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Marché du lait
Le prix français est contraint de suivre celui de l´Allemagne

Premier pays laitier de l´UE à 25 et grand exportateur sur l´Europe et le monde, l´Allemagne est notre principal concurrent. Son prix du lait fait référence.


L´accord sur le prix du lait de 1997 se référait déjà à l´Allemagne avec l´index sur les cotations des fromages d´exportation (goudas, emmental et édam). L´accord signé récemment ajoute une autre référence à l´Allemagne : le différentiel de prix du lait en France et en Allemagne sur les 12 derniers mois.
Pourquoi l´Allemagne est-elle prise comme référence ?
L´Allemagne est le plus gros pays laitier de l´Union européenne à 25 et elle procède à des échanges commerciaux conséquents avec la France. Tous deux exportent vers des pays et sur des marchés similaires en UE. Une situation qui les met perpétuellement en situation de concurrence. L´Allemagne et la Belgique sont les plus gros fournisseurs de produits laitiers de la France. Les importations françaises en provenance d´Allemagne sont composées pour moitié de fromages. L´Allemagne est aussi le plus gros client de la France, qui lui vend essentiellement des fromages à pâtes molles (brie, camembert basiques).
Un tiers du lait français est exporté, essentiellement au sein de l´Union européenne. Les plus gros volumes concernent des créneaux où la concurrence est rude : fromages à pâtes molles basiques, emmentals. Les prix pratiqués par les pays voisins ne doivent donc pas trop s´éloigner des nôtres, si nous voulons rester compétitifs. « Dans le cadre de l´accord sur le prix du lait, nous avons testé différents panels de pays, pour finalement nous rendre compte que le prix allemand faisait une synthèse de la situation des marchés laitiers voisins. En effet, l´Allemagne commerce beaucoup avec le Danemark, les Pays-Bas, l´Italie et les nouveaux états membres », explique Frédéric Chausson, du Cniel.
Pourquoi une deuxième référence à l´Allemagne ?
« L´objectif des deux critères est le même : resté connecté à l´environnement concurrentiel. Le prix allemand a été ajouté pour être encore plus réactif et assurer la convergence entre nos prix et ceux de nos voisins » précise Frédéric Chausson.
Pourquoi le prix allemand est-il si faible ?
Le hard-discount allemand fait peser une forte pression sur les prix. « La grande distribution est beaucoup plus féroce qu´en France. Les rayons sont peu diversifiés : seul le prix joue. D´autre part, il n´y a pas de grandes marques dynamiques comme en France, ce qui tend à banaliser leurs PGC(1) », explique Gérard You, de l´Institut de l´élevage.
La pression sur les prix est également très liée à la baisse des restitutions et des quantités mises à l´intervention. L´Allemagne produit autant de produits industriels proportionnellement à sa collecte que la France. Mais son marché intérieur est plus limité qu´en France, ce qui la rend plus dépendante des exportations et de l´intervention. En Allemagne, les grosses coopératives Nordmilch et Humana Milch Union, fabriquent des produits dépendants de l´exportation : beurre, poudre, lait de consommation et fromages génériques. Elles défendent leurs débouchés, en Europe et dans le monde, en jouant sur les prix.
La baisse des restitutions fait craindre un recentrage sur le marché européen, déjà engorgé. Aujourd´hui, le prix du lait allemand s´est stabilisé. Mais il ne s´agirait que d´une embellie.
Pour faire face à une pression grandissante et pour avoir plus de poids face à la concurrence, Nordmilch et Humana Milch Union projettent de fusionner. Ils atteindraient ainsi la taille de Lactalis.
La France importe et exporte beaucoup de fromages.

(1) PGC : les produits de grande consommation comprennent le lait de consommation, les fromages, produits ultra frais, la crème et le beurre conditionnés.

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