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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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Les clés pour choisir un outil d'aide à la détection des vêlages

Mouvement de la queue, température vaginale, contraction abdominale... à chaque équipement ses indices d'alerte, ses avantages et ses limites.

Demain, il faudrait des outils capables d'alerter les éleveurs uniquement lorsqu'il faut vraiment intervenir. Des études sont en cours », souligne Marie Saint-Dizier, vétérinaire et professeur en productions animales à l'université de Tours. En attendant l'arrivée de cette nouvelle génération d'outils, plusieurs solutions de monitoring sont proposées sur le marché. Comment choisir ? Le prix n'est pas véritablement un critère de différenciation. La fiabilité non plus. Et pour cause ! « À l'exception du Vel'Phone, il n'existe pas d'études scientifiques indépendantes pour évaluer les outils d'aide à la détection des vêlages », précise la scientifique. Les liens professionnels avec les fournisseurs d'outils de monitoring comme les coopératives d'insémination, les entreprises de conseil en élevage... pèsent indubitablement sur les choix. Mais, le mode d'emploi et les caractéristiques de chaque outil sont à prendre en compte pour plusieurs raisons. Le caractère invasif des solutions comme le thermomètre vaginal mais surtout les aimants implantés dans la vulve des animaux peut par exemple amener à préférer des solutions dites non invasives (pose d'un capteur sur la queue ou ceinture abdominale). Mais ces dernières ont également leurs limites.

De l'anticipation avec les thermomètres

L'emploi de thermomètres intravaginaux nécessite de prendre des précautions en termes d'hygiène. Le Vel'Phone développé par Medria, est désormais le seul thermomètre intravaginal proposé sur le marché. Gènes Diffusion a en effet arrêté de commercialiser la VelBox au profit du Moocall, un capteur posé sur la queue. Ce choix augure-t-il une tendance plutôt orientée vers des équipements non invasifs ? Difficile à dire d'autant que contrairement aux autres systèmes, « les thermomètres permettent d'anticiper en délivrant des alertes dès 48 heures avant le vêlage », souligne Marie Saint-Dizier. Ces alertes sont complétées au moment de l'expulsion de la poche des eaux. Un avantage que n'ont pas les capteurs posés sur la queue, la ceinture abdominale ou les aimants. Ces équipements n'envoient des alertes qu'au début du travail.

Le thermomètre intravaginal est certes un système invasif, mais il n'y a aucune commune mesure avec les aimants implantés dans la vulve. « Avec l'agrandissement des troupeaux et les préoccupations autour du bien-être animal, la pose d'aimants nécessitant une intervention chirurgicale, risque de connaître peu de succès dans les élevages », confirme Marie Saint-Dizier. Au prix du matériel, il faut en plus ajouter le coût de l'acte chirurgical. Les outils moins spécifiques tels que les podomètres et les équipements de mesure de la rumination (Heatime Ruminact, HeatBox +, Qwes HR...), tout comme les caméras ne sont pas traités dans cet article. Certains éleveurs utilisent des caméras seules ou en complément de leur outil de monitoring pour gérer les alertes de nuit. Notez enfin que, contrairement aux outils d'aide à la détection des chaleurs, « il n'existe pas d'enquête sur les motivations et le degré de satisfaction des éleveurs qui ont investi, ni d'étude sur le retour sur investissement ».

BLOC 1 Le Smartvel

Cet outil de monitoring est proposé par Evolution depuis 2012. Près de 4 000 élevages ont choisi cette solution. Le Smarvel se pose sur la queue de l'animal entre 2 et 15 jours avant la date présumée du vêlage. « Si l’on respecte le protocole de fixation du capteur (ne pas trop serrer l'adhésif…), il n’est pas nécessaire de le retirer pour soulager la queue de l’animal », précise Alain Chevallier, responsable produit monitoring d’Evolution. En cas de perte, un boîtier de détection permet de le localiser.

Concrètement, le capteur contient un accéléromètre. Il est opérationnel dès qu’il est posé sur la queue. Les données sur l’agitation de l’animal, les mouvements de la queue, les contractions et la détection de coliques sont transmises par onde radio à un collecteur. « La portée est dans un rayon de 800 mètres aussi bien en bâtiment qu'à l'extérieur en l'absence d'obstacles majeurs (bardage métallique ou colline). » Le collecteur fonctionne sur secteur dans un bâtiment et avec une batterie d'une autonomie de deux à trois mois à l'extérieur.

En cas de vêlage imminent, deux types d’alertes sont proposées : alerte par SMS (deux destinataires possibles) et /ou alerte vocale permettant de faire sonner un téléphone fixe ou portable selon la qualité du réseau GSM. En l'absence de problèmes particuliers, le veau naît dans le quart ou la demie heure qui suit l’alerte. « Il est trop tôt pour intervenir. En revanche, si le vêlage n’a pas eu lieu dans les deux heures qui suivent la première alerte, le SmartVel envoie une seconde alerte. Cette fois, il est utile d’intervenir », prévient Alain Chevallier. Attention, ce système ne permet pas de différer l'alerte la nuit.

« Les élevages équipés prennent en moyenne cinq capteurs. Pour des vêlages étalés, nous proposons pour 3 347 €HT un kit comprenant le collecteur d’informations et quatre capteurs . Ce tarif comprend un abonnement de trois ans pour recevoir les SMS et les alertes vocales.» Le renouvellement de l’abonnement pour trois ans supplémentaires est facturé 198 euros HT. Le prix d'un capteur supplémentaire est de 184 euros HT. Le matériel est garanti trois ans avec une extension de deux ans en option pour un coût de 180 euros HT.

Le SmartVel est indépendant du système de détection des chaleurs, du temps de rumination... (Heatime) également commercialisé par Evolution (lire dossier « Des outils pour booster la reproduction » - Réussir Lait n° 315).

Tél. 02 99 87 90 90 - www.evolution-xy.fr

Les plus

Non invasif

Fiabilité annoncée : 95 % de vêlages détectés, les 5% restants étant des vêlages très rapides.

Possibilité d’installer la base à l’extérieur

Pas de risque de perte après vêlage

Les moins

Impossible de différer les alertes de nuit

Bloc 2 Alert'vel

« Nous commercialisons l’Alert’Vel depuis plus de 20 ans. C’est le premier système de détection des vêlages posé sur la queue proposé aux éleveurs », souligne Geoffroy de Raulin d’ALB Innovation. Environ 2000 équipements ont été commercialisés à ce jour. Côté principe de fonctionnement, le capteur se pose au plus haut sur la queue « L’émetteur est fixé à l’aide d’une pince et un peu d’adhésif. Il y a très peu de risque de le perdre parce qu’il n’y a pas de partie proéminente sur la queue, les capteurs se trouvent sur les côtés. ». Geoffroy de Raulin conseille de positionner les capteurs le plus tard possible sachant que l’adhésif doit être vérifié et/ou changé tous les cinq à sept jours. « L’émetteur communique avec un boîtier récepteur (jusqu’à 2 km de portée). Ce dernier analyse les données et envoie des alertes par téléphone (jusqu’à cinq numéros). Il appelle en boucle jusqu’à ce que quelqu’un décroche son téléphone. » L’éleveur peut ensuite désactiver l’envoi de l’alerte ou au contraire demander une confirmation de son téléphone. La communication passe via une carte Sim dédiée exclusivement au boîtier. « Nous conseillons aux éleveurs de prendre un abonnement low cost d’une heure par mois. »

En cas de problème de réseau (zone blanche), le boîtier peut être raccordé à la ligne de votre téléphone fixe. « Pour des vêlages qui se déroulent rapidement, l’éleveur peut ne pas recevoir d’alerte. L’Alert’Vel est un bon outil pour détecter les vêlages mais surtout les problèmes liés aux vêlages », précise Geoffroy de Raulin. Il faut compter  3 200 euros HT pour un boîtier et trois émetteurs et 150 € HT par émetteur supplémentaire. L'équipement est garanti cinq ans.

Tél. 04 77 97 09 31 - www.albinnovation.com

Les plus

Bon recul sur l’équipement

Non invasif

Portée : jusqu’à 2 km

Fonctionne avec des piles AAA classiques

Les moins

Ne signale pas les vaches qui vêlent seules sans effort

Risque de perte d’émetteur

Bloc 3 Le Moocall

Fabriqué par la société irlandaise Moocall, l'outil a notamment pris le relais de la Vel Box dans l'offre de Gènes Diffusion depuis 2016. « L’appareil fonctionne même en cas de faible couverture réseau », affirme Julie Junge de Gènes Diffusion. L'investissement se résume à 274 euros HT par pince avec un prix d'abonnement dégressif. « L'éleveur paye un abonnement de 122 euros par an pour la première pince, puis nous appliquons une réduction de 10 % à partir du deuxième capteur. » L'abonnement est gratuit la première année.

Côté bémol, notez qu'après trois ou quatre jours, en l'absence de vêlage, il est conseillé de le retirer pendant 3 ou 4 heures pour reposer la queue de l'animal et faciliter la circulation du sang.

L'outil de monitoring fournit deux alertes par SMS et par e-mail. Un premier SMS est envoyé au bout d’une heure d’activité élevée puis un second après deux heures d’activité. Le vêlage est alors imminent. Gènes Diffusion annonce un taux de détection supérieur à 90 %. Avec des vêlages étalés, une pince pour 50 vêlages peut suffire.

L'éleveur reçoit également une alerte si le niveau de charge de la batterie est faible. Cette dernière est rechargeable avec un chargeur micro-USB. Son autonomie est d'environ 30 jours. Une alerte est également envoyée si l'animal perd le capteur.

"Le coût de la garantie (pour un renouvellement d'un an) est de 24,39 € HT. Le tarif est dégressif en fonction du nombre de capteurs (19,51 €/capteur pour 10 capteurs). La garantie inclut tous les problèmes de SAV, panne, pièces endommagées, capteur perdu (remplacement pour un coût de 150 € HT au lieu de 274€ HT)", précise Julie Junge.

Gènes Diffusion, tél. 03 27 99 29 29 (distributeur non exclusif)

Les plus

Non invasif

Portée illimitée

Les moins

Nécessaire de le retirer après 3 ou 4 jours

Bloc 4 Vel'Phone

Mesurer l'évolution de la température intravaginale à l'aide d'un thermomètre vaginal. Tel est le principe de cet outil de monitoring développé par Medria et proposé par  le groupe Seenergi. Le thermomètre est expulsé lors du vêlage en même temps que la poche des eaux. Plus de 4000 éleveurs ont choisi le Vel’Phone. Ce dernier est posé à l’aide d’un applicateur 5 à 6 jours avant la date prévue du vêlage. Le capteur mesure la température intravaginale toutes les minutes. Les éleveurs reçoivent un rapport journalier, la prédiction du vêlage sous 48 heures et sont informés de l’expulsion du thermomètre avec la poche des eaux par SMS.

Le Vel’Phone fournit deux types d’alertes : vêlage probable et vêlage attendu dans les 48 heures. « Avec l’alerte vêlage probable, la fiabilité n’est que de 75 % contre 95 % pour l’alerte vêlage attendu. Lorsque le vêlage n’intervient pas dans les 48 heures, on peut suspecter un problème comme une torsion de matrice », précise Thomas Aubry de Littoral-Normand.

« Les rapports et les alertes sont transmis sur autant de portables que vous le souhaitez. Les envois sont paramétrables pour s’adapter à votre organisation de travail. Vous pouvez par exemple demander à ne recevoir que les alertes et retarder l'envoi d'une alerte notamment la nuit de 2 heures au maximum. Le coût de l’abonnement est de 9 euros/mois.»

Pour 100 vaches avec vêlage étalés, huit capteurs suffisent. Le prix d’un capteur s’élève à 100 euros. Les capteurs sont équipés d’une batterie ayant une durée de vie de 6 à 7 ans. Ils sont garantis 5 ans. Ils sont reliés à une base radio GSM. Deux modèles sont proposés. « La base radio à 3000 euros est plus évolutive vers de nouveaux services que celle à 2 500 euros. Elle est commune aux outils d’aide à la détection des chaleurs (Heatphone), de suivi de l'ingestion et de la rumination (FeedPhone) et des troubles de la santé (San'Phone). Elle est également plus performante en terme de portée (1 km) sur les colliers Heatphone et FeedPhone », explique Thomas Aubry.

Les griffes, qui entourent le thermomètre, sont proposées en quatre modèles pour tenir compte des particularités anatomiques des animaux : génisses, vache laitière, vache allaitante et vache de gros format.

Tél. 02 99 37 19 75 - www.medria.fr

Les Plus

Fiabilité et surveillance en amont

Plusieurs numéros de portable possible

Base radio commune avec le Heatphone, San'Phone et FeedPhone

Les moins :

Système invasif nécessitant un protocole d’hygiène lors de la pose du thermomètre

Bloc 5 Ceinture Agrimonitor

« Ce système mesure les contractions utérines et abdominales qui amènent au vêlage », explique André Thibaut de la société belge Databel Technics qui commercialise cet équipement depuis 1987. « Nous en avons vendu un peu plus de 3000 en France. » Pas sûr pour autant que ce système fasse beaucoup d'émules d'autant qu'il est concurrencé par les autres outils développés ces dernières années. Concrètement, un boîtier électronique contenant des capteurs de pression est fixé sur le dos des animaux à l'aide d'une ceinture. « L'idéal est de le poser 24 à 48 h avant la date présumée du vêlage. » En cas de vêlage proche, l'alerte est transmise par onde radio à un module de réception. « Il est possible de faire un transfert d'appel vers un portable. » Ce dispositif génère deux types d'alarmes : surveillance ou urgence.

L'équipement, base avec deux capteurs, coûte 3 800 euros. La base radio peut gérer jusqu'à 8 capteurs. Ce tarif comprend le transfert d'appel. « Pour un troupeau de 80 vaches, il faut deux ou trois capteurs. Un capteur supplémentaire coûte 1059 euros HT. En cas de pics de vêlages, il est inutile de poser plusieurs capteurs. Mieux vaut surveiller les animaux », précise cependant André Thibaut.

La base radio doit être installée dans un bâtiment. « Il est possible de la déplacer sans perdre d'informations avec une autonomie d'une heure ou deux. »

Databel Technics, tél. 00 32 81 60 11 74

Les plus

Fiable

Averti très tôt en cas de problèmes (retournement de matrice...)

Non invasif

Les moins

Portée maximale de 300 m

La base radio n'est pas prévue pour être installée à l'extérieur (1 à 2 h d'autonomie).

Le saviez vous ?

​L'expulsion du veau intervient dans les deux heures qui suivent celle de la poche des eaux

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