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L’EBE baisse encore malgré les réductions de charges

Les résultats de clôtures de juin 2016 des exploitations laitières des Côtes-d’Armor et la prospective du Cerfrance pour la fin de l’année donnent les tendances lourdes de cette année 2016.

Les clôtures juin 2016 des exploitations laitières spécialisées des Côtes-d’Armor (1) font état d’un EBE moyen qui continue de baisser : 163 €/1 000 l pour les clôtures moyennes de 2015, 143 € pour celles du deuxième trimestre 2016. "Plus on avance dans le temps, plus les résultats se dégradent, du fait de la baisse du prix du lait payé : 305 €/1 000 l pour les clôtures de juin 2016, contre 344 € pour juin 2015", commente Geneviève Audebet, du Cerfrance. Le produit viande est aussi en baisse. La réduction des charges ne permet pas d’éviter la chute de l’EBE. Les charges opérationnelles ont baissé, surtout le coût alimentaire : 88 €/1 000 l contre 95 € en 2015. Ce sont surtout les quantités d’aliments achetés qui ont été réduites. Les charges de structure se contractent à 240 €/1 000 l (263 € en 2014, le plus haut niveau atteint). Plusieurs postes sont concernés : charges sociales notamment, carburant, entretien du matériel et des bâtiments, amendement des sols. Les mesures d’aides ont permis au résultat de ne pas plonger complètement. Pour les clôtures du premier semestre, 10 % des exploitations ont un résultat courant négatif, c’est-à-dire avant rémunération des exploitants ! Le taux d’endettement est passé de 50 à 55 % du capital hors foncier, et la part des dettes court terme (emprunt CT bancaire, ouverture de crédit, dette fournisseur ou coopérative) a grimpé de 29 à 36 % du total des dettes.

La part des dettes court terme atteint 36 % du total des dettes

Pour les clôtures du second semestre, "on s’attend à ce que la dégradation se poursuive. Les volumes livrés et le prix du lait payé seront en baisse. La recette de l’atelier viande continuera de chuter. Surtout, l’atelier céréales va peser lourdement, du fait de la baisse des rendements et des prix pour les récoltes 2016. Les premiers résultats que nous avons montrent une marge brute presque divisée par deux par rapport aux clôtures du premier semestre. On s’attend à ce que près d’un quart des résultats soit négatif."

"La situation est très préoccupante. Elle aurait pu l’être davantage si comme d’autres départements nous avions eu de plus mauvaises conditions climatiques et accusé de plus fortes baisses de rendement céréalier ou fourrager", ajoute Geneviève Audebet.

En 2017, il faudra une franche remontée du prix du lait pour couvrir un prix de revient de 330-340 €/1 000 l, et pour rembourser les crédits court terme. "Il faudra au moins une très bonne année laitière, sinon deux, pour que les exploitations se redressent."

(1) Échantillon d’exploitations laitières spécialisées au 1er semestre, de 470 000 litres en moyenne, pour 1,65 exploitant et 0,15 salarié, 80 ha de SAU dont 22 ha de cultures de vente
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