Aller au contenu principal

vente directe
Le marché des distributeurs de lait en plein remous

Nouveaux importateurs, gamme élargie… le marché français des distributeurs de lait cru s’étoffe. Mais l’administration française lui met des bâtons dans les roues.

Un distributeur de lait de marque DF Italia, installé en Bretagne, sur un parking de zone commerciale.
Un distributeur de lait de marque DF Italia, installé en Bretagne, sur un parking de zone commerciale.
© DR

Les distributeurs de lait ont commencé à s’implanter un peu partout en France sur des parkings de supermarché ou dans des centres-ville. Il y aurait entre 30 et 50 installations en fonctionnement, suivant différentes sources.

La motivation principale est de bien valoriser le lait en ces temps difficiles, et de pouvoir pratiquer une vente directe moins coûteuse en temps et en installations que celle nécessitant une transformation à la ferme.

Mais voilà, alors que l’engouement a gagné beaucoup d’éleveurs, l’administration française, plus précisément la Drire (1), a posé son veto à l’installation de nouveaux distributeurs, en mai dernier. Ceux déjà en fonctionnement peuvent poursuivre leur activité.

La Drire invoque une directive européenne qui concerne les appareils de distribution de liquides. Ce texte vise à protéger le consommateur. La loi doit lui garantir que quand il paye pour obtenir un litre d’un liquide, la machine lui distribue bien un litre. Les débimètres des distributeurs doivent être homologués par un organisme agréé par l’Union européenne, et contrôlés annuellement. En France, le LNE contrôle les débimètres des distributeurs d’eau et d’essence, et les certifie (vous savez, la pastille verte sur les pompes à essence). Mais le LNE n’est pas équipé pour réaliser un des tests permettant l’homologation des débimètres des distributeurs de lait.

La Drire a interdit les installations parce qu’aucune n’avait d’homologation. Jusqu’à maintenant, aucun distributeur fabriqué en Europe ne répond à cette directive.

Des machines en cours d'homologation

Pour l’instant, la France est un cas un peu à part. « L’Italie, le Royaume-Uni et la Suède, où les distributeurs de lait sont déjà bien connus, ont des dérogations à cette directive européenne, pour les distributeurs de lait », souligne Michel Besnard, un des premiers à avoir importé des distributeurs en France. Il plaide pour une dérogation à cette directive. « Les distributeurs sont réglés pour servir 102 % d’un litre, pour être sûr de ne pas léser le consommateur. Le client se sert dans une bouteille d’un litre transparente; il contrôle donc visuellement ce qu’il se verse. » L’association Producteurs Bretagne lait frais (voir encadré page 154) défend également l’idée d’une dérogation. « Nous avons rendez-vous, avec plusieurs partenaires dont la DSV, début septembre avec la Drire nationale, pour discuter du problème que pose l’homologation des machines. » 

Pour la société Socodix, « la directive est trop stricte pour le lait, un produit vivant dont la composition (teneur en matière grasse) varie suivant les saisons. Il faudrait un assouplissement, mais il nous paraît indispensable que les machines soient contrôlées. »

Certains constructeurs sont en train de faire homologuer leurs machines. Condor inox, le constructeur italien avec lequel travaille Socodix, s’y prépare. « Lazzaroni (Italie) a amené sa machine au laboratoire italien agréé par l’Union européenne. Si tout va bien, on aura peut-être en septembre les premiers distributeurs répondant à la directive européenne », souligne Michel Besnard. « Les appareils Brunimat (Suisse) sont en cours de certification, auprès du Metas, un organisme qui équivaut à la Drire et au LNE français, et qui est agréé par l’Union européenne. Si tout va bien, je pourrai à nouveau installer des distributeurs en septembre », confie Didier Filbing.

Le cas français risque de faire un effet domino, et amènera peut-être d’autres pays à exiger des homologations et contrôles des systèmes de mesurages des distributeurs. ■

(1) Drire : Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement. 

Vidéo d'une installation dans la région d'Annecy

Constructeurs et importateurs

Il existe plusieurs constructeurs de distributeurs de lait (italiens, suisses...), et donc une gamme assez étoffée de solutions. On peut trouver des distributeurs clé en main, avec leur abri en bois ou en inox et leur distributeur de bouteilles vides, mais on peut aussi acheter uniquement le distributeur.

Quelques constructeurs : 

- Brunimat (www.brunimat.ch)

- DF Italia (www.dfitalia.com)

- Lazzaroni (www.lazzaronifratelli.it)

- Condor inox (www.condorinox.com)

- Fiordilatte (www.fiordilatteitalia.it)

- Prometea (www.prometea.it), etc.

Quatre importateurs en France

■ Michel Besnard (Normandie). Tél. 06 09 61 59 27 - 02 35 39 88 98. Il commercialise des distributeurs Lazzaroni (Italie), et a arrêté de travailler avec Prometea.

■ Didier Filbing (Alsace). Tél. 06 64 46 49 77- 03 88 02 08 57/ www.filbing-distribution.com/ Il commercialise des distributeurs Brunimat (Suisse), un constructeur qui revendique quatorze ans d’expérience dans les distributeurs de lait.

■ Cozinox, société spécialisée en matériel de transformation laitière à la ferme (Bretagne). Tél. 02 96 79 07 15. Cozinox commercialise les distributeurs de DF Italia.

■ Socodix, société spécialisée dans le matériel d’élevage et de traite, (Aisne). Tél. 03 23 50 80 08. Ils n’ont pas encore réalisé d’installation en France. Ils travaillent avec la société Condor inox (Italie). www.socodix.com

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

« Le groupe Dephy permet d’échanger entre nous et de partager la prise de risques », souligne Hervé Dreuslin qui vient d’intégrer un groupe 30 000 d’Eureden, destiné à diffuser plus largement l’expérience acquise dans les groupes Dephy. © A. Conté
Réduction des phytos en élevage : « Cela me pesait de toujours prendre le pulvé »
En Ille-et-Vilaine, Hervé Dreuslin a intégré un groupe Dephy dès sa création en 2012. Les changements introduits au fil des ans…
Les cours de la poudre de lait écrémé se sont stabilisés à des niveaux élevés ; environ 2500 €/t.  © Regilait
Le prix du lait 2021 sera en hausse

Face à la hausse des charges, l'impatience est palpable. La FNPL rappelle que l'an dernier, les…

PAC: 80 % d'aides en moyenne dans le revenu 2019 des exploitations laitières
Comment se positionnent les exploitations laitières par rapport aux autres exploitations ? L’Inrae dresse un état des lieux…
Sébastien Bonnevialle et Jordan Logier (à gauche), son salarié et futur associé, qui va s’engager dans un stage parrainage de sept mois tout en menant les démarches d’installation. © B. Griffoul
« Notre élevage laitier peut sortir un deuxième revenu avec la même structure »
Après avoir longtemps exploité seul, Sébastien Bonnevialle, en Haute-Loire, projette de s’associer avec son salarié. Si les…
Florent Charpentier. « J’ai vu rapidement des résultats palpables en gérant mieux les vaches taries. » © F. Charpentier
Vaches taries : « Même des choses simples m’ont permis vite de progresser »
En Meurthe-et-Moselle, Florent Charpentier a adopté de nouvelles pratiques pour ses vaches taries depuis quelques mois, sans gros…
Remise symbolique des primes 2020 aux éleveurs laitiers Merci!  © Agromousquetaires
Les éleveurs laitiers Merci ! ont touché une prime de plus de 1,9 million d'euros
Intermarché et Agromousquetaires ont annoncé avoir versé pour l'année 2020 une prime de 1,8 million d'euros aux 257 éleveurs…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière