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« Le bon sens, c’est maintenant »

Élevage de précision. Essais shredlage, méthanisation… le Gaec Lacour reste à l’affût des nouveautés et sources complémentaires de revenu.

Gilles Chapron. « Notre projet de méthanisation évolue vers une installation plus puissante (150 kWe) pour valoriser plus de fumier de volailles et de bovins. »
© F. Mechekour

« Le bon sens, c’est maintenant », raisonne comme un slogan de campagne présidentielle constate Gilles Chapron quelques secondes après l’avoir lancé pour résumer son état d’esprit du moment. Un appel au bon sens qui s’adresse à toute la filière. « Les laiteries et les GMS nous demandent de faire des produits de qualité, mais personne ne veut nous les payer à leur juste valeur (prix de base à 330 euros/1 000 l en septembre et octobre + 9 euros/1 000 l de plus-values avec les taux). Les laiteries donnent des rallonges alors qu’elles n’ont pas forcément besoin de plus de lait. Les agriculteurs se plaignent du prix du lait mais acceptent de faire du volume B sous payé. Certains n’ont malheureusement pas le choix. Je ne critique pas d’autant que nous en avons également produit 80 000 l payés 245 euros/1 000 l en 2016-2017. Notre laiterie (Sill-Malo) nous proposait une rallonge de 7 %. Nous en avons produit une partie non pas pour produire plus mais pour ajuster au mieux notre référence (1,4 million de litres de lait). En octobre novembre, on ne sait pas comment sont les maïs. Par ailleurs, on crée des « OP » pour défendre nos droits, mais les éleveurs n’y adhèrent pas massivement. Pour être efficace, on aurait besoin d’argent, mais il n’y a que la FDSEA qui la soutient financièrement. » Les consommateurs n’échappent pas au constat. « Les consommateurs demandent des produits de qualité mais n’hésitent pas à profiter des promotions proposées par Lidl sur des produits venus d’Allemagne sur lesquels on ne peut pas être concurrentiels. »

15 à 16 tonnes de MS par hectare sans irrigation

Malgré ce tableau plutôt sombre, Gilles Chapron reprend très vite des couleurs dès qu’il aborde les aspects plus techniques et stratégiques. « Nous avons la chance d’être en Bretagne, dans un secteur favorable à la pousse des fourrages. Depuis trois ans, les rendements en ensilage de maïs tournent autour de 16 à 17 tonnes de MS par hectare. » Le Gaec Lacour fait partie des exploitations retenues par Eilyps et Claas pour les essais sur le shredlage en Ille-et-Vilaine. Le bilan de la première campagne est positif. « Nous avons réduit les apports de foin de 2 kg à 800 g/VL/j et retiré la paille de colza. Les grains de maïs étant bien éclatés, nous avons baissé de moitié la quantité de concentré de production (700 g/VL/j) sans baisser le niveau de production des vaches (10 000 kg). À 165 euros/t de concentré, cela représente une belle économie. Mais, on ne peut pas se baser sur les résultats d’une année pour conclure sur l’impact réel du shredlage. » Cette année 94 ha ont été ensilés en shredlage. La longueur de coupe a été augmentée de 4 mm (de 22 à 26 mm) et les génisses seront également nourries au maïs shredlage (longueur de coupe à 24,5 mm).

FACU Côté projets, la crise a mis en stand-by l’investissement dans un troisième robot de traite.

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