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Le lait bio a du potentiel de développement

La demande est toujours en croissance. Mais attention à la concurrence des démarches de différenciations privées.

En France, le Cniel prévoit un potentiel de production de 945 millions de litres à fin mai 2019, avec 3 506 producteurs.
© A. Conté

Difficile de dire si l’avenir du bio est vraiment aussi rose qu’il en a l’air. "Du côté des opportunités, la bio répond aux attentes du consommateur. Les ventes continuent de se développer en Europe - tirées par l’Allemagne et la France - et la demande chinoise en poudres de lait infantile croît", ont décrit Mathilde Blanc, de l’Itab, et Benoît Rouyer, du Cniel, lors d’une conférence au Space, le 15 septembre dernier. Mais l’équilibre des marchés laitiers biologiques est incertain à moyen terme (horizon 2020) du fait de la hausse de production européenne, et de l’essor des nouvelles démarches privées : éthique, lait de pâturage, sans OGM… qui rencontrent un vif succès chez nos voisins allemands, autrichiens et autres. Elles peuvent concurrencer la bio. En Autriche, le lait de foin représente autant de parts de marché que le lait bio.

La collecte européenne était de 4,4 milliards de litres en 2016 : 800 millions de litres en Allemagne, 600 en France, 500 au Danemark, 480 en Autriche et 400 au Royaume-Uni et en Suède. Chez nos concurrents allemands et autrichiens, la dynamique de collecte bio est toujours bonne. Mais au Danemark, elle ralentit. "Leurs systèmes intensifs avec achat de concentrés sont fragiles, car il y a eu beaucoup de conversions en lait alors que la production végétale bio n’a pas suivi. Le risque de déconversion est donc réel en cas de redressement du marché conventionnel", indique Mathilde Blanc.

Toujours un bon rythme de conversions

"En France, après le boom des conversions de novembre 2015 à mai 2016 (706 conversions pour 280 millions de litres), les conversions de juin 2016 à mai 2017 sont quand même de 383 pour 153 millions de litres. Le rythme de cessations laitières ( < 1% du volume annuel collecté en 2017) est modéré. Il est donc prévu à fin mai 2019, 3 506 producteurs pour 945 millions de litres, si les conditions climatiques sont favorables", détaille Benoît Rouyer.

"Il y a peu de risque de déséquilibres des marchés lié au développement de la collecte bio européenne. L’enjeu est plus la concurrence des autres démarches privées, et de conserver la crédibilité de la bio par rapport à ces démarches, avec une possible surenchère du cahier des charges", concluent les deux experts.

Des ventes en hausse

En 2016 par rapport à 2015, les ventes poursuivent leur essor : +5,2 % en lait de consommation, +11,6 % en beurre, +22 % en ultrafrais, +16 % en fromages libre-service (source : Cniel).

En 2017, la dynamique se poursuit sauf pour le lait de consommation. Les mauvaises conditions fourragères ont pesé sur la collecte qui baisse depuis fin 2016 et les transformateurs ont choisi de fabriquer moins de lait de consommation. "Il y a un gros potentiel de développement de la consommation en restauration hors foyer", ajoute Benoît Rouyer.

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