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La chicorée augmente la production de lait

La chicorée en mélange étant difficile à gérer en été du fait d’une montée à tige rapide, l’idée serait de l’utiliser en pur, avec un rythme de pâturage rapide.

La chicorée en mélange étant difficile à gérer en été du fait d’une montée à tige rapide, l’idée serait de l’utiliser en pur, avec 
un rythme de pâturage rapide.
La chicorée en mélange étant difficile à gérer en été du fait d’une montée à tige rapide, l’idée serait de l’utiliser en pur, avec
un rythme de pâturage rapide.
© DR

Dans le cadre du projet européen Multisward, qui teste l’intérêt de multiplier le nombre d’espèces dans les prairies pour augmenter leur résistance aux aléas climatiques, une expérimentation a été conduite pour déterminer l’intérêt de la chicorée dans les prairies. « L’idée était que des espèces comme la chicorée ou la fétuque peuvent augmenter la résistance à la sécheresse et permettre ainsi de produire plus d’herbe en été et de nourrir plus de vaches au pâturage », explique Rémy Delagarde, de l’Inra de Rennes. L’essai a été mené pendant deux ans, de septembre 2011 à août 2013, sur huit hectares. Quatre types de prairies ont été étudiés : des prairies sans chicorée (ray-grass anglais et ray-grass anglais - trèfle blanc-trèfle violet) et des prairies avec chicorée (ray-grass anglais - trèfle blanc- trèfle violet-chicorée +/- fétuque). La valorisation s’est faite uniquement par le pâturage de quatre lots de dix vaches laitières ayant une production moyenne à l’année de 18,1 kg de lait par vache et par jour, sans complémentation.


Davantage d’ingestion sur les prairies avec chicorée


Contrairement aux idées de départ, l’essai n’a pas permis de montrer que la chicorée augmente la production d’herbe par hectare. Le nombre de journées de pâturage par an n’a donc pas varié avec le type de prairies. « Les deux étés 2012 et 2013 n’ont pas été très secs, analyse Rémy Delagarde. Le ray-grass s’est bien comporté et les prairies avec chicorée n’ont donc pas été favorisées. » Ces prairies ont par contre entraîné une ingestion d’herbe supérieure de un kilo par vache et par jour et une production de lait supérieure de un kilo par vache et par jour par rapport aux prairies sans chicorée. Au final, la production laitière par hectare a été améliorée.


La chicorée est plus riche en minéraux et en protéines que les graminées


Selon les chercheurs, cette différence s’explique sans doute par une composition chimique des plantes différente. La chicorée étant beaucoup moins riche en fibres que les graminées, cela favorise la vitesse de digestion dans le rumen. Celui-ci se vidange plus vite et la vache peut donc remanger plus rapidement. « La chicorée a une bonne valeur alimentaire, constate Rémy Delagarde. Elle contient plus de 15 % de minéraux, alors que les graminées et légumineuses n’en contiennent que 10 %. Elle est aussi plus riche en protéines que les graminées. Le problème est qu’elle est difficile à gérer en mélange car elle monte très vite à tiges l’été, durant plusieurs cycles. Une solution, pratiquée déjà dans plusieurs pays, serait de l’utiliser en pur, en complément d’autres parcelles, avec un rythme de pâturage plus rapide en été. » En 2014, l’Inra de Rennes, en collaboration avec l’Inra de Theix, va donc poursuivre ses essais pour notamment étudier plus finement l’ingestion et la digestion de la chicorée. Le fourrage (RGA, RGA–chicorée, RGA-TB) sera apporté en affouragement en vert, avec collecte des fécès, l’idée étant aussi de vérifier si la chicorée, moins riche en fibres que les graminées, permet également de réduire les émissions de méthane.

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