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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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Les élevages européens du réseau EDF comparent leur rentabilité

L’association European Dairy Farmers a présenté les résultats 2013-2014 de 277 fermes membres, issues de 19 pays. Le prix d’équilibre moyen atteint 400 euros pour 1000 litres de lait.

Tous les pays comptent des élevages rentables et d’autres qui ne le sont pas.
Tous les pays comptent des élevages rentables et d’autres qui ne le sont pas.
© Benoît Bourgeois/CE

La démarche EDF est ambitieuse. Elle traite les résultats économiques des élevages laitiers comme ceux d’une entreprise qui rend compte à ses actionnaires, qui rémunère son capital et son travail, et qui anticipe l’avenir avec ses inévitables gros investissements à prévoir. Voici un bilan rapide de la comparaison des résultats économiques des exercices démarrés entre le 1er avril 2013 et le 31 mars 2014. La moitié des exploitations présentent moins de 159 vaches, avec des effectifs variant de 17 à 4 300 vaches par ferme.

La rentabilité a progressé en 2013-2014

" Globalement, la bonne conjoncture laitière a contribué à améliorer la rentabilité des fermes du réseau par rapport aux années précédentes », a présenté Steffi Wille-Sonk, économiste pour EDF lors du congrès annuel de l’association en juin dernier. Mais on se rend compte que, même quand le prix du lait augmente, il n’est pas évident pour autant que les élevages laitiers parviennent à dégager du profit si on exclut les aides découplées du calcul. « Seulement 44 % des exploitations s’avèrent rentables sans les paiements découplés. Elles sont 61 % une fois les aides découplées prises en compte. » Autre constat : tous les pays comptent des élevages rentables et d’autres qui ne le sont pas. En proportion, c’est l’Allemagne, le Royaume-Uni, et l’Italie qui affichent le plus grand nombre d’exploitations rentables hors aides découplées.

Le produit ne couvre pas les charges réelles et calculées

En moyenne, l’entrepreneur’s profit I (EP I) se révèle négatif à -1,7 c€/kg ECM(1). Ce critère correspond à la différence entre les produits (produits lait, viande et aides couplées) et toutes les charges y compris les amortissements et la rémunération du travail, du capital et des terres en propriété. En incluant les aides découplées (EP II), il devient positif à +1,3 c€/kg. Le produit moyen (46,1 c€/kg), ne suffit pas à couvrir le coût de production moyen de 47,8 c€/kg. « Les produits dégagés sont supérieurs aux charges directes de l’atelier laitier, à ce que coûtent les salariés, le travail délégué... Mais si on raisonne comme un entrepreneur, les produits ne parviennent pas forcément à couvrir tous les coûts calculés : c’est-à-dire la rémunération des associés (16,83 €/h en France), la rémunération des terres (3 %) et celle du capital. »

Le prix d’équilibre à long terme continue d’augmenter

Mais plus faiblement. Il progresse de 0,5 c€/kg après avoir augmenté de 1 c€/kg par an et plus les année précédentes. Appelé Break even point II (BEP II), ce prix d'équilibre correspond au prix auquel il aurait fallu vendre le lait pour couvrir toutes les charges réelles et calculées (hors charges liées au quota). De 2010 à 2014, ce prix d’équilibre moyen est passé de 35,3 à 40,3 c€/kg, en raison de la hausse des charges, notamment le coût des aliments achetés, des bâtiments et du foncier. « Cer dernières années, les fermes qui parviennent à limiter l’augmentation de leur prix d’équilibre ont tendance à moins investir de capital que la moyenne, mais en parallèle leur nombre de vache progresse davantage, tout comme le rendement laitier de leur troupeau. »

Quant aux fermes françaises…

Sur les trente exploitations françaises participant à l’analyse, seul un petit quart se montre rentable sans aides découplées (EP I positif). « Les Français affichent des niveaux de charges opérationnelles (aliments, frais véto...) semblables à la moyenne EDF mais ils sont pénalisés par une productivité du travail moins élevée que celle de nos voisins européens, qui implique une charge de rémunération des associés plus importante, souligne Mathilde Fall du BTPL et animatrice du réseau EDF France. Les fermes françaises sont aussi souvent plus diversifiées, ce qui ne facilite pas la répartition des charges, notamment celles liées aux amortissements. Cela peut constituer un biais dans l'approche comparative. »

 


(1) Lait standard à 3,4 % de MP et 4 % de MG.

 

Voir aussi article L'association EDF rassemble les éleveurs qui vont de l'avant.

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