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Le drone va t-il remplacer l’herbomètre ?

La ferme expérimentale de Derval va présenter l'intérêt de l'utilisation d'un drone pour les prairies lors des journées Innov’actions les 16 et 17 juin prochains.

Le coût de cette technologie (30 000 €) pourrait s'envisager à terme en prestation de services ou pour un groupe d'éleveurs.
© V. Quartier

Depuis deux ans, l’Institut de l’élevage teste l’utilisation d’un drone pour mesurer la quantité d’herbe dans les prairies sur les fermes expérimentales de Derval (44), Les Établières (85) et Thorigné d’Anjou (49). « L’objectif est de trouver des solutions pour mieux piloter les prairies, explique Marc Fougère, le directeur de la ferme expérimentale de Derval. Nous utilisons le drone pour les cultures, pourquoi ne pas l’utiliser pour avoir une information sur la quantité d’herbe présente dans les prairies ? »

Mais avant cela, il faut chercher le bon algorithme qui permette de transformer l’information captée par le drone en une information utilisable et utile pour l’éleveur. Le capteur embarqué sur le drone enregistre la lumière réfléchie par le couvert végétal dans quatre bandes distinctes : le vert, le rouge, la gamme spectrale du red edge et le proche infrarouge. L’indice de végétation obtenu à partir de ces bandes spectrales qui présente les meilleurs coefficients de corrélation pour estimer la hauteur d’herbe dans les premiers essais est le GNDVI, Green normalized difference vegetation index.

Gain de temps par rapport aux mesures réalisées par herbomètre

Les tests avec le drone Airinov ont commencé en 2014, sur des microparcelles d’essai d’abord. « Toutes les semaines, nous faisons un passage avec le drone et des mesures avec l’herbomètre. Nous cherchons ainsi la bonne équation pour convertir le signal GNDVI du drone à une hauteur d’herbe et une quantité de biomasse. » Les premiers coefficients de corrélation sur 2014 et 2015 sont corrects. L’Institut est passé à la vitesse supérieure, les essais sont maintenant réalisés sur les parcelles des prairies exploitées. « Tous les lundis matins, le drone fait un passage sur les 28 ha de prairies, et nous faisons les mesures à l’herbomètre. Là où à l’herbomètre il faut 4h, le drone passe en 15 minutes. »

« En prairie, la complexité vient de la diversité des types de prairies et de la variété des espèces présentes qui ont un port différent. Il y a encore beaucoup de travail, il faut être très prudents. Nous devons travailler sur la précision de la mesure et sur l’incertitude », expose Alain Airiaud, directeur technique agro-environnement à la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique. « Les technologies progressent extrêmement vite. Il est aussi possible d’envisager d’autres usages, rien que sur les prairies, pour les apports d’azote, ou peut-être demain aller jusqu’au calcul de la valeur alimentaire des prairies. »

Associer aussi les satellites

Un projet Casdar a été déposé début 2016, élargissant les essais aux régions Normandie, Bretagne, Pays de la Loire et Auvergne. L’objectif est de travailler sur la transformation du signal transmis par les drones, mais aussi par les satellites. En effet, l’agence spatiale européenne a mis en orbite les satellites Sentinel. Ils vont balayer l’Europe et fournir des images pouvant être utilisées en agriculture. « Le satellite a l’avantage de balayer large, régulièrement, avec un coût de mise en œuvre nul. Les données sont disponibles gratuitement. Reste à transformer ces données en informations utiles et à trouver une solution à la couverture nuageuse qui empêche la prise d’image. Peut-être est-ce là que le drone intervient, pour compléter le travail des satellites », avance Alain Airiaud.

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