Aller au contenu principal

L'arrêt du lait fragilise les exploitations

Cerfrance Calvados a réalisé une simulation d'arrêt de la production laitière pour se spécialiser en grandes cultures. L'EBE baisse. La marge de sécurité peut rester satisfaisante si le contexte grandes cultures reste durablement favorable.

Les arrêts de gros quotas laitiers gagnent les régions laitières.
Les arrêts de gros quotas laitiers gagnent les régions laitières.
© C. Pruilh

«Et si j'arrêtais le lait ? » est la question du moment posée au conseiller de gestion. Les motivations sont souvent autres qu'économiques : résoudre un problème de maind'oeuvre suite au départ d'associés, s'exonérer de contraintes administratives (conditionnalité, directive nitrates...), lever l'astreinte journalière.

« Les structures qui projettent d'arrêter sont plutôt de grande taille. Elles ont une surface labourable suffisante pour se poser la question. Alors que jusqu'à présent les arrêts de gros quotas ne concernaient que les zones intermédiaires, ils touchent aujourd'hui aussi les bassins laitiers. En cause, un vrai décalage de rentabilité (revenu brut, revenu ramené au temps de travail, revenu ramené aux engagements financiers) entre les grandes cultures et le lait. Personne ne sait dire si cette situation sera durable ou non. Certains font le pari que oui », brosse Alain Le Boulanger, économiste au Cerfrance Normandie Maine.

Le fait qu'il n'y ait plus d'aide couplée à la production laitière, et que la volatilité du prix du lait et des intrants se soit renforcée, est défavorable au maintien du lait. Le lait a longtemps été synonyme de revenu régulier et stable. Ce n'est plus le cas.

Les gros arrêts gagnent les régions laitières


Le Cerfrance Calvados a réalisé une simulation sur deux cas types inspirés de cas réels. Pour ces deux exemples, la mise aux normes est remboursée et le niveau d'endettement est limité. « La situation financière de départ est en effet déterminante pour supporter la baisse d'EBE qui découle de l'arrêt de la production laitière », souligne Baptiste Fos, conseiller de gestion au Cerfance Calvados.
Le fait que la rentabilité de l'atelier lait soit moyenne dans les deux cas a également toute son importance. Et dans tous les cas, l'arrêt du lait est un pari sur de bons prix durables en grandes cultures, avec peu de mauvaises années.

Au vu des simulations, « il paraît plus facile d'arrêter le lait à l'approche de la retraite qu'au moment d'un départ d'associé, car il faut alors financer la reprise des parts sociales dans un contexte de baisse de l'EBE », conclut Baptiste Fos. Il met en garde : « La spécialisation fragilise l'exploitation face à un retournement des marchés grandes cultures. » Au-delà de l'analyse économique « c'est le contexte propre à chaque exploitation (familial, motivations, relations laiterie...) qui pèsera dans la décision finale. L'analyse doit donc se faire au cas par cas. »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Dans le Cantal, une récolte de seigle forestier dans une vieille prairies de dactyle. © V. Vigier
Dans le Cantal, 1 400 hectares de méteil semé dans des prairies vivantes
Le sursemis de méteil permet de régénérer des prairies dégradées sans les retourner. Retour d'expérience.
Olivier Thibault. « J’ai fait le choix du maïs grain humide pour limiter aussi la dépendance au concentré énergétique. » © E. Bignon
Prix du soja : « Je limite l’achat de correcteur en complémentant les vaches en acides aminés »
L’EARL de la Grandinière, en Mayenne, n’a pas attendu la flambée du prix des matières premières pour chercher des leviers de…
Maïs après destruction de prairie par une succession de passage d’outils de travail du sol. © Arvalis
Détruire une prairie sans labour ni glyphosate, c'est possible
Une enquête menée dans le cadre du projet Praigly auprès de dix fermes montre que des solutions mécaniques existent pour détruire…
La réduction du correcteur azoté de la ration est possible grâce à un meilleur équilibre en acides aminés et la prise en compte de la vitesse de dégradabilité des sources azotées. © E. Bignon
Prix du soja : Six leviers pour réduire le correcteur azoté
Comment faire face à la flambée du prix du tourteau de soja à plus de 400 €/t ? Avant de chercher à optimiser le prix d’achat du…
Vincent Philippeau, François Giard et Alain Philippeau, les trois associés. « Nous voulons continuer à faire pâturer nos vaches tout en maintenant un bon niveau de production pour ne pas devoir investir dans un nouveau bâtiment. » © F. Mechekour
[Élevage laitier] « Notre exploitation a des atouts pour attirer des jeunes »
Au Gaec Philippeau, dans le Maine-et-Loire, le chiffre trois s’applique au nombre d’associés, d’ateliers, de semaines de congés…
Le coût alimentaire du système plus pâturant est inférieur de 21 €/1 000 l, surtout grâce à la maîtrise du coût de concentré. © V. Brocard
À la ferme expérimentale de Trévarez : +50 000 euros en cinq ans pour le système plus pâturant
50 000 euros de revenu en plus en cumul sur cinq ans et des bilans azote et carbone un peu plus favorables pour le système plus…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière