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Fromages de Savoie
Le reblochon fermier doit garder sa place

Le reblochon, dont la production a doublé dans les années quatre-vingt-dix, est emblématique des difficultés vécues depuis quelques années par les filières fromagères savoyardes.


Victime d´une certaine banalisation, le reblochon perd des consommateurs et ses ventes s´effritent. La saisonnalité de la consommation, de plus en plus concentrée sur l´hiver, est en fort décalage avec la période de production du lait, au plus haut au printemps. Des enquêtes consommateurs ont révélé des perceptions négatives au niveau des qualités organoleptiques, une image positive mais brouillée et une méconnaissance de ses caractéristiques.
Marie-Louise Donzel : « Economiquement, les producteurs fermiers sont à saturation. » ©B. Griffoul

Ne pas «noyer» la production fermière.
La filière a mis en place un dégagement de lait excédentaire mais aussi un écrêtement de la production au printemps (25 %) qui ont eu un effet positif mais insuffisant.
Paradoxalement, le reblochon fermier est le plus affecté par cette morosité. Ne représentant que 3 300 tonnes produites par 160 éleveurs, la production fermière est « noyée » dans le grand marché du reblochon (17 000 tonnes), affirme Marie-Louise Donzel, présidente des producteurs fermiers. Ceux-ci sont soumis également au plan de régulation. Certains ont même dû livrer du lait au prix du lait collecté pour le reblochon laitier. « Du jamais vu chez les producteurs fermiers. C´est difficile à accepter car, en montagne, nous avons un coût de production beaucoup plus élevé. »

Le reblochon fermier a « des conditions de fabrication à faire valoir pour qu´il garde sa place », estime la représentante des producteurs. Mais, pour que le reblochon fermier puisse s´émanciper du laitier, il faut « aller vers une maîtrise de la production en fonction de ce que l´on peut vendre. Le cahier des charges de l´AOC peut jouer un rôle important, mais il est loin de suffire. Nous militons aujourd´hui pour que la politique européenne évolue en matière de concurrence pour réguler le marché. » Une demande pour un programme de soutien (Pida) a été déposé auprès de la région Rhône-Alpes afin que le reblochon puisse « retrouver à la fois ses caractéristiques, son goût et renouer avec la dynamique dans un contexte nouveau ».
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