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Les Pays-Bas réussiront-ils à réduire leur cheptel ?

Pour réduire leurs émissions de phosphates, les Néerlandais visent une réduction de cheptel d’environ 160 000 UGB. Les derniers chiffres de mai-juin montraient une hausse par rapport à 2015.

Les éleveurs néerlandais veulent continuer à produire malgré le risque de perte de leur dérogation à la directive nitrates.
© Projet vaches et opportunités

L’objectif de réduction des émissions de phosphate de 8,2 millions de kilogrammes sera atteint à condition que les producteurs laitiers maintiennent leur effort jusqu’au 1er janvier 2018, indiquait le ministère de l’Agriculture néerlandais en novembre dernier. Cet objectif correspond à une réduction de cheptel d’environ 160 000 UGB par rapport à juillet 2015." Or, au vu des derniers chiffres publiés par Eurostat sur le cheptel (mai-juin) et les abattages (août), les Néerlandais n’ont pas encore atteint l’objectif. "Après des abattages très importants au printemps,, les chiffres de juillet et août montrent des abattages au même niveau qu’en 2016. Le cheptel était de 1,69 million de vaches laitières et de 103 000 génisses de plus de deux ans en juin 2017, soit encore au-dessus du cheptel de juin 2015 (1,62 million VL et 102 450 G). Pour tenir leur objectif, il faudrait une reprise des abattages d’ici le 31 décembre, commente Caroline Monniot, de l’Institut de l’élevage. Les Néerlandais pratiquent aussi l’exportation de génisses dans les pays voisins. Mais cela pèse peu sur l’ensemble du cheptel." Le ministère de l’Agriculture reste confiant. Il indiquait fin novembre que la réduction de cheptel avait repris depuis la fin de l’été.

Rappelons qu’au 1er janvier 2018, les Pays-Bas ne devront pas dépasser le plafond européen de 172,9 millions de kg de phosphate, s’ils veulent conserver leur dérogation à la directive nitrates. L’enjeu est de taille. S’ils perdent cette dérogation, la réduction de cheptel imposée sera bien plus élevée, avec des conséquences pour toute la filière laitière.

Le pari risqué de certains éleveurs

Le plan de réduction des rejets de phosphate reposait sur une aide à la cessation laitière qui a concerné environ 500 exploitations. Il exigeait aussi que les éleveurs réduisent leur cheptel de 4 % par rapport à celui en place au 2 juillet 2015. Ils avaient jusqu’au 1er avril 2017 pour réformer, sans aide publique. Les éleveurs ont pu plus ou moins compenser le manque à gagner en produisant davantage de lait par vache, dans un contexte de prix du lait incitatif (417 €/t de prix garanti FrieslandCampina en octobre et novembre).

Cette bonne conjoncture a un effet pervers. "Ceux qui ont arrêté le lait ont vendu leur bonne génétique aux autres qui ont réformé les vaches les plus problématiques. La productivité par vache a donc augmenté permettant de limiter la baisse des livraisons laitières, commente Gérard You, de l’Institut de l’élevage. Avec cette recette, certains éleveurs envisagent d’acheter des quotas phosphore qui seront mis en œuvre à partir de janvier 2018, auprès d’éleveurs laitiers et porcins fermant leur atelier. Cela leur permettrait de croître à nouveau. FrieslandCampina a alerté ses adhérents sur le risque de ce pari, avec des droits à phosphate très coûteux et un risque de perte de la dérogation à la directive nitrates si l’effort de réduction est insuffisant. La coopérative invite ses adhérents à modérer leurs livraisons, sans les contraindre."

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