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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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Réforme de la PAC
Les études de l´Inra montrent que le lait est dans l´oeil du cyclone

La réforme devrait avoir peu d´impact sur le revenu des exploitations de grandes cultures et de viande bovine. Il n´en va pas de même pour les exploitations laitières. Clé de l´avenir : le niveau de baisse du prix du lait.


Le secteur laitier est de loin celui qui est le plus touché par la réforme de la PAC de juin dernier. Les études menées par l´Inra pour mesurer son impact sur les trois principales productions concernées: les grandes cultures, la viande et le lait, le montrent très clairement. On le savait, mais ces études permettent de le chiffrer. Le secteur laitier, épargné jusqu´à présent, va subir en une fois les réformes que les autres secteurs ont subies par étapes: la baisse du soutien des prix avec la mise en place d´aides directes, et en même temps le découplage. De plus, le lait est le seul secteur où les aides seront soumises d´office à un découplage total de la production: aucune possibilité de découplage partiel des aides laitières n´a en effet été négociée à Luxembourg, la priorité ayant été donnée au maintien des quotas jusqu´en 2013.

Opérer des redistributions des aides ?
Cette baisse de prix, associée au découplage, risque d´accélérer fortement la restructuration dans le secteur. « La réforme met le lait dans l´oeil du cyclone », a souligné d´emblée Vincent Chatellier de l´Inra de Nantes . Tout en insistant sur le fait que « ce n´est pas la taille de l´exploitation qui permettra une meilleure résistance à la baisse du prix du lait mais son efficacité économique ».
Les exploitations les plus fragiles économiquement seront en fait les exploitations de grande taille spécialisées et peu performantes. Avec une hypothèse pessimiste de baisse du prix du lait de 20 % et à taille d´exploitation constante, le résultat courant baisserait de 39 % pour les moins performantes, contre « seulement » 18 % pour les plus performantes.
©S. Grente


Peu d´inquiétudes pour les céréaliers et la viande bovine
Concernant le découplage, les simulations de l´Inra de Nantes montrent que les producteurs laitiers auraient intérêt à ce que la France opte pour un découplage total des aides SCOP et bovines, alors qu´elle semble plutôt se tourner vers un découplage partiel. Quant au paiement unique à l´hectare, il varie du simple au triple pour les exploitations laitières (120 à 360 euros/ha) en se basant sur les références historiques individuelles. La régionalisation de ce paiement unique à l´hectare (même montant à l´hectare pour toutes les exploitations d´une région) entrainerait une très forte redistribution des aides entre exploitations au détriment des systèmes laitiers intensifs. Et serait globalement défavorable au secteur laitier. « Mais des systèmes de régionalisation partielle (prenant en compte la référence individuelle et une référence régionale ou nationale) pourraient être envisagés, a conclu le chercheur. Comment opérer des redistributions des aides - si c´est un objectif - c´est aujourd´hui le gros débat ».

Côté céréaliers, l´impact de la réforme devrait être très faible. Finalement, les mesures les plus dommageables au secteur, qui avaient été proposées par la Commission, ont été supprimées dans les accords de Luxembourg: le prix d´intervention des céréales est maintenu, et la baisse des primes par modulation est limitée à 5 % maximum.
D´après les simulations de Jean-Claude Sourie sur des exploitations céréalières des régions intermédiaires(1) (les plus sensibles à la réforme de la PAC), le revenu agricole devrait se maintenir à l´horizon 2012 grâce à l´agrandissement(2). La réforme ne devrait pas accélérer la disparition des exploitations. Au contraire, les résultats des simulations suggèrent plutôt un ralentissement de cette évolution.
©B. Compagnon


En viande bovine aussi, l´impact de la réforme devrait être limité. Des simulations ont été réalisées avec un modèle d´optimisation des résultats économiques sur 6 types d´exploitations (plus ou moins intensives, naisseurs et naisseurs/engraisseurs). « Nous avons constaté peu d´écart de résultats économiques entre les différentes options de découplage (le découplage total et les 3 scénarios de découplage partiel proposés), a affirmé Michel Lherm. Le revenu est même, après application de la réforme, un peu supérieur au revenu de référence (2003).

Les chercheurs ont noté une tendance à la diminution des cultures quand c´était possible, et peu de modification du niveau d´intensification. Globalement, ils constatent peu d´intérêt à la diminution du troupeau : le nombre de vaches allaitantes a plutôt intérêt à augmenter. L´engraissement des mâles est plus difficile, mais reste toujours possible, y compris avec l´option de découplage pressentie par la France qui leur est la plus défavorable (recouplage à 40 % de la prime à l´abattage et à 100 % de la PMTVA). Enfin, le montant du paiement unique à l´hectare est très variable entre exploitations de viande bovine, même à l´intérieur d´un système donné.


(1) avec des revenus moyens (146 euros/ha), des assolements peu diversifiés où dominent les céréales et oléagineux.
(2) En passant de 153 à 174 ha de moyenne.
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