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L’automatisation de l’hygiène de traite fait son chemin

Plusieurs automatismes de pulvérisation des trayons et de désinfection des manchons se diffusent en France. Ils ne dispensent pas d’une réflexion sur les pratiques d’hygiène et de traite.

« L’arrivée de la dépose automatique a ouvert des possibilités pour automatiser d’autres phases du chantier de traite, explique Jean-Louis Poulet, expert en traite à l’Institut de l’élevage. Depuis quelque temps, est apparue l’idée d’automatiser le trempage post-traite des trayons et la désinfection des faisceaux trayeurs entre une vache et la suivante. Des dispositifs de pulvérisation et de désinfection plus ou moins complexes et plus ou moins avancés ont vu le jour. » À notre connaissance, cinq fabricants se disputent le marché français (hors robot de traite), encore peu développé par rapport à d’autres pays européens. GEA Farm Technologies et ADF Milking commercialisent un système de trempage et de désinfection associé à leurs propres griffes et assorti d’un contrat de maintenance. Dairy Spares propose un dispositif assurant les mêmes fonctions, mais qui se greffe sur l’équipement de traite existant et sans contrat. Chez le même fournisseur, un système plus ancien assure uniquement la désinfection des manchons. Tout comme chez Fabdec, dont le système de lavage automatique du faisceau trayeur s’adapte à tous les équipements de traite. Hypred est allé un peu moins loin dans l’automatisation, mais ses automates semi-manuels (un pistolet actionné par le trayeur) facilitent aussi ces deux tâches.

Prendre en compte les coûts de fonctionnement

S’il existe peu de recul en France sur ces dispositifs, Jean-Louis Poulet attire l’attention sur quelques points de vigilance. L’évaluation du coût d’un tel dispositif doit prendre en compte les coûts de fonctionnement (eau, énergie, produits, consommables, accessoires divers). Il faut bien vérifier les compatibilités d’équipements « greffés » sur des installations existantes et au dimensionnement de celles-ci, surtout quand elles sont anciennes. Quand les dispositifs d’automatisation fonctionnent avec le compresseur de l’exploitation, veiller à ce qu’il ne soit pas sous-dimensionné et qu’il soit bien entretenu. Respecter enfin les recommandations des fabricants quant aux produits de trempage à utiliser avec ces automates, au risque de les détériorer, et à l’entretien à effectuer.

Avis d’expert

« Une solution envisageable mais pas une solution miracle »

« L’automatisation est une solution envisageable pour améliorer le statut sanitaire de la mamelle mais pas forcément la solution miracle. Il serait dommage d’acquérir un dispositif coûteux parce que les pratiques de base ne sont pas respectées. Si on est confronté à des problèmes de cellules ou de mammites, il faut d’abord voir d’où ça vient et si on peut y remédier en revoyant les procédures de traite et d’hygiène ou le fonctionnement du bâtiment par exemple. Si la réponse est non, ou si l’éleveur en a tout simplement envie, alors pourquoi pas envisager un tel dispositif. Mais, si le trayeur maîtrise bien les procédures, si le bâtiment fonctionne bien, si le cheptel est bien conduit, il n’a peut-être pas besoin de faire plus. L’automatisation est d’abord destinée à des exploitations confrontées à une problématique de main-d’œuvre et/ou des troupeaux importants, qui doivent assurer une cadence élevée. Elle doit répondre à un besoin de l’exploitation et être positionnée dans la globalité du chantier de traite. »

Jean-Louis Poulet, Institut de l’élevage

ADF Milking : un dispositif sous contrat et géré par internet

Le système automatisé de trempage et désinfection d’ADF Milking (ADF5) s’adapte à toute marque et tout type de salle de traite, mais nécessite le changement des faisceaux trayeurs. Le produit de trempage est pulvérisé pendant le décrochage par une valve à double injection, située en partie haute du manchon, et couvre une bonne partie du trayon. Dès que le faisceau est retourné, s’enclenchent par la même valve six cycles de lavage et désinfection du manchon, entrecoupés d’une injection d’air comprimé. L’automate et le bloc pompes sont positionnés dans la laiterie.

« La connexion de l’automate à internet permet de suivre l’efficacité des pompes à distances et de gérer les stocks de produits de trempage et de désinfection, explique François Derot, responsable d’ADF Milking France. L’éleveur les reçoit automatiquement au fur et à mesure de ses besoins. » Selon la taille de la salle de traite, le coût de l’équipement varie de 1 500 à 2 800 euros par griffe. L’éleveur signe un contrat de cinq ans qui couvre le changement automatique des manchons et injecteurs toutes les 2 000 traites, la fourniture des produits (gamme spécifique Hypred), la garantie de cinq ans et une visite annuelle. Tout cela pour « un prix à peu près équivalent au budget que les éleveurs mettent dans les manchons et les produits de post-trempage et désinfection ». À savoir 6,9 centimes d’euro par vache et par traite.

2 GEA : le faisceau IQ devient ApolloIQ

GEA a intégré l’ApolloSystemMilk sur son faisceau trayeur IQ, qui devient ainsi l’ApolloIQ et assure le trempage des trayons, puis la désinfection et le rinçage de la griffe et des manchons (voir Réussir Lait n° 316 p. 102). La clé du système réside dans la soupape de sécurité positionnée juste avant la griffe. Elle empêche la contamination du lait pendant le processus de trempage et désinfection. Le produit de trempage est injecté dans la partie inférieure des lèvres du manchon et se répartit uniformément tout autour du trayon pendant le décrochage. Le backflush prend ensuite le relais pour désinfecter la griffe et les manchons. La solution est injectée au niveau de la soupape de sécurité.

L’installation de ce système nécessite le changement de griffe pour une ApolloIQ et la souscription d’un contrat de trois ans, qui prévoit le remplacement des kits service du système et des manchons trayeurs, ainsi que la fourniture des produits d’hygiène. Le coût d’installation est de l’ordre de 2 000 euros par poste.

Dairy Spares : pas besoin de changer les faisceaux

Airwash Plus, commercialisé depuis 2017 en France, assure les deux fonctions : trempage et désinfection. Un injecteur est inséré sur le tuyau court à lait, après l’avoir sectionné. Ce dispositif s’adapte donc sur tout modèle de salle de traite sans changement des faisceaux trayeurs. Il est commandé par le décrochage. « Nous utilisons le signal de coupure du vide avec une temporisation pour lancer le cycle de trempage, très court (1,5 seconde), explique Michel Nunzi, chef produit. Le produit de trempage, poussé par de l’air comprimé, est pulvérisé en direction du sphincter. Nous utilisons une dose très faible de produit (1 ml/trayon), suffisante pour couvrir le trayon sur une hauteur de 1,5 cm. » Quand la griffe est libérée, cinq cycles de désinfection se succèdent.

Ce système est décliné en trois versions. La plus sophistiquée (Gold) effectue en plus la désinfection du tube à lait et de la griffe, ainsi qu’un rinçage final à l’eau claire. Une vanne de coupure pneumatique et un injecteur sont insérés sur le tuyau long à lait. « À peine plus chère que les autres, cette version ajoute une sécurité supplémentaire pour se prémunir de tout risque de résidus de produits de trempage », affirme Michel Nunzi. Le coût de l’Airwash Plus Gold se situe dans une fourchette de 1 500 à 2 500 euros par poste.

4 Dairy Spares : désinfection seule

Dairy Spares propose aussi un système plus ancien (Airwash), qui ne fait que la désinfection des manchons trayeurs. Il utilise le même injecteur que l’Airwash plus. Selon le type de salle de traite, il est commandé soit par le portail de sortie des vaches (double équipement) soit, poste par poste, par une carte électronique (salle de traite simple équipement ou rotative), qui lance le cycle de lavage au signal du décrochage. Le coût de l’Airwash désinfection se situe dans une fourchette de 600 à 1 000 euros par poste équipé.

5 Fabdec : désinfection du faisceau trayeur

Le Cluster Purge Plus du constructeur allemand Fabdec commercialise un système qui désinfecte le tuyau long à lait, la griffe et les manchons trayeurs. Il est connecté sur le tuyau long à lait et s’adapte à tout équipement de traite. Dans les salles de traite à double équipement, le lancement du cycle de lavage est commandé manuellement, stalle par stalle, mais il est possible d’installer un commutateur sur les portes de sorties. Dans les installations avec simple équipement, la commande est automatisée, poste par poste, en lien avec le décrochage.

« Notre système est indépendant de la salle de traite, explique Karl Pape, contact commercial pour la France. Chaque poste est équipé d’une carte électronique et d’un détecteur de vide. On ne prend pas le signal directement. Cela facilite l’installation dans les salles de traite anciennes. » Le cycle de nettoyage démarre par un pré-rinçage à l’eau claire, suivi de la solution désinfectante, puis d’un rinçage final, en alternance avec de l’air comprimé. Le prix de cet équipement, installé par les concessionnaires de salle de traite, n’est pas annoncé.

6 Hypred : des automates avec intervention manuelle

Des alternatives moins coûteuses aux systèmes entièrement automatisés sont proposées par Hypred. Elles facilitent l’application des produits de trempage et la désinfection mais nécessitent une intervention manuelle. Les deux automates se présentent sous forme de descentes spiralées se terminant par un pistolet spécifique pour appliquer le produit de trempage (Quick Spray System) ou la solution désinfectante (Perfo Dose).

Le premier fonctionne sur le vide de la machine à traire. Une pompe va puiser le produit dans le bidon entreposé dans la laiterie. Le trayeur positionne le pistolet sous la mamelle et pulvérise le produit en faisant un mouvement circulaire. L’automate de désinfection fonctionne avec une pompe doseuse installée dans la laiterie. Elle effectue le mélange à la concentration de 1 % et amène la solution désinfectante jusqu’à la salle de traite. Le trayeur effectue la pulvérisation pendant une à deux secondes à l’intérieur du manchon avec un applicateur s’emboîtant sur le gobelet. « Pour que le produit soit efficace, il faut respecter un temps d’attente de deux minutes », précise Aurore Morazin, chef produit. Le kit de trempage (avec trois descentes) est vendu 500 euros. Pour la désinfection, il faut compter 1 200 euros. Il existe aussi un kit d’application de la mousse à l’air comprimé (1 000 euros).

 
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