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SUR 21 HECTARES
LE SALON DE L’HERBE A TROUVÉ SA LÉGITIMITÉ AUPRÈS DES ÉLEVEURS DU GRAND EST

De nombreux visiteurs se sont déplacés au Salon de l’herbe les 4 et 5 juin à Mirecourt, dans les Vosges.

Alternativement organisé dans l’Ouest,
le Centre et l’Est, le Salon de l’herbe a fêté `
cette année ses dix ans dans les Vosges.
Alternativement organisé dans l’Ouest,
le Centre et l’Est, le Salon de l’herbe a fêté `
cette année ses dix ans dans les Vosges.
© S. Roupnel

Pour sa seconde édition dans le Grand Est de la France, le Salon de l’herbe, organisé début juin à Mirecourt, dans le Vosges, a attiré 24 000 visiteurs malgré une météo peu favorable le deuxième jour de cette manifestation. Les chiffres de fréquentation obtenus lors de la première journée, environ 14 500 visiteurs, ont avoisiné les scores régulièrement obtenus lorsque ce salon se tient dans l’Allier. Une enquête réalisée auprès des visiteurs montre surtout que ces derniers s’avèrent satisfaits d’avoir fait le déplacement pour découvrir en conditions réelles tout ce qui se rapporte à la culture de l’herbe et à la valorisation des fourragères.

DES VISITEURS SATISFAITS

La plupart d’entre eux souhaitent d’ailleurs y retourner lorsque ce salon itinérant retournera sur le site de Mirecourt en 2 011. « C’est la preuve que notre événement très ciblé motive les éleveurs du Grand Est. Dès sa seconde édition à Mirecourt, le Salon de l’herbe a prouvé sa légitimité dans cette région », soulignait Frédéric Bondoux, commissaire général de ce salon.

 

La prairie et les herbivores en quête d’un véritable soutien politique

Pourrons-nous maintenir l’herbe, enjeu sociétal majeur, sans production rémunératrice issue de ces surfaces ? Tel est le thème qui a fait débat lors du colloque organisé par le Salon de l’herbe, le 4 juin. « Si, ces dernières années, les surfaces en herbe se sont stabilisées, après une chute de 20 % en Europe sur trente ans, les retournements des prairies pourraient rapidement réapparaître », s’est d’emblée alarmé André Pflimlin, de l’Institut de l’élevage. En cause, le cumul des prix élevés des céréales et des primes.

Selon le chercheur, le bilan de santé de la PAC constitue une opportunité de rééquilibrer les aides. À l’image des politiques de soutien mises en place dans d’autres pays européens comme l’Allemagne, l’Autriche ou l’Irlande. « La prairie produit des biens publics multiples, le plus souvent gratuitement, a fait remarquer André Pfimlin. Elle possède de nombreux atouts environnementaux, en contribuant notamment à la protection des sols, au piégeage du carbone, à la biodiversité ou encore à la qualité des eaux. De plus, les surfaces herbagères structurent et animent nos paysages. Et elles contribuent à la typicité des produits. »

DÉFICIT D’IMAGE

Pourtant, la prairie souffre d’un déficit d’image autant que d’un manque de soutien politique. Sa gestion difficile et son manque de productivité sont souvent pointées du doigt. « En Lorraine, les cultures gagnent du terrain sur l’élevage et les vaches laitières pâturent de moins en moins du fait de l’agrandissement des troupeaux et de l’arrivée du robot de traite », a témoigné Dominique Caillaud, responsable des réseaux bovins lait Est à l'Institut de l'élevage.

Autant de raisons de s’interroger sur la durabilité des systèmes herbagers dans le contexte actuel de renchérissement des concentrés, de forte demande en matières premières, de développement des agrocarburants et d’accusations portées à l’encontre des ruminants. « Si les ruminants produisent effectivement des gaz à effet de serre, la véritable question n’est-elle pas de connaître l’origine du nouveau cycle climatique qui s’engage : doit-on l’attribuer aux activités humaines ou à la vie propre de notre planète ? », a soulevé Gilles Laporte, écrivain et scénariste lorrain, animateur du débat.

CRÉER UNE NOUVELLE AIDE

« En outre, a-t-on réellement conscience que ce sont les herbivores qui maintiennent les surfaces en herbe et, avec elles, les apports de la prairie à la collectivité qui semblent naturels et exister depuis toujours ? », s’est interrogée Caroline Guinot, du Centre d’information des viandes. « Aujourd’hui, l’enjeu est de maintenir le même enthousiasme d’entreprendre dans l’herbe que dans les autres systèmes, a estimé Daniel Grémillet, président de la chambre d’agriculture des Vosges. Or, à l’heure actuelle, les systèmes herbagers sont synonymes de contrôles et de complications supplémentaires. Pourtant, le problème de l’herbe peut être résolu car rien n’empêche la création d’une aide à l’hectare d’herbe dans le cadre du premier pilier de la PAC. » Et le directeur départemental de l’agriculture et de la forêt de confirmer: « C’est une question d’arbitrage politique. » ■

 

De multiples ateliers sur la manipulation

Pas moins de deux hectares étaient cette année consacrés au pôle contention, orchestré par la Caisse centrale de la MSA et la MSA de Lorraine. Cette rencontre autour de la contention bovine visait à proposer des solutions pour améliorer le bien-être de l’éleveur et sa sécurité au pré. « Au-delà du choix du matériel de contention, nous avons voulu démontrer l’importance du placement des outils, explique Pascal Goguet- Chapuis, chef de projet à la Caisse centrale de la MSA. En effet, parmi les raisons principales des quelques 6000 accidents de travail des non-salariés agricoles causés par les bovins, figurent la mauvaise connaissance du comportement des bovins mais aussi le matériel de contention souvent peu adapté ou mal utilisé. »

PENSER AU PLACEMENT DES CONTENTIONS

La MSA a également assuré la promotion des formations pour l’utilisation des chiens de troupeau, proposées en partenariat avec l’Institut de l’élevage. « En limitant l’intervention de l’homme, le recours aux chiens de troupeau améliore significativement la sécurité des manipulations », note Stéphane Fréminet, de la MSA de Lorraine. Les démonstrations de travail des chiens ont connu un franc succès. Deux formateurs, Thierry Lemorzadec et Bruno Bannon, ont pu répondre aux questions des éleveurs, curieux de connaître leurs secrets de dressage. « N’importe qui peut dresser un chien, rassure Thierry Lemorzadec. Mais il est préférable de suivre une formation pour comprendre le fonctionnement des animaux. »

La MSA avait aussi choisi, cette année, de mettre l’accent sur les maladies transmissibles à l’homme. Un espace sur les zoonoses était animé par un médecin du travail. « Les maladies transmises du bovin à l’homme touchent particulièrement le personnel féminin, davantage au contact des animaux, notamment pendant la traite. Certaines affections peuvent aussi être liées à la manipulation des fourrages. » C’est le cas du « poumon du De multiples ateliers sur la manipulation fermier », une affection transmise par les moisissures des fourrages mal conservés. ■

 

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