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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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"Il y a encore des gains d’efficience à trouver"

L’alimentation de précision et la génétique ouvrent des pistes pour optimiser l’efficacité alimentaire. Éclairage de Philippe Faverdin de l’Inra de Rennes, sur les travaux de recherche en cours.

Qu’est-ce qu’une vache efficiente ?
Philippe Faverdin -

"Une vache efficiente est une vache qui optimise l’utilisation des ressources (aliments et terres arables) pour produire du lait en quantité et en qualité tout en maintenant l’ensemble de ses fonctions physiologiques. Il y a une nuance avec la notion d’efficacité, qui compare les objectifs aux résultats obtenus, indépendamment du coût. La vache la plus efficace, celle qui produit le plus de lait avec le moins de quantités ingérées, n’est pas forcément la plus efficiente si elle présente des problèmes de reproduction et de santé. Beaucoup de paramètres autres que la production de lait interfèrent pour apprécier l’efficience d’une vache. Il n’y a pas de définition universelle. Finalement, est-ce une vache qui produit du lait ? Qui produit aussi de la viande ? Qui se reproduit ? Qui ne tombe pas malade ? Qui ne mobilise pas trop ses réserves corporelles ? Qui digère bien la ration ? Dont les périodes improductives sont courtes ? Ces aptitudes sont-elles liées positivement ou négativement ?"

Comment améliorer l’efficience ?
P. F. -

"Pour un même niveau de production, certaines vaches valorisent mieux les aliments que d’autres. Ce critère reste encore peu exploré. Nous devons comprendre ce qui fait que certaines vaches sont très efficaces, et d’autres peu. L’efficience pourra devenir un critère de sélection demain grâce à la génomique et aux outils de monitoring (lire page ???). Toute la question est de savoir quel indicateur de l’efficience choisir sans risquer de pénaliser d’autres caractères importants.

Au-delà de l’animal en lui-même, des leviers existent également à l’échelle du troupeau et du système. La voie de l’alimentation de précision contribuera à progresser sur ce critère. D’autres gains sont encore possibles, en raccourcissant par exemple les phases d’élevage et les périodes non productives. Cumulés, tous ces éléments pourraient engendrer des gains d’efficience alimentaire de 10 %."

Quelles perspectives offrent l’alimentation de précision ?
P. F. -

"Aujourd’hui, nous ne sommes pas capables de prendre en compte toute la variabilité individuelle des animaux à travers nos modèles de prédiction. Quel que soit leur degré de précision, ils ne parviendront jamais à prendre en compte la variabilité de digestion, de besoins… entre animaux. Ce que nous offre l’alimentation de précision, à travers ses automates et ses outils de monitoring qui récoltent une masse d’informations en continu, c’est la possibilité d’évaluer directement les conséquences d’une pratique sur un animal. L’animal devient le modèle lui-même. Et sa réponse peut être évaluée. Par exemple, si on distribue plus de concentrés à une vache, on pourra vérifier si elle répond bien comme le modèle le prédit. Et si tel n’est pas le cas, une fonction de contrôle permettra de modifier automatiquement la quantité de concentrés à distribuer. C’est notamment le principe du DLM proposé par Lely sur ses robots de traite. Ce logiciel d’alimentation dynamique ajuste régulièrement les apports de concentré de production en fonction de la réponse des vaches et de leur intérêt économique."

D’autres exemples de pilotages innovants ?
P. F. -

"Par exemple, la réponse de l’animal pourra être mieux prise en compte pour piloter la complémentation azotée. Nous avons mené un essai où les apports de tourteaux étaient individualisés dans l’objectif de maximiser le rendement de transformation des PDI, et non de viser une production maximale. Les quantités distribuées ont donc été diminuées pour les vaches les moins aptes à valoriser l’azote, et augmentées au contraire pour les plus efficientes sur ce critère. Au final, les vaches ont produit moins de lait (- 5 %), mais nous sommes parvenus à une meilleure efficience de l’utilisation des protéines (+ 17 %) sans perte d’efficience énergétique. L’économie de tourteaux a été supérieure à 40 % !

À terme, ce même concept pourra se décliner sur de nombreuses fonctions. L’alimentation pourra s’ajuster à l’état de santé de l’animal, au stress thermique, aux rejets… à travers la complémentation en concentrés, la restriction alimentaire, l’introduction de régimes spéciaux. Peut-être que demain, grâce à une détection plus précoce des troubles de santé, on déclenchera une complémentation particulière pour les animaux favorisant un renforcement de l’immunité."

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