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La ferme des 1000 vaches en ordre de marche

Dans la Somme, les associés de la ferme des 1 000 vaches ont ouvert les portes du chantier aux journalistes mi-juin. Une opération de communication pour répondre aux critiques.

LE BÂTIMENT EST LUMINEUX et long de 234 mètres
sur 37 mètres de large. Il compte 954 logettes
creuses sur 25 centimètres de paille.
LE BÂTIMENT EST LUMINEUX et long de 234 mètres
sur 37 mètres de large. Il compte 954 logettes
creuses sur 25 centimètres de paille.
© E. Bignon

Si vous passez au nord d’Abbeville, vous ne pouvez pas le manquer. Situé au milieu de la plaine, le chantier de la plus grosse ferme laitière française, initiée par Michel Ramery ex-entrepreneur en BTP, continue d’avancer malgré les multiples actions de ses opposants. Mi-juin, la stabulation des laitières était quasiment achevée.

Il est probable que les vaches, 500 laitières dans un premier temps, investissent les lieux cet automne. « Le Préfet nous a accordé une autorisation d’exploiter limitée à 500 vaches mais nous disposons d’un permis de construire pour 1 000 », rappelle Michel Welter, en charge du projet en précisant qu’« une nouvelle demande d’autorisation sera certainement déposée d’ici la fin de l’année ».

Le facteur limitant porte sur la surface d’épandage nécessaire. Le plan d’épandage repose sur 1500 hectares mais « potentiellement nous disposons des 3000 hectares nécessaires. Les céréaliers autour de la ferme sont preneurs du digestat issu du méthaniseur de 1,5 mégawatt couplé au projet ». Celui-ci ne devrait pas sortir de terre avant l’année prochaine.

S’associer pour poursuivre la production laitière

Tout au long de la visite, Michel Welter s’est évertué à démontrer à la dizaine de journalistes présents que tout a été pensé « pour le bien-être des vaches et des hommes ». Lumineux, le bâtiment est long de 234 mètres sur 37 mètres de large. Il compte 954 logettes creuses sur 25 centimètres de paille équipées de tubes de séparation flexibles en plastique et de barres au garrot escamotables pour un meilleur confort de couchage.

Réparties en six lots, les vaches seront conduites en zéro pâturage. La ventilation du bâtiment sera assurée d’abord par l’orientation, et la forte pente des toitures (45°) et la présence de filets brise-vents sur les deux longueurs (commandés par une station météo). Tout semble avoir été bien étudié, jusqu’à l’absence de culs-de-sac, des couloirs interlogettes larges, des points d’eau tous les 30 mètres, et une aire paillée pour les vaches fragiles…

L’objectif de la visite était également de montrer que derrière ce projet, il y a des hommes. Trois des six associés regroupés en SCL étaient présents, dont Francis Poiré de Cerisy-Buleux. « Ce n’est pas Michel Ramery qui est venu me chercher, assure-t-il. Si je me suis associé, c’est avant tout pour pérenniser mon exploitation. Travailler seul n’est pas simple. Mon fils prendra ma suite dans la SCL. » Lucie Morgand, à la tête d’une exploitation de 100 vaches et 180 hectares de cultures a, quant à elle, rallié le projet depuis un an. « C’était ça ou l’arrêt du lait. »

Un bâtiment qui vise le bien-être des vaches et des hommes

Moins loquaces sur le financement du projet et la rentabilité attendue, les associés se contentent de répondre qu’« ils espèrent des économies d’échelle ». Face aux critiques de la Confédération paysanne qui dénonce un projet où « le lait va devenir un sous-produit de la méthanisation », Michel Welter réplique que « le méthaniseur sera là avant tout pour traiter nos propres déchets. Il sera alimenté en immense majorité par les bouses et pissats, les refus d’alimentation, et les intercultures ». Nulle mention de boues de station d’épuration.

Si certains soutiennent ce projet, d’autres le fustigent. Au-delà du fond, c’est la méthode qui déplaît, le mode de gouvernance et l’apport de capitaux extérieurs. Depuis le début, la concertation et la communication ne sont certainement pas ses points forts.

Des vaches traites trois fois par jour

Les 500 vaches produiront 4,5 millions de litres, et, à terme, l’objectif est d’atteindre les 10 millions de litres avec 1000 vaches. « Cela nécessitera 350 hectares de cultures fourragères, dont 80 à 100 hectares de luzerne et le reste en maïs ensilage. » Le roto de 50 places à plancher mobile assurera la traite de 300 vaches à l’heure et tournera en continu. Quinze employés travailleront sur la partie élevage. Aujourd’hui, les six associés de la SCL Lait Pis Carde produisent 3,8 millions de litres vec 330 vaches. Un contrat les lie à Sénégral. « Demain, avec l’arrivée de nouveaux associés, rien n’exclut d’engager de nouvelles relations commerciales. »

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