Aller au contenu principal

Agriculture/Diversification
Le Campus vert accueille les étudiants qui préfèrent loger à la ferme

Des chambres d´étudiants à la ferme. Tel est le concept original proposé par l´association Le Campus vert. Jean-François et Laurence Boniface et leurs étudiants sont visiblement ravis de la formule.


Depuis 2002, chez Jean-François et Laurence Boniface, éleveurs à Marquise dans le Pas-de-Calais, l´ancienne nurserie n´est plus occupée par des veaux. mais par des étudiants ! Le bâtiment, entièrement réaménagé, a véritablement pris la forme d´un mini-campus. Quatre studios de 25 à 35 m2, avec chacun son coin cuisine, ses sanitaires et son petit parking devant l´entrée. « Nous avons entendu parlé de l´association Le Campus vert lors d´une réunion de groupe. L´idée d´accueillir des étudiants à la ferme nous a plu et on s´est lancés, raconte Laurence en souriant. L´exploitation est à quinze minutes seulement du site universitaire de Boulogne-sur-mer. »
D´importants travaux ont été nécessaires pour réhabiliter le bâtiment. Le coût d´aménagement s´est élevé à environ 15 000 euros par logement. Pour les quatre studios, le couple a bénéficié des aides du Conseil régional, représentant près de 20 % du montant investi. « Le retour sur investissement est de six à dix ans, avec un taux de rentabilité de 8 à 10 %, avancent les éleveurs. Mais notre objectif premier n´est pas là. Ce que nous cherchons, c´est avant tout à faire découvrir notre métier et à échanger avec les citadins. Nous avons 3 enfants, et le contact avec des jeunes de la ville, c´est important pour eux aussi. »
Renforcer le lien ville-campagne
L´accueil s´avère en effet primordial et la relation entre les éleveurs et les étudiants dépasse le simple cadre propriétaire-locataire. Chacun semble y trouver son compte. Emilie, originaire de la région parisienne, habite ici depuis un an. « Je suis venue pour la tranquillité et le calme, confie l´étudiante. En plus, le prix du loyer est dérisoire en comparaison avec un logement en ville. » Chez les Boniface, les loyers n´excèdent pas 250 euros, sans les charges. Benjamin, de son côté, habite à la ferme depuis quatre ans et il apprécie surtout le côté sécurisant du logement. « C´est rassurant de vivre ici, il y a toujours quelqu´un prêt à vous aider en cas de besoin. » Pour autant, chacun garde son indépendance. « Nous ne sommes pas sur leur dos matin et soir, les relations restent très spontanées », rassure Laurence.
La majorité des locataires vient de la ville et découvre avec intérêt les activités de l´élevage. Parfois même, certains mettent la main à la pâte, participant à la traite ou au soin des animaux. « En dehors de la vie de la ferme, les étudiants font parfois du baby-sitting ou aident les enfants pour leurs devoirs », apprécie l´exploitante qui n´hésite pas à réunir tout ce beau monde à l´occasion d´un apéro, d´une soirée crêpes.
Les éleveurs attaquent leur troisième saison de location. Depuis la mise en place des logements, les quatre studios ont toujours été occupés. « Pour l´instant, nous n´avons eu aucune difficulté à les remplir et surtout nous ne perdons pas de temps à chercher des locataires. » L´association Le Campus vert s´occupe de tout et les frais de fonctionnement se limitent à 100 euros par studio et par an.
Association Le Campus vert : une démarche collective et territoriale
Valoriser les bâtiments agricoles sous-utilisés pour loger des étudiants en zone périurbaine. Tel est le concept prôné par l´association des fermes d´accueil Le Campus vert dans le Nord Pas-de-Calais. Cette démarche s´appuie sur un cahier des charges précis qui balise les principales règles en termes d´accueil et d´hébergement (prix des loyers, type de logement, localisation, etc.). Chaque exploitation agricole engagée dispose d´un agrément. « A ce jour, l´association compte deux cent cinquante studios sur 70 exploitations agricoles, détaille Philippe Amielh, responsable de l´association. Le taux d´occupation moyen s´élève à 97 %. » Forte de son succès, cette formule devrait trouver écho à l´échelon national. Des projets sont notamment en cours en Rhône-Alpes, Seine-et-Marne, Picardie et Bretagne.

Pour joindre l´association Le Campus vert : 03 20 29 43 68.

Les plus lus

<em class="placeholder">L&#039;aire paillée offre une surface de 1 200 m2 séparée en deux.</em>
« Je suis repassé en aire paillée pour viser 2 millions de litres dans mon élevage laitier des Côtes-d'Armor »
Dans les Côtes-d’Armor, Antoine Boixière a choisi de démonter ses logettes pour améliorer le confort de ses 110 prim’Holstein et…
Deux éleveurs avec une petite fille devant un près avec des montbéliardes en Haute-Savoie
DNC : « Ceux qui s’opposent à l’abattage rallongent notre calvaire », témoigne Nicolas, éleveur laitier touché par la maladie en Haute-Savoie

Eleveur laitier près de Faverges, en Haute-Savoie, Nicolas Prud’homme dont 68 bêtes ont été abattues après une contamination à…

<em class="placeholder">Pascal Gord, éleveur. </em>
Stress thermique : « Les ventilateurs n’ont pas suffi à améliorer l’ambiance de notre stabulation dans le Rhône »
Le Gaec des Deux-Communes, dans le Rhône, a fait évoluer son bâtiment pour lutter contre le stress thermique des vaches laitières…
<em class="placeholder">dermatose nodulaire contagieuse sur un bovin</em>
La lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse engendre des difficultés dans les élevages bovin

Interdiction d'épandage, veaux bloqués dans les élevages ... commencent à peser lourd dans les élevages bovin de la zone…

<em class="placeholder">stabulation de la ferme expérimentale à Derval</em>
« Comment rénover sa stabulation pour la rendre plus performante ? » : exemple avec la ferme expérimentale de Derval

Julien Hamon, conseiller bâtiment à la chambre d'agriculture de Loire-Atlantique donne les clés pour réfléchir à un projet de…

<em class="placeholder">Killian Tissot, éleveur de vaches laitières en Gaec, en Haute-Savoie</em>
Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) : « Avec plus de la moitié de nos bovins qui ont été abattus, nous avons des questions sur la suite » 

En Haute-Savoie, Killian et André Tissot ont vécu la douleur de l'abattage de 67 bovins le 7 août, sur les 126 bovins que…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière