Aller au contenu principal

L’éleveur devenu comédien

Patrick Cosnet, après avoir été éleveur laitier pendant quinze ans, s’est lancé, avec succès, dans le théâtre. Avec humour, tendresse et poésie, il raconte l’évolution du monde rural et agricole.

1Créée en 1997, la pièce « D’une seule traite », 
déjà jouée des centaines de fois, a été réactualisée en 2013 à la demande de l’Institut de l’élevage 
face aux problèmes persistants de cellules.
1Créée en 1997, la pièce « D’une seule traite »,
déjà jouée des centaines de fois, a été réactualisée en 2013 à la demande de l’Institut de l’élevage
face aux problèmes persistants de cellules.
© Compagnie Patrick Cosnet

Fils d’éleveurs laitiers de la Sarthe, Patrick Cosnet n’aurait jamais pensé devenir comédien. « J’ai découvert l’art au lycée agricole de Laval, à travers l’éducation culturelle, explique-t-il. Cela a été une révélation. J’ai compris que le théâtre, la peinture, la photo permettent d’exprimer beaucoup de choses. Cela m’a donné envie d’écrire, de réfléchir, de raconter comment fonctionnent les gens. » Après le lycée, il s’installe pourtant comme éleveur laitier, d’abord avec sa femme puis en Gaec avec un associé. L’exploitation, située à Pouancé (49), compte cinquante vaches laitières et produit des yaourts et des poulets. « J’ai été éleveur pendant quinze ans. Mais l’envie d’écrire ne m’avait pas quitté. À 34 ans, j’ai écrit une première pièce, « La casquette du dimanche », sur la façon dont on accompagnait les morts à la campagne. J’ai demandé à un voisin metteur en scène de m’aider. J’ai d’abord joué ma pièce à Pouancé, dans un festival, puis au centre dramatique national d’Angers. Le succès a été immédiat. » Pendant quelque temps, Patrick Cosnet continue à exercer son métier d’éleveur, à assurer la traite du matin, à porter ses habits d’éleveur toute la journée. « Mais au bout d’un moment, il a fallu trouver une autre solution. Mon associé m’a encouragé à continuer le théâtre. Nous avons embauché un salarié qui m’a finalement remplacé dans le Gaec. »


« Je prends toujours le parti des éleveurs »

 

Aujourd’hui Patrick Cosnet est comédien à part entière. Il habite toujours à Pouancé, sur la ferme, et y a créé une compagnie de théâtre. « J’ai joué à Paris pendant trois mois. Mais je me suis rendu compte que là-bas ou ici, il y a toujours des gens devant. J’ai donc choisi de revenir à Pouancé et d’y développer le théâtre. » C’est sur la ferme de voisins, l’Herberie, qu’il propose d’abord ses spectacles. Puis il crée le concept Fermes en scène, qui consiste à jouer dans des fermes. « Fermes en scène permet à des gens qui vont peu au théâtre de voir du théâtre professionnel. Et on réunit ainsi sur une ferme des ruraux, des agriculteurs, des urbains et des artistes. » Il crée aussi Quartiers en scène, qui permet de déplacer ses spectacles dans les villes et de toucher un autre public. Ses spectacles parlent pour la plupart du monde rural et de l’agriculture, de leur évolution, mais aussi des mines d’ardoise de sa région, de la fermeture des usines Renault, de la religion. Dans sa pièce « D’une seule traite », réactualisée cette année avec un nouvel associé « Robert », le robot de traite, il raconte avec humour le quotidien des éleveurs et de ceux qui font la qualité du lait. Il amène aussi à réfléchir sur le sens des choses, l’amour du métier, la place de la machine, la qualité de vie, le vivre ensemble. Sa matière, il la trouve dans ses discussions quotidiennes avec son ex-associé, avec ses deux frères éleveurs laitiers et avec l’ensemble des intervenants de l’élevage. « Et je prends toujours le parti des éleveurs », assure-t-il. Ses pièces sont souvent suivies d’un débat, entre éleveurs, ruraux, urbains et entre les éleveurs eux-mêmes. « Le théâtre sert à se disputer dans la bonne humeur, estime-t-il. Les spectateurs se servent souvent des personnages de la pièce pour exprimer leur avis. Et l’élevage intéresse autant les agriculteurs et les ruraux que les urbains qui comprennent ainsi les difficultés du monde agricole. »

Quatorze pièces jouées dans toute la France

La Compagnie Patrick Cosnet rassemble douze artistes, comédiens et musiciens. Elle propose quatorze spectacles, Patrick Cosnet jouant dans onze d’entre elles. Elle a aussi
créé une école de théâtre à Pouancé. La compagnie joue soixante-dix fois par an sur la ferme-auberge de l’Herberie.
Mais ses pièces sont aussi présentées sur d’autres fermes, dans les quartiers et dans d’autres régions. Les plus connues concernant le monde rural sont « La Casquette du dimanche », « La Casquette de travers », « La Casquette du lendemain »,
qui se passe en 2027, et « D’une seule traite ».

Les plus lus

<em class="placeholder">vache couchée dans logette au Gaec de Veline (Meuse)</em>
Quatre leviers pour améliorer la longévité de vos laitères en limitant les réformes subies

Une vache n'est rentable qu'à partir de sa troisième lactation. Pour y parvenir, il est nécessaire de réduire le nombre de…

Mathis Pétron
Mathis Pétron, salarié en élevage laitier dans l'Orne : « J'ai envie de faire des tâches intéressantes, pas juste de nettoyer des logettes »

Mathis Pétron est salarié depuis un an et demi à l'EARL Toutain JM, un élevage laitier de l'Orne. Il apprécie les…

<em class="placeholder">« Pour bâtir notre système, nous avons beaucoup investi. Cela a été un sacrifice mais la moitié des emprunts s’arrêtent dans trois ans », confient Pascale et Pascal ...</em>
« Nous ne produisons pas plus de lait que ce que notre surface en herbe peut donner », dans les Ardennes

À l’EARL des Quatre Pâquis, dans les Ardennes, Pascal et Pascale Colson misent tout sur l’herbe, que ce soit pour l’…

<em class="placeholder">troupeau de vaches laitières à la traite </em>
Une collecte de lait de vache et un prix du lait au sommet en 2025, avant un retournement en 2026

En France, l’année 2025 a été marquée par une collecte et un prix du lait en hausse comparé à 2024. Décembre amorçait un repli…

<em class="placeholder">silo d&#039;ensilage de ray-grass d&#039;italie</em>
Ensilage d'herbe : l’intérêt économique du recours à un conservateur se calcule
Arvalis met en perspective les coûts des conservateurs par rapport aux gains potentiels qu’ils peuvent offrir sur la base des…
<em class="placeholder">Jérémy Moy devant la table d&#039;alimentation de la stabulation</em>
« +104 €/1 000 l de marge brute tout en maîtrisant l’empreinte carbone de l’exploitation laitière », en Loire-Atlantique

Au Gaec Le Pré des chênes en Loire-Atlantique, l’empreinte carbone de l’atelier lait a diminué de 9 % en dix ans.…

Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière