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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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BRETAGNE
Les Agri'novateurs du Finistère se mettent en réseau

Quarante agriculteurs « expérimentateurs » bretons viennent de créer le premier réseau du genre. Un réseau qui ne demande qu'à grossir.

© Chambre d'agriculture du Finistère

Les Bretons ne manquent pas d'idées. Après avoir été les initiateurs du réseau Base dédié à l'agriculture de conservation il y a une dizaine d'années, voici qu'une quarantaine d'agriculteurs finistériens viennent de lancer le réseau des Agri'novateurs. Ce qui les rassemble, c'est qu'ils ont tous expérimenté des pratiques nouvelles, innovantes sur leur ferme. Si ce réseau finistérien est porté par la chambre, les comités de développement du département et la fédération départementale des Cuma via Innov29, l'idée est bien venue des agriculteurs eux-mêmes, ils ne sont pas Agri'novateurs pour rien !
Peu importe les productions, les opinions et les systèmes de production. « C'est la diversité qui fait la richesse », souligne Jean-Hervé Caugant, producteur de lait bio (600 000 l) à l'origine du réseau, vice-président de la chambre d'agriculture du Finistère, en invitant tous ceux qui sont dans une phase d'innovations à rejoindre le groupe. « Regroupons les énergies et valorisons ce qui se fait chez nous ». « Au mieux, un agriculteur ne peut mener qu'une quarantaine d'expériences sur des cultures dans sa vie, un peu plus en élevage », argumente Jean-François Sarreau (220 ha de cultures), créateur en 2000 du groupe TCS du Finistère qui compte 200 adhérents. Plus on est nombreux, plus on avance vite.


Repérer, valider et diffuser les innovations

 

L'objectif du réseau est d'être une cellule « critique constructive » des innovations. « Innover tout seul dans son coin ne fait pas avancer : se grouper permet de valider des hypothèses », souligne Nicolas Hallégouët (co-président de TCS 29 et vice-président de l'Apad). C'est aussi de créer du lien entre la recherche institutionnelle et les agriculteurs expérimentateurs, jugé aujourd'hui insuffisant. « Nous voulons être une interface entre le monde agricole qui propose des solutions -- parfois pertinentes et parfois non --, et des moyens de recherche, explique Erwan Le Roux (270 000 litres de lait bio dans un système d'inspiration néozélandaise). Le réseau doit permettre de centraliser les questions que se posent les agriculteurs dans leurs fermes. Pour la monotraite par exemple, il y a un besoin d'informations plus pointues et plus techniques. » Son objectif aussi est de permettre de repérer, faire le tri, valider, formaliser et diffuser les informations. Mais son ambition va au-delà de l'innovation : il se veut « un groupe d'échanges et de réflexion sur les grands enjeux pour s'adapter à un monde globalisé qui évolue très vite ».


Être l'interface entre le monde agricole et la recherche

 


L'enjeu de l'innovation est « d'améliorer au moins l'un des trois critères : économique, environnemental et social, sans dégrader les deux autres, avec un objectif de durabilité. C'est la seule façon d'avancer », résume Nicolas Hallégouët. Et l'heure est à « l'approche systémique : il faut raisonner la cohérence entre le sol et les trois piliers que sont les plantes, les animaux, et les amendements organiques. La vie biologique du sol doit être la clé de voûte du système. »
Les agriculteurs du réseau Agri'novateurs en sont convaincus : maîtriser les savoir-faire apporte de la sérénité et de la confiance ; et réintégrer l'agriculture dans la société donne du sens et de l'ambition au métier.

Quelques exemples d'innovations du réseau

. Des essais de mélanges de couverts végétaux dans le maïs, mais pas n'importe lesquels, pour diversifier l'alimentation des vaches, et structurer et protéger le sol.
. Un essai de culture de soja sous bâche : le paillage plastique avec
la technique Samco a permis cette année un rendement satisfaisant.
. Un tapis d'alimentation avec remorque distributrice installée sur un système de balance permettant de peser la ration à distribuer (30 000 euros). Le chargement de la remorque n'est fait qu'une fois par jour.
. Une nouvelle technique de compostage avec un additif de litière. Le compost n'est plus soumis aux obligations réglementaires du fumier.
. Les petits branchages (non valorisables en plaquettes) transformés en charbon grâce à une combustion sans oxygène, donc sans émission de CO2.
. L'installation d'un panneau d'information sur l'agriculture de conservation destiné au grand public et situé à un carrefour de grand passage. Un flashcode renvoie le citoyen qui veut en savoir plus sur un site.

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