteuses ».

Mais ce résultat n’est pas systématique dans les différentes études menées antérieurement. « Certaines indiquent en effet une nette préférence pour le pâturage, d’autres pour le pâturage nocturne, et d’autres encore, ne mettent pas en avant de préférence », poursuit Elsa Vasseur. Différents facteurs interviennent pour expliquer la motivation des vaches à pâturer. Celui qui semble important est le niveau de familiarité qu’elles ont avec le pâturage et l’accès extérieur. Les études révélant le niveau de préférence le plus élevé sont celles où les vaches ont le plus l’habitude de pâturer.

« Cela ne veut pas dire pour autant que si la vache n’est pas familière avec l’accès au pâturage, elle n’aura aucune motivation pour y aller, nuance la chercheuse. Même dans les études où les vaches étaient peu habituées au pâturage, elles ont passé de 34 à 54 % de leur temps au pâturage lorsqu’on leur en donnait l’occasion. »

(1) Cycle appliqué 7 h/j entre la traite du matin et du soir.

Les plus lus

<em class="placeholder">Camille Lefeuvre</em>
Recruter un salarié agricole : « Je ne veux pas d’un exécutant, je veux un collègue de travail », en Ille-et-Vilaine

Au Gaec du Guesneau en Ille-et-Vilaine, Camille Lefeuvre a choisi de faire appel à des salariées pour l’aider dans le travail…

<em class="placeholder">Jean-Yves Guémin, éleveur laitier</em>
« J’ai fait tout mon travail d’astreinte en deux heures et demie », sur mon élevage laitier bio en Ille-et-Vilaine

En Ille-et-Vilaine, Jean-Yves Guémin a grandement simplifié son système d’exploitation pour alléger sa charge de travail. En…

<em class="placeholder">Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, sur son escalier fait maison</em>
Astuce d'éleveur : Une passerelle surélevée pour incorporer de l’eau dans la mélangeuse

Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, a bricolé un escalier et sa plateforme avec une arrivée d’eau pour pouvoir apporter, en…

<em class="placeholder">Alexandre Caillon. &quot;J&#039;ai réduit la pénibilité et mieux lissé la charge de travail avec les robots.&quot;</em>
« J’ai modernisé mon bâtiment et réduit ma production laitière pour gérer seul ma ferme », en Loire-Atlantique

Alexandre Caillon a rapidement intégré la traite robotisée pour augmenter sa moyenne à 36 kg par vache et mieux lisser sa…

<em class="placeholder">Bastien Charré à droite avec les deux salariés du Gaec, Baptiste (nom ?) et Charline Bonnevin</em>
« Avec mes salariés agricoles, nous cultivons une relation gagnant-gagnant », en Charente-Maritime

Le Gaec Le Grand Pré en Charente Maritime a basculé d’une ferme familiale à un fonctionnement patron-salariés : Bastien…

<em class="placeholder">Pierre Curfs et son fils</em>
« Allergique aux poils de vache, le robot de traite m’a permis de continuer le lait », dans la Marne

Pierre Curfs est éleveur de vaches laitières à Vienne-la-Ville, dans la Marne. Des problèmes de santé l’ont conduit à…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière