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Les éleveurs de génisses font preuve de professionnalisme

Délégation des génisses. Les 28 éleveurs enquêtés ne manquent pas de rigueur sur les conditions d’élevage et les objectifs à atteindre. Même s’il reste des points à améliorer.

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Qui sont ces éleveurs de génisses prestataires dont on parle beaucoup en ce moment ? Sont-ils nombreux ? Comment conduisent-ils leur élevage ? Quelles sont les modalités de contractualisation avec les naisseurs ? Sont-ils satisfaits de leur revenu ? « Face à la recrudescence de questions sur la délégation de l’élevage des génisses, la chambre d’agriculture de Bretagne a décidé de mener une enquête », explique Guylaine Trou qui a dirigé l’étude. Le recrutement a eu lieu sur la base  des données de l'EDE. Une centaine d’élevages potentiels ont été identifiés parce qu'ils possédaient, soit uniquement des génisses laitières, soit un ratio nombre de génisses laitières/nombre de vaches laitières plus important que dans un élevage classique.
 

Une centaine d’éleveurs en Bretagne
 

Parmi les 28 élevages tirés au sort, les profils se sont révélés très variés. Les exploitations comptent de 1 à 5 UTH pour 20 à 280 hectares de SAU. Certaines sont spécialisées, avec des génisses et un peu de céréales. D’autres au contraire misent sur la diversification avec des génisses, des vaches laitières, une production céréalière et parfois un autre atelier. La moitié des ateliers d’élevage de génisses ont été mis en place entre 2010 et 2015. L’autre moitié des ateliers existe depuis plus longtemps. Le plus ancien date des années 80. Si la majorité des élevages ont un fonctionnement contractualisé, quelques éleveurs vendent une partie des animaux sur le marché de la génisse. Les accords sont effectués de gré à gré, avec un ou plusieurs naisseurs, de manière orale ou écrite ou via des groupements ou associations qui gèrent l’allotement et les relations entre éleveurs. Les génisses peuvent être achetées et revendues, ou mises en pension.
 

Un goût prononcé pour l’élevage
 

Bon nombre des éleveurs spécialisés ont arrêté le lait pour élever des génisses, souvent récemment, pour se libérer de l’astreinte. Ce sont des gens qui aiment l’élevage. Il existe des cas de séparation de Gaec qui avaient deux sites distincts pour les vaches et les génisses. Chez les éleveurs qui possèdent aussi des vaches laitières, les génisses sont parfois venues remplacer un atelier viande trop soumis aux fluctuations de prix. L’atelier a pu aussi être créé pour se diversifier et mieux vivre les crises tandis que d’autres ont conservé un atelier de génisses qui existait depuis longtemps.
En pratique, les veaux arrivent sur l’élevage le plus souvent à 3 semaines, certains jusqu’à 4 mois. En moyenne, les génisses repartent 1 à 2 mois avant le vêlage et restent ainsi 22 mois sur l’élevage.
 

Moins de réticences à complémenter
 

Les éleveurs spécialisés misent plutôt sur l’herbe. Ceux qui produisent du lait distribuent davantage d’ensilage de maïs. Les génisses pâturent en général l’été mais pas toujours. En hiver, les rations sont très diverses. « Nous avons constaté moins de réticences à complémenter, notamment aux périodes clés, que dans les élevages classiques, note Guylaine Trou. L’objectif est d’obtenir de bonnes croissances pour un vêlage à 24 mois. » Les éleveurs ont également conscience des risques sanitaires et mettent en place des précautions en termes de dépistage et de démarrage du veau. Environ 80 % des enquêtés réalisent un contrôle à l’introduction. « Nous avons ressenti un grand professionnalisme chez les éleveurs de génisses. La vigilance est grande. La reproduction et les croissances doivent être maîtrisées. » Au moins 60 % des éleveurs font des contrôles de croissance systématiques, eux-mêmes ou par le biais d’un organisme. Parmi ceux qui ne le font pas, certains ont déjà leurs repères car ils ont pratiqué la pesée par le passé.
L’enquête a révélé que la moitié des éleveurs étaient plutôt satisfaits de leur revenu, 30 % ont déclaré ne pas avoir assez de recul et 22 % ne sont pas satisfaits. Parmi eux, certains ont eu des soucis de trésorerie au début de leur activité car des acomptes en cours d'élevage ne sont pas prévus dans certains contrats.
« Nous aimerions, dans une prochaine enquête, obtenir des résultats techniques et des données économiques. Nous n’avons pas pu atteindre ce degré d’approfondissement, regrette Guylaine Trou. Trop d’élevages ne sont pas encore en vitesse de croisière, ou certains n’ont pas de comptabilité séparée pour les génisses. »
Sandra Roupnel                     

Attention aux comparaisons de prix !

La comparaison des prix des prestations révèlent en apparence une grande diversité. Mais attention, il convient de préciser quel est le contenu des prestations prises en compte dans ce prix. Qui assure le transport aller et retour des animaux ? Quelle est la distance à parcourir ? Qui prend en charge l’IA et les constats de gestation ? L’utilisation de doses sexées implique parfois une majoration du prix en raison de retours à l’IA plus nombreux. Qui paye le contrôle de croissance, les frais de dépistage sanitaire ou les traitements ? Qui prend en charge la perte éventuelle de l'animal ? Y a-t-il une cotisation d’adhésion à un groupement ? Le prix varie évidemment en fonction du temps de présence de l’animal et parfois de la prise en compte de certaines exigences, sur l’objectif de poids par exemple. Notons enfin que certains contrats permettent de réviser le prix en fonction du contexte économique laitier.

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