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L'ammoniac, un sujet très « chaud » chez nos voisins européens

Entre 2014 et 2017, les émissions d'ammoniac d'origine agricole ont augmenté de 2,5 % en Europe, après une baisse de 24 % entre 1990 et le début des années 2010. 

En Irlande, avec la croissance du cheptel bovin laitier et du rendement laitier par vache, les rejets azotés augmentent et la qualité de l'eau commence à inquiéter, notamment au sud de l'île. Les émissions d'ammoniac étaient de plus de 8 % supérieures en 2018 par rapport à 1990, selon l'Agence de protection de l'environnement. « Ils semblent en mauvaise posture pour respecter leur plafond d'émission fixé par la directive NEC », estime Sylvain Foray, de l'Institut de l'élevage.

Aux Pays-Bas et au Danemark, des réductions importantes d'émissions (-68 % et -44 % respectivement) ont été obtenues entre 1990 et 2010 grâce aux couvertures de fosses et aux chantiers d'épandage moins émissifs (pendillards, injection), et à une baisse des effectifs, tous élevages confondus. Mais aux Pays-Bas, les émissions d'ammoniac d'origine agricole étaient en 2015 les plus élevées des grands pays laitiers européens, à 60 kg NH3/ha SAU, contre 43 kg en Allemagne, 26 kg au Danemark, 23 kg en France. Elles ont augmenté encore jusqu'en 2017, date de mise en place de leur plan phosphore avec réduction de cheptel bovin. Aujourd'hui, la problématique reste forte. « Le plan néerlandais pour réduire les émissions d'ammoniac prévoit que tout projet (route, habitats, agriculture) doit comporter la mise en œuvre de leviers de baisse des émissions. Le problème d'eutrophisation des eaux en zone Natura 2000 (combinaison de pollutions venant des routes, habitats, agriculture) a conduit, a priori, à bloquer les grands projets », brosse Sylvain Foray.

En Allemagne, le gouvernement est attaqué par une association environnementale pour les programmes mis en place pour réduire la pollution atmosphérique, insuffisants pour atteindre les objectifs de réduction fixés par la directive NEC.

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