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« Il faut un cadre interprofessionnel pour les volumes prix différenciés" »

La FNCL veut un système solide, avec des contrôles pour garantir l’étanchéité entre les volumes A et B, et des principes d’équivalence entre systèmes, pour plus de transparence.

DOMINIQUE CHARGÉ, PRÉSIDENT DE LA FNCL ET DE
LAÏTA. « On ne peut pas laisser la production
exploser. La FNCL travaille à l’établissement
de clauses dissuasives. »
DOMINIQUE CHARGÉ, PRÉSIDENT DE LA FNCL ET DE
LAÏTA. « On ne peut pas laisser la production
exploser. La FNCL travaille à l’établissement
de clauses dissuasives. »
© C. Perrot

Dominique Chargé, président de la FNCL, répond aux questions qui secouent les coopératives laitières, et dont se sont faits écho les présidents des sections lait de trois FDSEA: « Que veulent les coopératives avec leurs initiatives individuelles sur des systèmes de volume prix différenciés plus compliqués les uns que les autres? Détourner les recommandations interprofessionnelles ? Provoquer une baisse généralisée des prix ? »

■ Pourquoi ne pas harmoniser les systèmes de volume prix différenciés ?

Dominique Chargé - « Nous ne devons pas laisser la production laitière exploser et dépasser les capacités des coopératives, ce qui déstabiliserait les marchés, dégraderait les résultats de la filière et le prix du lait par ricochet. Les systèmes de volumes prix différenciés testés doivent permettre d’encadrer les volumes. Les systèmes sont différents car chaque entreprise a un territoire, des outils et des marchés différents. Il ne peut y avoir de modèle unique de développement pour toutes les coopératives laitières. »

■ Comment garantir la transparence et l’étanchéité entre les volumes A et B ?

D. C. - « On a pu mettre en place la flexibilité additionnelle, pourquoi pas un système de volumes prix différenciés ? Il faut qu’il y ait une volonté interprofessionnelle de faire un système solide, avec des contrôles. On peut contrôler ; on a les outils, les informations (déclarations des douanes, bilan des entrées sorties des matières…). On peut faire évoluer le guide interprofessionnel des relations contractuelles qui mentionne déjà le principe de volumes prix différenciés. S’il y a un blocage, il est idéologique. »

■ Les producteurs craignent que le volume B ne prenne toujours plus d’importance.

D. C. - « Nous n’incitons pas à produire du B ! Chez Laïta, c’est du volume audelà de la référence de 2011. Nous rappelons aux associés que les volumes B sont des volumes destinés à aller sur des marchés de poudres et fromages basiques exportés sur pays tiers (hors UE), en croissance certes, mais soumis à des fluctuations de prix et de volumes commercialisés. Ce sont des marchés risqués. Selon nous, le volume B doit être produit à coût marginal. Il faut éviter d’investir pour produire durablement du B. »

■ Mais pour Sodiaal, le volume A est en deçà de la référence du producteur.

D. C. - « Sodiaal a un volume A en deçà de la référence, mais elle enlève de la flexibilité additionnelle sur le prix A. Au final, les deux systèmes se valent. Cet exemple montre l’importance de préciser les règles d’équivalence dans le guide interprofessionnel, entre les différents systèmes. Par exemple, la règle serait que le volume B est du volume additionnel par rapport à la référence historique de 2011. L’interprofession pourrait par exemple acter le principe d’équivalence suivant : un point de flexibilité correspond à 2,5 % de référence en volume B. »

■ Pourquoi demander la révision du calcul Cniel de la valorisation beurre poudre ?

D. C. - « L’étude du cabinet Solving montre que la valorisation calculée par le Cniel ne correspond plus à la valorisation sur les nouveaux marchés. Ce calcul n’intègre pas le coût du conditionnement et de la commercialisation. C’était valable à l’époque où on vendait beaucoup à l’intervention, mais plus aujourd’hui ! On nous rétorque qu’il y a des entreprises qui ont des coûts inférieurs voire comparables au calcul Cniel. Il y a des différences de coûts entre entreprises, suivant la taille des outils industriels et leur performance, mais aussi suivant la zone de collecte. Enfin, le parc français de tours de séchage est vieux ; la dernière vague de renouvellement date d’avant les années 90 ! Il y a donc besoin d’investir. »

■ S’il s’agit d’investissement, pourquoi passer par le prix du lait ? Pourquoi ne pas demander aux associés d’investir dans leur coopérative ?

D. C. - « C’est vrai qu’il faut avoir une nouvelle approche de l’associé actionnaire. Il faut que l’associé s’engage plus dans l’avenir de sa coopérative. Mais le problème d’une hausse du capital social est qu’elle fragilise la coopérative, car un associé peut dénoncer sa relation contractuelle, ce qui est considéré comme un risque par les banques. La FNCL réfléchit au renforcement de l’implication financière des associés en adéquation avec le développement de nouveaux outils. »

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