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Le potentiel mamelle d'une génisse est fixé avant sa naissance

Pour donner toutes les chances à vos génisses de bien démarrer leur première lactation, il faut veiller au bon développement de leurs tissus mammaires. Le peripartum, trois semaines avant et après leur naissance, est la phase clé.

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Le futur potentiel laitier des génisses se construit bien en amont de leur première lactation.
© Réussir SAS

Le futur potentiel laitier des génisses se construit bien en amont de leur première lactation. Le parenchyme, là où se créent les futures cellules sécrétrices de lait, commence déjà son développement pendant la phase utérine. « Cela veut dire que le potentiel mamelle est déjà fixé avant la naissance », prévient Lionel Reisdorffer, vétérinaire et dirigeant du cabinet Obione.

La lactation de la génisse se prépare pendant le tarissement de sa mère

« Il faut voir le tarissement comme la préparation de la lactation de la génisse à naître », conseille Élodie Bourbonnais, référente génisses et qualité du lait chez Elvup. Ne serait-ce que parce c’est pendant les trois dernières semaines de tarissement que se fait la colostrogénèse. Une alimentation adaptée et un environnement de vie confortable favorisent la qualité de ce colostrum. À l’inverse, une ration déséquilibrée ou un stress entraînent des conséquences sur la qualité et la quantité de colostrum mais aussi sur le développement in utero des organes de la future génisse. Il est notamment reconnu qu'un stress thermique in utero pénalise le niveau de production de la génisse à naître et, même celui de sa fille !

Distribué dans les deux heures suivant la naissance, en quantité suffisante et dans de bonnes conditions d’hygiène pour éviter les contaminations bactériennes, le colostrum apporte des anticorps mais aussi l’énergie, les hormones, les enzymes, qui permettent à la génisse de bien démarrer sa croissance, y compris celle de sa future mamelle. « Les bénéfices du colostrum sont une assurance tranquillité pour toute sa vie », estime Lionel Reisdorffer.

 
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Lionel Reisdorffer, vétérinaire et dirigeant du cabinet Obione. "Le parenchyme, là où se créent les futures cellules sécrétrices de lait, commence déjà son développement pendant la phase utérine." © Obione

Maximiser la croissance pendant la phase lactée

À la naissance, le développement de la glande mammaire va s’intensifier. Pendant les trois premiers mois, le parenchyme grandit plus vite, proportionnellement, que le restant du corps. « À la fin de la phase lactée, les dés sont jetés », prévient Lionel Reisdorffer. S’il n’y a pas assez de croissance sur la période lactée, la génisse pourra rattraper une partie du retard de poids sur la période de deux à six mois mais son potentiel laitier sera pénalisé. Le moindre développement du parenchyme ne sera pas compensé.

Pour permettre le plein développement de la mamelle, il faut donc un plan lacté qui apporte suffisamment d’énergie et de protéines pour viser les 900 à 950 grammes de GMQ et un poids de 100 kilos au sevrage. « 100 grammes de GMQ en plus sur la période lactée permettra 250 litres en plus sur la première lactation », souligne Élodie Bourbonnais. Pour y parvenir, la génisse peut boire jusqu’à dix à douze litres de lait par jour. Pour un apport en lait entier, il faut veiller à la qualité (pas de lait non commercialisable) et aux apports protéiques du lait distribué. Les quantités de lait sont à diminuer sur dix à quinze jours jusqu’au sevrage. Attention, plus on donne de lait, plus le sevrage doit se montrer tardif et progressif.

 
<em class="placeholder">Elodie Bourbonnais, référente génisses et qualité du lait chez Elvup.</em>
Élodie Bourbonnais, référente génisses et qualité du lait chez Elvup. "Un stress thermique in utero pénalise le niveau de production de la génisse à naître, et même celui de sa fille !" © Elvup

Enfin, pour limiter les ruptures dans la courbe de croissance au sevrage, des fibres et des concentrés sont apportés dès les premiers jours pour habituer les génisses à en consommer et développer leur rumen, qui devra se montrer mature et fonctionnel au sevrage. Il faut en distribuer de petites quantités plusieurs fois par jour.

La génisse n’aura alors plus qu’à poursuivre sa croissance jusqu’à son entrée en production, avec une mamelle pleinement productive.

À retenir

  • Une alimentation adaptée des taries
  • Le moins de stress possible pendant le tarissement
  • Un plan lacté suffisamment riche pour viser 900-950 g de GMQ/j

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