Aller au contenu principal

Désherbage du maïs
Le binage associé à la lutte chimique est efficace

Le désherbage mixte du maïs est la meilleure alternative au désherbage tout chimique ou mécanique. Le coût et la productivité du chantier freinent parfois son utilisation.


Parmi les techniques alternatives au tout chimique ou mécanique, le désherbage mixte du maïs représente la meilleure solution en termes de rapport efficacité-coût, selon des essais menés par les Chambres d´agriculture de Bretagne.
Deuxième binage dans une parcelle en désherbage mixte. ©Station des Cormiers

Permet de réduire de deux tiers les quantités d´herbicides
Cette méthode consiste en un passage vers 3-4 feuilles du maïs, assurant simultanément un traitement chimique sur le rang et un binage de l´inter-rang. « La bineuse est équipée d´un système de pulvérisation sur le rang », précise Gilbert Cossec, responsable des essais menés à la station des Cormiers, en Ille-et-Vilaine. On réalise ensuite un second binage à partir du stade 6 feuilles mais avant le stade 9-10 feuilles. Les adventices ne concurrencent plus le maïs ensuite. Le binage mixte permet de réduire les quantités d´herbicides utilisées d´au moins deux tiers par rapport à un désherbage chimique classique. « On ne traite qu´un tiers de la surface et on peut le plus souvent se contenter d´un seul traitement chimique. Mais attention, lorsque le désherbage mixte est réalisé en groupe avec un chauffeur, il y a risque d´utiliser une dose de désherbant, sécurité pour toutes les exploitations plutôt que d´adapter la dose à la situation des parcelles. Les conséquences économiques et pour l´environnement sont toutefois moins graves que lorsqu´il s´agit d´un traitement en plein. »
Autre avantage de cette technique : « aucune mauvaise herbe ne résiste à la bineuse, surtout si le passage est réalisé par temps suffisamment sec ». Dans ces conditions, les adventices déracinées sèchent et meurent rapidement.
L´efficacité du binage est d´autant plus appréciable depuis l´interdiction de l´atrazine « que les nouveaux désherbants ne sont pas efficaces sur toutes les adventices ». Des mauvaises herbes, comme par exemple en Bretagne « la véronique, les renouées ou les mercuriales sont plus dures à maîtriser avec le désherbage chimique », souligne Gilbert Cossec. D´après les résultats de trois années d´essais(1) à la station de Crécom dans les Côtes d´Armor, cette solution offre la même efficacité sur le plan de la propreté de la parcelle et du rendement en tonnes de matière sèche qu´un désherbage chimique en deux passages. Enfin, le désherbage mixte fonctionne « sur tout type de sol », précise Gilbert Cossec.
Cette technique a malheureusement aussi ses limites. Le coût lié au matériel peut devenir excessif. C´est notamment le cas lorsqu´« il y a peu d´utilisateurs ou si le nombre de kilomètres à parcourir entre les exploitations est élevé ».

Autre limite : la productivité des chantiers est assez faible, de 1 heure à 1 heure 15 par hectare pour les deux passages en six rangs. Les bineuses à guidage automatique (système électronique et hydraulique) permettent d´accélérer la vitesse de travail et d´être plus précis. Ces outils simplifient le travail du chauffeur de tracteur. Ils représentent cependant un coût élevé, surtout si les surfaces binées sont peu importantes.
Enfin le désherbage mécanique et chimique requièrent des conditions climatiques assez antagonistes. Le désherbage mécanique est surtout efficace par temps sec. A contrario, les désherbants chimiques sont plutôt efficaces avec une hygrométrie supérieure à 70 % (meilleure diffusion du produit). « Nous n´avons pas vraiment évalué ce phénomène, mais il est certain qu´il est préférable de faire le premier passage le matin ou en début d´après-midi plutôt qu´en fin d´après-midi. » Une seconde alternative au tout chimique a été testée : un désherbage chimique en prélevée suivi d´un binage. Ce protocole a donné en moyenne de bons résultats au niveau de la propreté de la parcelle avec une perte de rendement faible (- 0,5 tonne de matière sèche par hectare).

Mais l´efficacité du traitement de pré-levée varie selon les années. Cette technique apparaît donc moins sécurisante que le désherbage mixte.
Le hersage suivi d´un traitement de post-levée s´est avéré la solution la plus décevante tant sur la maîtrise des adventices qu´au niveau de la perte de rendement (3 tonnes MS/ha). « Le hersage n´est pas assez efficace. On est obligé de faire deux traitements chimiques. Dans ces conditions, cela ne vaut plus le coût de herser », conclut Gilbert Cossec. Une dernière alternative consiste à traiter en plein et à réaliser un binage lors du deuxième passage (stade 8 feuilles). « Cette technique est efficace et demande moins d´adaptation en termes de travail et de matériel pour l´éleveur que le désherbage mixte. Le prix de revient est comparable. Par contre on utilise plus de produits de traitement. »

Les plus lus

<em class="placeholder">Éleveurs devant l&#039;installation de traitement des eaux de pluies </em>
« Nous traitons l’eau de pluie pour abreuver nos vaches », dans le Doubs

Le Gaec de La Vie, dans le Doubs, s’est équipé d’un système de filtration des eaux de pluie pour abreuver les vaches…

<em class="placeholder">David Cartron dans une parcelle de maïs impactée par la sécheresse</em>
Sécheresse : « La priorité, c’est de trouver du maïs et de préparer les stocks 2027 », en Vendée

En Vendée, la sécheresse et les périodes de canicule ont fortement impacté la constitution des stocks de fourrage. Pour tenir,…

Deux cas d'orthobunyavirus formellement détectés en Normandie

Jusqu'à présent principalement identifié dans l'Est de la France ainsi qu'en Suisse et en Allemagne, l'orthobunyavirus vient d…

<em class="placeholder">De gauche à droite : Florian et Stéphanie Morel avec Emmanuelle et Ludovic Billard.</em>
Congés : « Nous nous aidons entre éleveurs voisins et nous dégageons un week-end sur deux de repos et au moins quinze jours de vacances par an » dans les Côtes-d’Armor
Dans les Côtes-d’Armor, Emmanuelle, Stéphanie, Florian et Ludovic s’entraident entre leurs deux fermes pour pouvoir se dégager un…
<em class="placeholder">silo de maïs récolté en 2025</em>
Sécheresse 2026 : reconstituer les stocks de fourrage avec maïs et coproduits

La hausse des coûts engendrée pour reconstituer les stocks de fourrage aura des répercussions sur les revenus des éleveurs sur…

<em class="placeholder">Joris Soenen, éleveur laitier dans une prairie dans laquelle du stock sur pied a été réalisé</em>
Sécheresse : « Le stock sur pied et le sorgho m’ont permis de maintenir du pâturage jusqu’au 15 août », dans l’Eure

La production de fourrage de Joris Soenen a été impactée par l’année de sécheresse exceptionnelle, l’obligeant à acheter du…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière