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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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« Je sème une grande diversité de types de couverts »

Le Gaec Chlorophylle, dans l’Aveyron, ne laboure plus et ne laisse plus de sol nu depuis dix ans. Des couverts d’hiver et d’été s’insèrent dans la rotation maïs/céréale et contribuent à nourrir le cheptel.

Jean-Pierre Cavalerie, dans un couvert d’épeautre, vesce, pois et féverole semé à la volée (sauf la féverole). « Avec les couverts végétaux, tous les ans il y a quelque chose de nouveau à gérer. »
© B. Griffoul

« Je n’ai plus attelé de charrue depuis 2008. Et pourtant, j’adorais labourer », raconte Jean-Pierre Cavalerie, éleveur à Naussac. L’idée d’abandonner le labour a germé suite à un violent orage, en 1997, qui a raviné ses terres très sensibles à l’érosion. Après une dizaine d’années de cultures en bandes alternées puis de simplification du travail du sol, le semis direct et les couverts végétaux se sont imposés. Le Gaec Chlorophylle (avec ses deux autres associés, Didier Pouzoulet et Benoît Bouissac,) cultive 200 hectares dont 50 hectares de parcours. Il élève 120 vaches laitières et produit 900 000 litres de lait. L’assolement comprend 15 hectares de céréale (grand épeautre destiné au troupeau), 45 hectares de maïs ensilage et 90 hectares de prairies temporaires, soit à dominante luzerne ou sainfoin soit des mélanges multiespèces. Les surfaces cultivées sont de plus en plus conduites en deux blocs. D’un côté, des prairies pâturées, proches des bâtiments, et régulièrement renouvelées par sursemis avec de trèfles et ray-grass. De l’autre, un grand bloc de cultures annuelles avec une rotation dans laquelle se succèdent deux années de maïs puis une année de céréale. Mais, été comme hiver, les sols sont toujours couverts par des mélanges qui contribuent à l’alimentation du troupeau.

Semer dense et favoriser le tallage par l’azote

 

 
« Il faut prévoir une diversité des types de couverts parce qu’ils ne réagissent jamais pareil selon les années, le temps, la date de semis... et pour pouvoir les réorienter différemment selon les besoins en stocks fourragers », insiste Jean-Pierre Cavalerie. En hiver, les couverts végétaux occupent 60 à 65 hectares. Quelque 15 à 20 hectares sont laissés au sol afin de lui restituer de la matière organique. Les couverts d’hiver sont constitués de trois principaux types de méteils.

 

L’éleveur met aussi l’accent sur deux règles de réussite des couverts : « une forte densité de semis et faire en sorte qu’il talle beaucoup. Donc, mettre de l’azote ». Ce qui n’est pas toujours compatible avec les règles d’épandage du lisier. Pour sa part, il épand à l’automne soit 50 à 60 m3/ha de lisier, soit 30 unités d’azote minéral. Le lisier est apporté après la levée pour ne pas risquer de pénaliser la germination par son acidité. Selon l’état de la culture, début février, il remet la même quantité d’azote (lisier ou minéral). Il fait aussi des pulvérisations foliaires d’eau de mer concentrée dessalée et de microorganismes efficaces (EM), des cocktails de microorganismes qui ont vocation à stimuler la croissance de la plante et sont utilisés aussi sur les animaux, dans le lisier, l’ensilage...

Les couverts d’hiver sont ensilés ou laissés au sol

 

 
Les couverts sont mis en place avec un semoir à céréales (Semeato). Les couverts d’hiver sont généralement semés fin septembre - début octobre, juste après l’ensilage de maïs. Si la parcelle est propre ou envahie seulement de plantes annuelles, un désherbage de post-levée (Prowl 400 à 2,5 l/ha) est effectué pour limiter le pâturin. Si la parcelle est plus sale, l’éleveur applique au préalable du glyphosate à faible dose (0,6 l/ha). L’automne dernier, sur un terrain bien travaillé par la pluie, il a effectué à la volée un semis tardif de couvert à base d’épeautre suivi d’un passage de herse. Une façon de faire plus économe en temps de travail. Les couverts d’été sont semés aussitôt après la moisson ou après une petite pluie.

 

Les couverts d’hiver sont soit ensilés soit laissés au sol. Dans le premier cas, lorsque le méteil est bien développé, il y a peu d’adventices, le pâturin a terminé son cycle et l’épeautre repousse peu. L’éleveur estime qu’il n’y a pas besoin de le détruire. Seule la vesce repousse un peu maïs elle n’est pas vraiment gênante. En revanche, si le méteil n’était pas très couvrant et qu’il s’est sali, il applique du glyphosate (0,6 à 0,8 l/ha). « J’attends que le sol soit bien réchauffé pour semer le maïs et j’accepte que la culture ne soit pas parfaitement propre », ajoute-t-il. Les couverts non récoltés sont roulés (crosskillette) puis traités avec du glyphosate. Tout comme les couverts d’été, qui sont souvent pâturés. Et si le controversé désherbant est interdit ? « J’essaie d’avoir des couverts étouffants et de faire le désherbage du maïs sans glyphosate, mais ce n’est pas toujours évident. Je serai peut-être obligé de remettre davantage de prairies. »

Chiffres clés

SAU 200 ha dont 90 ha de prairies et 60 ha de cultures (céréale, maïs)
Cheptel 120 Prim’Holstein
Production 900 000 l
Main-d’œuvre 3 UMO

Des couverts prêts à l’emploi souvent enrichis

 

 
Le Gaec Chlorophylle achète des mélanges prêts à l’emploi, souvent complétés par d’autre espèces pour leur donner plus de pouvoir couvrant (vesce velue) ou accroître la valeur en protéine (féverole).

 

Le couvert d’hiver le plus précoce est un mélange de seigle forestier (70 %) et vesce velue (30 %), semé à une dose supérieure (70 kg/ha, soit 50 - 60 €/ha) à celle qui est préconisée et dans lequel est rajoutée de la féverole. Si le temps le permet, il est ensilé tôt en saison (avril), sinon il est roulé trois semaine après épiaison (15 mai), avant le semis du maïs.

Le deuxième méteil prêt à l’emploi est composé de triticale, avoine, blé, deux variétés de vesce et deux de pois fourrager (150 €/ha) ; il est souvent complété avec de la vesce velue et de la féverole. L’éleveur utilise des graines de féverole destinée à l’alimentation animale. Elle est semée après le méteil (en novembre) au semoir à maïs pour que la graine soit enterrée plus profond (5-6 cm), de sorte que la plante ne gèle pas en hiver. L’éleveur compose aussi un méteil avec du grand épeautre (60 kg/ha de semence fermière), de la vesce velue (12,5 kg), de la vesce commune (12,5 kg), du pois fourrager (25 kg) et de la féverole (60 kg). « L’avantage du grand épeautre par rapport à l’avoine, c’est qu’il est aussi feuillu si on met de l’azote et qu’il ne repousse pas dans le maïs », précise Jean-Pierre Cavalerie.

Certains couverts implantés après un maïs sont destinés à durer plus longtemps. Du brome y est rajouté lors du semis à l’automne et des légumineuses (luzerne, trèfle violet) au printemps suivant. Ils sont conservés pendant un ou deux ans, puis suivis d’une céréale. Quant aux couverts d’été, après la céréale, ils sont généralement composés de sorgho fourrager, colza, radis et moha (30 kg/ha).

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