Aller au contenu principal

La coopérative allemande DMK serre les boulons

Une mauvaise année et le départ annoncé de centaines de producteurs poussent DMK à se restructurer.

En 2016, DMK a transformé 7,3 milliards de litres sur seize sites en Allemagne et deux aux Pays-Bas.
© DMK

En 2016, DMK a raté son objectif de payer le lait de ses adhérents à un prix compétitif. » L’aveu d’Ingo Müller, président de DMK à l’assemblée générale de la coopérative le 22 juin à Brême, correspond à un chiffre : 252 €/1 000 l (à 41/34) prime de bien-être animal de 7,90 € incluse. Le numéro un allemand a ainsi payé 15 € de moins sur l’année que la moyenne des laiteries allemandes. La difficulté de DMK de faire au moins aussi bien que la concurrence explique que beaucoup d’éleveurs aient décidé de faire jouer leur préavis. Une première vague de départs correspondant à 500 millions de litres est annoncée au 1er janvier 2018. DMK ne pense pas pouvoir les retenir. La fromagerie de Barmstedt, au nord de Hambourg, BMI en Saxe-Anhalt et Hochland dans le sud du bassin de collecte de DMK ont investi dans une extension de leurs capacités en vue de traiter une grande partie de ce volume. L’entreprise a intégré le choix de ces mécontents en décidant de fermer deux sites, une fromagerie et une unité de produits UHT. Elle arrête un atelier de conditionnement et a résilié pour 2018 un contrat de fabrication d’une spécialité de pâte molle avec un tiers qui lui occasionnait une perte de 2 millions d’euros par an. Au passage, DMK s’allège de 270 salariés.

Préavis de 2 ou de 24 mois

Pour DMK, le temps presse. Entre 2015 et 2016, la coopérative a perdu par cessation d’exploiter ou départs 749 éleveurs sur 8 600. Pour stopper l’hémorragie, elle donne à présent le choix de la durée de préavis à chaque adhérent : douze ou vingt-quatre mois, avec cependant la fin de l’obligation de collecte si la première option est retenue… Elle revoit son organisation interne, prend ses dépenses à la loupe, table sur une meilleure prévision de ses apports, une simplification de son portefeuille de marques. Le tout doit contribuer à améliorer son résultat. En 2016, il s’est contenté de 13,5 millions d’euros pour un chiffre d’affaires gonflé de 500 millions d’euros à 5,1 milliards grâce à sa fusion avec le Néerlandais Doc Kaas. Pour juillet, DMK annonce un prix du lait de 360 €/1 000 l « permis par l’amélioration de la conjoncture sur le marché mondial ».

Tous ces signaux s’adressent à la seconde vague d’éleveurs qui s’apprêtent à quitter le navire en janvier 2019 avec 1,2 milliard de litres dans leurs tanks. DMK continue de discuter avec eux pour les convaincre de revenir sur leur décision… L’hypothèse que ces éleveurs se regroupent pour finalement continuer à vendre contractuellement leur lait à DMK ne semble pas avérée. Les responsables de la laiterie ont déjà dit qu’ils ne rediscuteraient pas avec ces livreurs s’ils souhaitaient revenir par une autre porte… Où ce lait ira-t-il s’il quitte en définitive DMK ? La question reste entière.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Jérôme et Céline Humbert et leurs trois filles Florine, Alix et Olympe. « Notre vie privée et notre vie professionnelle ne sont pas séparées, et cela nous convient bien. » © A. Conté
Le choix de Céline d’abandonner son métier d’institutrice pour les vaches laitières est payant !
En Meurthe-et-Moselle, Céline et Jérôme Humbert ont réussi à mettre en place un système robotisé qui leur permet de produire à…
Florent Charpentier. « J’ai vu rapidement des résultats palpables en gérant mieux les vaches taries. » © F. Charpentier
Vaches taries : « Même des choses simples m’ont permis vite de progresser »
En Meurthe-et-Moselle, Florent Charpentier a adopté de nouvelles pratiques pour ses vaches taries depuis quelques mois, sans gros…
Remise symbolique des primes 2020 aux éleveurs laitiers Merci!  © Agromousquetaires
Les éleveurs laitiers Merci ! ont touché une prime de plus de 1,9 million d'euros
Intermarché et Agromousquetaires ont annoncé avoir versé pour l'année 2020 une prime de 1,8 million d'euros aux 257 éleveurs…
La technologie de Zelp est encore en test dans les centres de recherche de Cargill notamment.  © Zelp
Un "masque" pour réduire les émissions de méthane des vaches
C'est plutôt un licol que Cargill et Zelp développent, avec une technologie d'oxydation du méthane rejeté lors de l'expiration…
Les vaches taries sont logées dans des logettes larges de 1,25 m et disposent d’un abreuvoir de 2 m de large. Les pH urinaires sont dans les clous. © SCEA de Virly
« Foin et concentrés au menu de la préparation au vêlage de nos 160 laitières »
À la SCEA de Virly, dans l’Indre, les hautes productrices reçoivent désormais, trois semaines avant vêlage, une ration sèche à…
[Contenu Partenaire] Fullwood Packo : 200 vaches, 10 postes de traite et toutes les options
Pour ses 190 à 220 vaches à la traite, le Gaec des Cariolets (44) a opté pour une salle de traite QR 2 x 10 Fullwood Packo. Un…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière