Aller au contenu principal

Vaches laitières en chaleurs
L´acceptation du chevauchement n´est pas le seul critère fiable

Une étude récente de l´Inra met l´accent sur de nouveaux comportements utilisables pour caractériser les chaleurs comme l´intérêt porté à la zone arrière d´une autre vache...


Les vaches de la station Inra de Méjusseaume, en Ille-et-Vilaine, ont participé à leur insu à une version bovine de « Loft story », selon les propres termes de Jean-Michel Philipot, responsable reproduction à l´Urcéo ! En effet, pendant la durée de stabulation hivernale, six caméras ont filmé 24 heures sur 24 leurs moindres faits et gestes.

Des difficultés pour observer les chaleurs
Plus sérieusement, l´objectif de cette étude réalisée par l´Inra et ses partenaires(1) était de réactualiser nos connaissances sur le comportement des vaches en période optimale de mise à la reproduction, c´est-à-dire entre 50 et 70 jours après le vêlage.
En effet, « les éleveurs sont nombreux à rencontrer des difficultés à observer les chaleurs sur leurs vaches alors qu´elles sont pour la plupart cyclées », a expliqué Jean-Michel Philipot, lors de la journée départementale de la reproduction des vaches laitières organisée par les organismes professionnels du Finistère(2).
Les caméras ont permis de constater que 16 % (7/44) des vaches normalement cyclées et en période de chaleurs (très peu de progestérone dans le sang) n´ont pas changé de comportement. Ce sont les chaleurs dites silencieuses.
Plus de la moitié (59 %) ont été chevauchées et ont présenté des comportements sexuels actifs (chevauchement d´une autre vache, intérêt porté à la région arrière.).
Un quart des vaches cyclées et en chaleurs n´ont pas été chevauchées. Mais ces animaux ont exprimé un comportement sexuel actif : chevauchement d´une autre vache, pose du menton sur la croupe, reniflage ou léchage de la vulve.
©F. Mechekour


Un tiers des vaches ont un profil hormonal anormal
Conclusion de Jean-Michel Philipot : « Les signes de changement de comportement et notamment l´intérêt porté à la zone arrière d´une autre vache doivent maintenant être pris en considération. »
Cette conclusion est d´autant plus la bienvenue que les 26 vaches qui ont accepté le chevauchement l´ont en moyenne accepté 8 fois par chaleurs, et que la durée de chaque chevauchement n´a été en moyenne que de 6 secondes ! Pour peu que le phénomène intervienne la nuit...
A contrario, si la durée de l´intérêt porté pour la zone arrière d´autres vaches n´est pas vraiment plus longue (8 secondes), le phénomène s´est répété en moyenne 58 fois en 15 heures soit 4 à 5 fois par heure. La probabilité d´être là au bon moment est donc nettement plus élevée.
Malheureusement, nous ne sommes pas au bout de nos peines pour autant. En effet, ces résultats ne concernaient que les vaches normalement cyclées. Or, cette étude a également montré qu´un tiers des vaches présentait un profil hormonal (dosage de la progestérone) anormal.

Cette proportion minimise d´ailleurs le phénomène puisque les vaches ayant une métrite ou ayant fait l´objet d´un traitement à base de prostaglandines ont été écartées de l´étude.
Or, « lorsque le profil hormonal est anormal, les vaches sont plus difficiles à détecter en chaleurs entre 50 et 70 jours après le vêlage », a souligné Arnault Gatignon, responsable des inséminateurs au CIA de Plounévézel. En effet, sur les 35 % de vaches non observées en chaleurs, plus de la moitié présentait un profil hormonal anormal contre seulement un quart pour les vaches « à profil normal ».
Et comme un malheur n´arrive jamais seul, il s´avère que même lorsque ces vaches à cycles anormaux sont détectées en chaleurs, « leur résultat de reproduction n´est pas bon ». Le taux de réussite en première insémination a été de 33 % contre 60 % pour le groupe des vaches à bon profil hormonal.
Le déficit énergétique en début de lactation est le grand responsable de cette situation. « Les vaches cyclées anormalement et les vaches non cyclées à 50 jours ont maigri plus que les autres en début de lactation. »

(1) Urcéo, Ensar et les EDE de Bretagne.
(2) EDE, contrôle laitier, la coopérative d´insémination artificielle et le GDS du Finistère.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Jean-Baptiste Decheppe. "Avant, on distribuait la ration le matin. Le problème, c'est que quand arrivait le soir, non seulement la ration était déconcentrée car les vaches avaient trié toute la journée, et en plus elles n’avaient pas forcément toujours suffisamment à manger durant la nuit. " © DR
« En distribuant la ration le soir, les bouses sont beaucoup plus homogènes »
Distribuer la ration le soir a eu un impact positif sur le troupeau. Jean-Baptiste Decheppe, éleveur dans le sud de la Meuse, en…
Ludovic Ménoret préfère se concentrer sur la production de lait plutôt que sur les cultures. © V. Bargain
« Seul sur mon exploitation laitière, je délègue tous les travaux de culture »
Installé en 2016, Ludovic Ménoret a choisi de déléguer presque tous les travaux des champs. Un fonctionnement qui permet de…
Les quatre associés du Gaec des Sources. « L’empreinte carbone nous servira d’indicateur dans l’amélioration de nos pratiques. » © E. Bignon
"Notre exploitation laitière va vendre des crédits carbone"
Commercialiser leur réduction d’émission de gaz à effet de serre sur le marché volontaire des crédits carbone : c’est ce que le…
400 vaches mortes : les éleveurs laitiers victimes des éoliennes attendent un ultime rapport
En Loire-Atlantique, deux élevages accusent les éoliennes toutes proches d’entraîner de graves troubles sur leurs animaux. Une…
Les quatre associés du Gaec Ferme du plateau. © B. Griffoul
Changement climatique : Un bâtiment pour 120 vaches poreux sur toutes ses faces
Au Gaec Ferme du plateau, dans la Loire, toutes les façades de la stabulation, située sur un site venté, laissent passer l’air et…
Jonathan Karcher, Gilles Urban et Gaëtan Karcher, associés du Gaec Hohrain depuis 2016. © C. Reibel
« Le lait de pâturage est un plus pour le bien-être de nos animaux comme pour nous »
Au Gaec Hohrain, à Mietesheim dans le nord du Bas-Rhin, Gilles Urban, Jonathan et Gaëtan Karcher ont saisi au bond en 2017 la…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière