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« La Holstein française pâtit d’un déficit d’image claire » estime Alain Hogge

Pour Alain Hogge, directeur commercial et marketing de l’AWE et juge de renommée internationale, la génétique française est de très bonne qualité, mais doit renforcer son image pour s’imposer sur le marché mondial.

Alain Hogge, de l’association belge AWE. « Nous avons cinq taureaux français dans le top 10 de nos ventes, et pourtant on ne se retourne pas spontanément vers 
la Prim’Holstein quand on pense à un critère précis. »
Alain Hogge, de l’association belge AWE. « Nous avons cinq taureaux français dans le top 10 de nos ventes, et pourtant on ne se retourne pas spontanément vers
la Prim’Holstein quand on pense à un critère précis. »
© F. Mechekour

. Qu’est-ce que l’Association wallonne de l’élevage ?


Alain Hogge - « En Belgique, l’activité génétique est partagée en deux, avec d’un côté la Flandre qui travaille avec les Pays-Bas (CRV) et de l’autre la Wallonie qui a sa propre association : l’AWE. Celle-ci, née il y a 10 ans, se compose de deux entités. L’une gère tous les services tels que l’identification, le contrôle de performance (73 000 vaches au contrôle laitier)… et l’autre s’occupe de l’activité commerciale,  de la production de semence en race Blanc Bleu Belge destinée à la race pure et au croisement industriel, de l’achat de doses de taureaux en race laitière à l’étranger, du transfert d’embryons… En Wallonie, nous n’avons pas de programme de sélection en race laitière. Mais grâce à la sélection génomique, nous proposons à nos adhérents pour la première fois cette année cinq taureaux Holstein (dont un Red Holstein) nés dans des élevages wallons et génotypés. Bien qu’elle séduise nos adhérents, cette activité restera marginale parce que les éleveurs wallons veulent conserver la liberté d’acheter des doses de semences de taureaux à l’étranger via l’AWE. »


. Combien de doses de semences holstein importez-vous ?


A. H. - « Nous importons environ 165 000 doses de semences de taureaux holstein par an auprès d’environ dix-huit distributeurs étrangers. La France, l’Allemagne, ABS (aux USA), les Pays-Bas, l’Italie et le Canada sont nos plus gros fournisseurs. Tout dépend des meilleures sorties de taureaux. Nous proposons entre cent et cent vingt taureaux holstein différents sur nos cartes à taureaux, qui sont renouvelées à chaque indexation. »


. Que pensez-vous de la génétique française ?


A. H. - « Il y a cinq taureaux français dans le top 10 des taureaux holstein les plus vendus par notre association depuis dix ans. Champion (Canada, 26 604 doses) est le numéro 1, avec seulement une dose de semence de plus que Jocko Besn (26 603). Puis viennent Rouki (18 095), Eaton (18 093), Stol Joc (16 419), Jardin (16 411), Sherman (15 496), Juwel (15 318) Royaume (13 891) et Lonard (13 574). »


. Pourquoi la France a-t-elle du mal à s’imposer à l’export en Holstein ?


A. H. - « Ce problème n’est absolument pas lié à la qualité de la génétique, mais à un déficit d’image claire. Dans le top 10 de nos importations, il y a cinq taureaux français, et pourtant on ne peut pas qualifier la génétique française par une image, un style… Par exemple, quand on pense concours ou morphologie, on pense Canada. Si l’on recherche des taureaux complets, on pense à l’Allemagne. Si vous recherchez des fonctionnels, vous vous retournez vers les pays scandinaves (Viking Genetics). Pour les taux et les fonctionnels, ce sont les Pays-Bas. L’Italie avec Semenzoo a su se forger une image avec « l’Italian Style ». Mais pour la France, il y a un vrai problème d’image. Par ailleurs, pour les étrangers c’est très difficile de s’y retrouver dans l’organisation française. Il y a les organismes de sélection, les entreprises de sélection, les coopératives de base. Et beaucoup de structures changent de nom avec les restructurations. L’Uneco a disparu puis Créavia suite à la création d’Evolution… cela ne facilite pas l’exportation des taureaux français. »

 

. Quelle(s) solution(s) proposez-vous ?


A. H. - « Difficile à dire. Il faudrait que la France travaille son image. C’est un problème de marketing, de communication. À une époque, Semex rassemblait des coopératives qui étaient concurrentes au Canada mais qui parlaient toutes d’une seule voix à l’export. »

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