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La collecte européenne pourrait peu progresser en 2018

L'année 2018 pourrait ressembler à 2017, avec du beurre cher et un marché de la poudre plombé par d'énormes stocks.

La sécheresse en Nouvelle-Zélande donne un petit espoir pour les cours de la poudre de lait.
© I. Pailler

Au jour où nous mettions sous presse, le 19 janvier 2017, le prix des nouveaux contrats de beurre remontait à 4200 euros/t (cotation Atla), après avoir baissé de 6800 euros en septembre 2017 à 4100 euros/t début janvier 2018. "Le beurre semble avoir atteint un plancher, indique Gérard Calbrix, économiste à Atla. Les acheteurs qui attendaient que les prix baissent encore vont sans doute se remettre aux achats. Le pic de collecte printanier permettra de faire des stocks, mais sans doute insuffisamment pour honorer la demande sur le reste de l'année. On risque de revivre une forte tension sur le marché de la matière grasse, comme en 2017."

Le prix de la poudre de lait écrémé avait encore un peu baissé le 17 janvier dernier, à 1375 €/t. La demande est dynamique mais l'offre toujours abondante et les stocks européens et américains sont toujours très élevés : plus de 400 000 tonnes en UE (stocks public et privé) et 150 000 t aux USA (source Idele). Les USA sont compétitifs grâce à une parité euro-dollar qui favorise leurs exportations. Le Canada concurrence aussi l'UE sur le marché des poudres, grâce à leur classe 7 de prix (lire Réussir Lait de novembre 2017, n° 318, p. 14). Les cours pourraient encore baisser. "La dernière adjudication de la Commission (mi-janvier) s'est conclue à 1190 €/t pour 1864 tonnes", livre Gérard Calbrix. Les stocks continuent de vieillir. L'UE parviendra-t-elle un jour à tout vendre, ou faudra-t-il détruire une partie du stock ?

La collecte de Nouvelle-Zélande pâtit de la sécheresse

"Une hausse du prix de la poudre serait possible à la fin du semestre, si la collecte baisse encore beaucoup en Nouvelle-Zélande", pointe l'économiste. L'Océanie connaît une sécheresse qui affecte notamment la collecte néo-zélandaise. Fonterra, qui tablait l'an dernier sur une hausse de +1% sur cette campagne (juin 2017 à juin 2018) a revu sa prévision à -3% ! Cette annonce a eu pour effet de faire remonter les cours des poudres et du beurre.

La collecte européenne est dynamique. L'Institut de l'élevage estime qu'elle progresserait de 1,4% en 2017 par rapport à 2016, à 154,7 millions de tonnes. Mais "les laiteries du nord de l'Europe commencent à chercher à cadrer les volumes livrés par les producteurs. La collecte européenne ne fera sans doute pas un bond en 2018", indique Gérard Calbrix. Le prix du lait commence à baisser chez nos voisins nordiques. FrieslandCampina a annoncé une baisse de 40 €/t en janvier par rapport à décembre pour atteindre 375 € de prix garanti. Le prix du lait des pays du Nord de l'Europe devrait poursuivre sa chute sur le premier semestre.

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