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Les couverts, ça se mange aussi

Au-delà de la réglementation, les couverts sont une opportunité pour améliorer l’autonomie fourragère et protéique de son élevage. Avec en prime des effets bénéfiques sur le sol et la qualité de l’eau.

Une culture à part entière
Une culture à part entière
© Sem Partners

Couvert végétal rime le plus souvent avec respect de la réglementation liée à la Directive nitrates et donc les cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan). Une réglementation dont l’objectif est de limiter le lessivage de l’azote.

Un programme d’actions national (PAN) est en vigueur depuis novembre 2013. Il s’impose directement dans toutes les zones vulnérables. Il fournit un socle minimum qui peut être renforcé au travers des programmes d’actions régionaux. Pour les mesures relatives à l’équilibre de la fertilisation et à la couverture des sols, le PAN fixe les grands principes. Ils doivent ensuite être traduits de manière opérationnelle et adaptée dans chaque région.

« Le plan national instaure notamment l’obligation de couvrir tous les sols situés en zone vulnérable tout en prévoyant de rares dérogations au niveau régional. Il n’interdit pas d’implanter les légumineuses en mélange », indique Elisabeth Congy, de la chambre d’agriculture de Bretagne. « L’implantation d’une Cipan après une date limite à partir de laquelle le couvert ne remplit pas son rôle n’est pas obligatoire. C’est au préfet de région que revient la fixation de cette date. »

Le PAN autorise la fertilisation des cultures dérobées et Cipan, avant et sur le couvert, dans la limite de 70 kg efficace par hectare. De leur côté, les programmes d’actions régionaux précisent les dates limites d’implantation et de destruction des couverts, les cas où la couverture des sols en intercultures longues n’est pas obligatoire…

Début avril, seule la Bretagne avait signé son programme d’actions régional. Les autres régions ont théoriquement jusqu’en juin pour signer le leur. Pour être dans les clous visà- vis de la réglementation, mieux vaut vous renseigner par exemple auprès de votre chambre d’agriculture.

Mais les cultures intermédiaires ne se résument pas qu’aux Cipan. Quitte à répondre aux exigences de la réglementation, pourquoi ne pas tenter de valoriser le couvert par les animaux ?

Les cultures dérobées sont un moyen de produire du fourrage de qualité à condition de choisir les bonnes espèces, de les implanter dans les règles de l’art et… que le climat soit de la partie. Les semenciers l’ont bien compris et proposent de plus en plus de mélanges à base de graminées et légumineuses.

D’autres atouts que la production de fourrages méritent amplement d’être rappelés. À commencer par l’amélioration de la fertilité du sol via un effet restructurant des racines, le coup de pouce à l’activité microbienne… mais aussi la limitation de l’érosion et la réduction du salissement. Si les rendements sont au rendez-vous, les cultures dérobées peuvent également permettre de libérer des surfaces pour les cultures de vente.

SOMMAIRE du dossier

Page 32 : Récolte - Miser sur la valeur alimentaire plutôt que le rendement

Page 36 : Espèces et variétés - Bien choisir sa culture dérobée à vocation fourragère

Page 40 : Marchés - Les semenciers proposent de plus en plus de mélanges

Page 44 : Jean-Luc Baron, dans le Finistère : "Le trèfle blanc assure plusieurs intercultures"

Page 46 : Thierry Morineau, dans les Deux-Sèvres : "Avec les couverts, on ne gagne pas à tous les coups"

Page 48 : Gaec de l'Yris, en Isère : "Du moha trèfle d'Alexandrie au menu de nos génisses"

Page 50 : EARL de Trochoadour, dans le Finistère : "Un investissement aussi pour le sol"

Page 52 : Gaec de Fréfossé, en Seine-Maritime : "Nous avons remplacé le RGI pur par un mélange avec du seigle"

Page 53 : Arvalis : "Nous avons semé du RGI trèfle dans un maïs"

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