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La collecte européenne en net repli

Les prévisions pour la fin de l'année de la collecte européenne sont à la baisse, ce qui favorisera la poursuite du rééquilibrage des marchés.

Au jour où nous mettions sous presse (21 septembre), beaucoup d'opérateurs de la filière laitière parlait de "signaux positifs" et de "sortie de crise" ! La hausse des cotations, encore fragile pour la poudre, est significative et continue pour le beurre. Une situation qui permet d'espérer une remontée prochaine du prix B. Pour le prix A, la formule de calcul des indicateurs (trimestrielle) conduit en France mécaniquement à un décalage dans le temps. "Il faudra aussi attendre les négociations avec la grande distribution", souffle un administrateur Sodiaal.

La baisse de la collecte européenne joue en faveur du rééquilibrage des marchés. "En juin, la collecte cumulée des cinq grands exportateurs mondiaux (Argentine, Australie, Nouvelle-Zélande, USA, Union européenne) est repassée sous son niveau de 2015. Seuls les États-Unis ont une collecte en progression (+1,5% en juin)", détaille l'Institut de l'élevage.

Des cessations importantes en Allemagne

Sur le mois de juin, la collecte européenne a fléchi de 2% par rapport à juin 2015. Elle a reflué partout sauf en Irlande (+4%), aux Pays-Bas (+4,8%) et au Danemark (+1%). Au mois de juillet, la baisse de la collecte (estimation à -1,2%) est moins forte. Pour la première fois de l'année, le Danemark affiche une légère baisse (-0,3%). Le Royaume-Uni décroche nettement (-8,3%). La collecte française était stable en juillet (+0,2%). Mais les dernières statistiques de FranceAgriMer montrent une baisse nette de la collecte sur août et début septembre.

"On peut penser qu'en août et septembre, la baisse de la collecte européenne s'accentue. La sécheresse a touché plusieurs pays européens et le prix du lait reste très faible", indique Gérard Calbrix, économiste à Atla. "En Allemagne, le rythme des réformes laitières est très élevé. Les agrandissements d'ateliers sont ralentis. Les cessations laitières, ralenties en 2014 et 2015, sont probablement plus nombreuses. Et elles ne sont pas compensées par les éleveurs en croissance", analyse l'Institut de l'élevage. Aux Pays-Bas, en fin d'année, de nombreux éleveurs devraient réduire leur cheptel pour se mettre en conformité avec la nouvelle réglementation sur les phosphates, qui entre en application début 2017. "La collecte européenne pourrait fortement refluer au second semestre, entre 2 et 3% rapport à 2015, voire davantage si le plan européen d'aide à la réduction des livraisons connaît un succès", estime l'Institut de l'élevage.

Un possible faible impact du plan de réduction des livraisons

Ce plan est financé par l'Union européenne avec une enveloppe de 150 millions d'euros, pour verser, aux producteurs qui en font la demande, 14 c/kg de lait non livré sur une période de trois mois (octobre à décembre 2016 pour la première échéance de demande d'aide), comparativement à la même période de l'année précédente. La baisse de livraison doit atteindre au moins 1500 kg sur les trois mois et elle ne doit pas excéder 50% du volume de référence. Certains pays comme la France et la Belgique, ont choisi de renforcer l'attractivité du dispositif. En France, l'aide sera de 24 c/kg de lait pour les premiers 5% de réduction ; au-delà elle sera de 14 c.

Ce plan européen sera surtout une aubaine pour les élevages qui sont déjà en retrait par rapport à 2015, à cause du déficit fourrager et des réformes laitières. Il pourra en plus inciter des éleveurs à anticiper un projet de cessation laitière. "En ce qui concerne la France, avant même l’annonce de ce plan, la prévision de collecte pour la période de septembre à décembre, était de 3% inférieure à celle de 2015", annonçait l’Institut de l’élevage à la mi-septembre. Comme le dispositif français est assez incitatif, il est susceptible d’accentuer le mouvement de baisse de la collecte laitière.

Le prix du lait remonte chez nos voisins

Pour le mois de septembre, FrieslandCampina a annoncé une hausse du prix du lait de 12 €/t de lait (soit 254 €/t ) . DMK a aussi annoncé une hausse de prix. Arla affiche aussi +12 €/t (soit 257 €/t)pour septembre (source LTO(1)).

"En Allemagne, les transformateurs sont en train de négocier avec la distribution pour passer des hausses de tarifs. Le prix du lait devrait donc remonter les mois suivants", indique Gérard Calbrix, économiste à Atla. 

(1) prix HTVA ramené à 4,2%MG et 3,4%MAT

En savoir plus

Toutes les informations sur l'aide individuelle à la réduction des livraisons laitières, et l'opportunité de la demander sur  notre site internet http://lait.reussir.fr

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