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Chez Benoît Décultot en Seine-Maritime
« Je privilégie l’autonomie et les filières courtes »

Installé à Saint Jouin-Bruneval, Benoît Décultot mise sur un système très pâturant complété par des achats de pommes de terre et de féverole à des voisins, mais aussi sur la vente directe.

Découvrir le monde de l’entreprise avant son installation. Tel était le souhait de Benoît Décultot après avoir décroché son diplôme d’ingénieur agricole en 2003. À peine sorti de l’école LaSalle Beauvais, il rejoint la chambre d’agriculture de Seine-Maritime en tant que conseiller bâtiment. « Cette expérience de trois ans a confirmé mon choix de revenir sur l’exploitation familiale. » Benoît s’est donc installé en 2006 avec une référence de 240 000 litres de lait, une quarantaine de Normandes et 38 ha. L’année suivante, il reprend l’exploitation de son oncle avec un quota de 100 000 l et 38 ha. Les 76 ha regroupés autour du site de l’exploitation facilitent l’organisation du pâturage autour du bâtiment neuf construit en 2008. « Les exploitations étaient assez similaires avec des Normandes et un système très herbager. Aussi, depuis mon installation, je n’ai rien révolutionné. J’ai juste poussé le système plus loin », explique Benoît avec modestie. Pour cela, le jeune installé s’est notamment appuyé sur l’expérience acquise lors d’un stage en Irlande. « J’ai appliqué leur méthode de pâturage tournant avec des retours fréquents (tous les 25 à 30 jours au printemps) et le passage d’une ébouseuse pour limiter les refus."

Aucune fertilisation sur prairies après le 15 juin

« Mais contrairement aux Irlandais, je ne pousse pas la fertilisation sur mes prairies : 90 unités d’azote (U d’N) en trois fois pour les prairies de fauche à base de RGH typé RGI (18 kg) et de trèfle violet diploïde (10 kg) et 60 U d’N en deux fois pour les prairies pâturées. C’est deux fois moins qu’avant mon installation. » Un premier apport d’azote est réalisé à la sortie d’hiver « pour gagner une quinzaine de jours sur la pousse de l’herbe ». Un second intervient un mois après pour les parcelles pâturées et après la première coupe pour celles qui sont fauchées. « À partir du 15 juin, je n’apporte plus rien parce que je considère que les déjections des vaches suffisent. » Suite à des résultats d’analyses de sol, l’éleveur a décidé de faire l’impasse sur les apports de phosphore et de potassium depuis deux ans. « Grâce à cette conduite simplifiée, j’ai délégué la fertilisation à un prestataire de services pour diminuer ma charge de travail. » Cette conduite économe en intrants n’est pas pénalisante pour la productivité des prairies. Le rendement de MS valorisée varie selon les années et les prairies entre 9 et 10 t/ha.

Ferme de référence au Civam de Seine-Maritime

Côté pâturage, le troupeau reste trois ou quatre jours dans un paddock. Quand les vaches changent de parcelle, elles retournent les premières nuits dans le paddock précédent pour limiter les refus et favoriser la repousse de l’herbe. « Cela évite en effet que les vaches fassent trop de bouses sur l’herbe haute de la nouvelle parcelle. » La maîtrise technique de l’éleveur et la rareté des systèmes herbagers en Seine-Maritime et en particulier dans le Pays de Caux, ont conduit l’association les Défis-Ruraux, à retenir cette exploitation comme ferme de référence. « Le travail réalisé sur le pâturage permet à Benoît de diminuer le coût alimentaire mais aussi sa charge de travail durant cette période de l’année. C’est très important pour Benoît qui s’est installé en individuel », souligne Coralie Henke, chargée de systèmes herbagers à l’association.

À l’exception d’un complément à base de pulpe sèche, de pomme de terre ou de triticale selon les disponibilités, les vaches sont en pâturage exclusif d’avril à août. La complémentation en énergie est cependant nécessaire parce que « les deux tiers des vaches sont en début de lactation au printemps et en été », précise Emmanuel Benoist, conseiller Littoral Normand. Et à partir de juillet, cette stratégie s’impose d’autant plus que « l’herbe devient plus riche en azote et plus pauvre en énergie ».

Corriger le déficit en amidon dans la ration

Pour maintenir des prairies temporaires productives, l’éleveur les réimplante tous les quatre ou cinq ans. « Je suis assez déçu par les variétés de ray-grass anglais que j’ai implantées parce qu’elles épient trop rapidement. Elles sont peut-être plutôt adaptées à des conduites plus intensives que la mienne. Au printemps par exemple, j’ai mis mes vaches dans une parcelle que j’avais semée l’été dernier avec un mélange à base de RGA. Et malgré une entrée à une hauteur d’herbe correcte, elles l’ont mal pâturée. »

En revanche, l’essai d’incorporation de chicorée (3 kg/ha) dans le mélange à base de RGA, fétuque, fléole, pâturin des près et trèfle blanc implanté l’été dernier semble concluant. « Mes génisses et mes bœufs ont pâturé cette prairie de 3 ha deux fois cette année. Les animaux recherchaient la chicorée alors qu’ils avaient plutôt du mal à s’attaquer au RGA. Je pense cependant que j’aurais dû limiter la dose au semis à 1 ou 2 kg/ha » L’épiaison du RGA n’étant plus à craindre, cette parcelle est désormais mise à disposition des vaches.

Le travail réalisé en collaboration avec Emmanuel Benoist a également permis de mieux caler la ration. Il a notamment conduit à l’abandon de la betterave fourragère au profit du maïs grain humide et des déchets de pommes de terre pour augmenter les apports d’amidon. « On oppose trop souvent le maïs et l’herbe. C’est une erreur. Le maïs grain humide est un très bon complément pour les rations à base d’herbe et sa culture a moins d’impact sur l’environnement que celle des betteraves. Cette dernière nécessite en effet plusieurs passages pour le désherbage alors que je ne fais qu’un seul traitement en post-semis - prélevée pour le maïs. Et comme l’idéal était de désherber les betteraves à des heures pas vraiment compatibles avec la traite des vaches, du coup je le faisais après, mais pas très bien. »

Impasse sur le correcteur azoté cet hiver

L’éleveur achète les pommes de terre (120 t en 2015) à un voisin depuis cinq ans. « À l’époque, j’étais juste en stocks à cause de la sécheresse. Et comme c’est un très bon complément à l’herbe (apport d’amidon) qui ne coûte pas cher (20 euros/t), j’ai continué à en proposer à mes vaches. » L’éleveur distribue le féculent à la désileuse à part de la ration. « Je surveille les vaches jusqu’à ce qu’elles aient terminé de les manger pour m’assurer qu’il n’y en a pas une qui s’étouffe. » L’approvisionnement se fait au fur et à mesure à raison de 10 ou 15 t. « Au-delà de quatre semaines, les pommes de terre ne se conservent pas. »

(((Cet hiver))) La ration hivernale se composait de 30 kg brut d’ensilage d’herbe, 7 kg de pommes de terre, 6 kg de maïs grain humide, 8 kg d’enrubannage de luzerne. La ration est équilibrée à 20 kg. « En fonction du niveau de production des vaches, je complète avec un concentré de production fermier (maximum 3 kg/vl) à base de triticale produit sur mon exploitation et de féverole que j’achète à un voisin (12 t à 140 euros/t en 2015). »

La luzerne a fait son apparition dans l’assolement (3,5 ha) en 2013 pour améliorer l’autonomie en protéines. Les deux premières coupes sont désormais récoltées en ensilage et les deux suivantes en enrubannage. « La première année, j’ai testé le foin de luzerne, mais j’ai abandonné parce que notre région est trop humide pour faire du foin correct. Le cœur des boules chauffait. Au final, j’ai eu l’impression de distribuer un foin de prairie de qualité très moyenne. » La luzerne est tassée au-dessus de l’ensilage de prairie. « Je n’ai qu’un seul silo à ouvrir pour préparer la ration. » Un conservateur est systématiquement incorporé dans les fourrages par pulvérisation au niveau du pick-up de l’ensileuse.

La crise conforte le choix du système pâturant

L’hiver dernier, Benoît a levé le pied sur l’apport de correcteur azoté. « J’étais en avance sur ma référence et cela ne valait pas la peine de dépenser de l’argent (4 000 euros pour 10 tonnes de correcteur sans OGM) pour produire plus de lait quand le prix de base est à 294 euros/1 000 l. En 2015, j’ai perdu 16 000 euros sur la vente de lait par rapport à 2014. Heureusement, j’ai toujours été prudent sur les investissements. » Cette impasse sur le correcteur a cependant impacté le TP de deux points. « La baisse du TP durant l’hiver 2015-2016 s’est traduite par une perte d’environ 1 000 euros sur la paye de lait, mais l’opération s’est avérée rentable cette année. En revanche, selon le contexte, il faudra en prévoir pour l’hiver prochain pour ne pas déséquilibrer la ration et gaspiller de l’énergie », souligne Emmanuel Benoist.

Maximum de prairies et d’autonomie, peu d’intrants… l’élevage est proche d’un système bio. Pour autant, l’éleveur ne veut pas franchir le pas pour plusieurs raisons. « J’apprécie la souplesse du conventionnel et notamment la possibilité d’acheter des déchets de pommes de terre et de la féverole à des voisins. Et puis, avec la vague de conversion actuelle, le bio pourrait malheureusement connaître une crise d’ici deux à trois ans. » En revanche, il mise sur la vente directe. Dix à quinze bœufs sont produits chaque année dont deux à trois vendus en caissettes mais aussi trois veaux gras. « Les bœufs normands ou croisés Limousin âgés de trois ans fournissent un produit de qualité. » Plus qu’une nécessité, cet atelier correspond avant tout à un plaisir. "Il permet de communiquer aux clients les pratiques de l’exploitation et d’avoir un retour positif du consommateur sur la qualité des produits."

Investissement dans un atelier de transformation laitière

Il y a deux ans, Benoît s’est associé avec un voisin pour créer un atelier de transformation laitière avec un cahier des charges herbager. Les deux éleveurs ont investi 250 000 euros dans des équipements modernes. Pour l’heure, le bilan est plutôt mitigé. « Beaucoup de personnes prônent 'le consommer local', mais dès qu’on annonce le tarif des produits, le marché ne suit pas toujours. Par ailleurs, il faut faire très attention à ne pas sous estimer le volume de travail que représentent la transformation et la commercialisation », prévient Benoît. L’année dernière, les éleveurs ont transformé 40 000 litres de lait majoritairement en yaourts. « Ce n’est pas encore suffisant pour être rentable. »

Après dix ans d’installation, Benoît Décultot assume ses choix sur son exploitation. Mais la maîtrise de la charge de travail est devenue une priorité. « Quand je me suis installé, cela n’était pas un problème d’être seul. Puis suite à la naissance de notre fille en 2013, j’ai éprouvé le besoin de disposer de plus de temps libre. Grâce à Félix, mon apprenti, j’ai pu me faire remplacer une traite sur deux en semaine et un week-end sur trois. Je ne pourrais plus revenir en arrière. » Le problème va pourtant se poser avec le départ en août de l’apprenti. « Je veux moins faire appel au service de remplacement parce que cela coûte cher et ce n’est pas toujours simple de s’organiser à l’avance pour partir en vacances. Les remplaçants ne sont pas toujours disponibles sur des semaines complètes. » L’embauche d’un salarié est donc envisagée mais reste suspendue à la fin de la crise laitière et au développement de l’activité de l’atelier de transformation.

Un emprunt de 10 000 euros pour regonfler la trésorerie

« La crise laitière conforte l’intérêt de l’orientation très herbagère de mon système », souligne Benoît Décultot. Ce dernier livre son lait à la CLHN. Les adhérents de la coopérative ont voté fin mai sa fusion avec Sodiaal. « Cela ne sera ni pire ni mieux », lance avec une pointe d’amertume Benoît avant d’ajouter : « tout le monde à l’air résigné ».

Pour regonfler sa trésorerie, il a dû emprunter 10 000 euros à sa banque cet hiver. « Cela correspond au montant que j’avais autofinancé pour réaliser l’extension de ma salle de traite et la réfection d’une toiture. » Le passage de 2 x 5 postes à 2 x 6 avait été décidé pour gagner en cadence de traite. « J’avais parfois tendance à attendre et en période de pic (2/3 des vêlages de mars à août), la traite durait au moins une heure et demie. Grâce à cet investissement, j’ai gagné 10 à 15 minutes par traite. » Les reports de certains travaux et achats de petits matériels ont également permis de soulager la trésorerie.

« Le caractère de la Normande me va bien, mais… »

C’est une vache calme, parfois même un peu trop. Elle est très bien adaptée au pâturage », souligne Benoît Décultot. Pour autant l’éleveur croise aujourd’hui jusqu’à 50 % des femelles de son troupeau avec du Limousin. « Vu mon système, je ne recherche pas des taureaux très laitiers mais plutôt améliorateurs en fonctionnels et TP. Mais ce n’est pas facile d’en trouver avec ce profil, parce que la race a pris une orientation très laitière pour répondre à la demande d’une majorité d’éleveurs. » L’avènement de la génomique a enfoncé le clou. « Avant je m’intéressais à la génétique. C’était un plaisir en début de campagne de découvrir le catalogue des taureaux et de faire les accouplements. Je connaissais les filiations des taureaux et des vaches alors qu’aujourd’hui, cela bouge tellement vite que l’on a même plus le temps de se familiariser avec les taureaux. J’ai le sentiment que l’on est allé trop vite et peut être trop loin. » Le recours au croisement a également été motivé par les difficultés à vendre des génisses. « J’ai toujours eu trop de génisses mais j’ai beaucoup de mal à les vendre depuis deux ans notamment parce qu’elles proviennent d’un système extensif. C’est d’autant plus regrettable que le potentiel génétique est là. » Pour assurer le renouvellement (une vingtaine de génisses par an), une dizaine de femelles sont inséminées avec des taureaux normands disponibles en semences sexées.

F. M.

Échange fumier contre paille

Fidèle à sa volonté de favoriser les circuits courts, Benoît Décultot a mis en place un système d’échange fumier contre paille avec un voisin. L’éleveur a investi dans un bâtiment neuf avec litière accumulée en 2008 (76 places au cornadis) et ses besoins annuels en paille sont d’environ 100 t. « Je récupère 70 tonnes de paille en andain dans le champ en échange de 140 à 150 tonnes de fumier. » Le reste du fumier est épandu avant l’implantation du maïs ou d’une prairie à raison de 35 t/ha.

« Le système est très performant et bien calé »

"Le ratio EBE/produit de 40 % obtenu ces deux dernières années témoigne de la grande efficacité du système développé par l’éleveur. C’était d’autant plus flagrant en 2015 malgré la perte de 16 000 euros sur la vente de lait par rapport à l’année précédente induite par la baisse du prix du lait. Benoît Décultot arrive à ce résultat grâce à une très bonne maîtrise du pâturage et de bonnes valeurs d’herbe sur pied et récoltée. L’abandon de la betterave fourragère au profit du maïs grain et de pommes de terre a permis d’améliorer l’équilibre de la ration hivernale en y apportant plus d’amidon. Il y a moins de gaspillage d’azote et les vaches produisent plus de lait qu’avant en hiver. Le coût alimentaire est par conséquent très bien maîtrisé. Il a été divisé par deux par rapport à 2011 et tourne désormais autour de 60 euros/1 000 l. Par ailleurs, l’éleveur produit un lait de qualité qui lui a permis de limiter la baisse de revenu induite par celle du prix du lait (344 euros en 2015). La seule véritable piste d’amélioration serait de baisser l’âge au premier vêlage. En passant de 36 à 32 mois, avec 20 génisses mises à la reproduction chaque année, il pourrait économiser 2 500 à 3 000 euros."

Emmanuel Benoist, Littoral Normand

Chiffres clés

76 ha de SAU dont 61,5 ha de prairies, 6 ha de triticale, 3,5 ha de luzerne en mélange, 5 ha de maïs grain

70 Normandes à 4850 kg (moyenne économique)

1 UMO et un apprenti à mi-temps

370 000 litres de lait produit

2 UGB/ha de SFP chargement

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