Aller au contenu principal

GRANDS TROUPEAUX
GRANDS TROUPEAUX - La conduite en lots recommandée à partir de 80 à 100 vaches

Que le but soit d’optimiser l’alimentation ou de limiter le stress social, des éleveurs choisissent de conduire le troupeau en deux lots. Les spécialistes situent la barre autour de 80 à 100 vaches.

LA CONDUITE EN LOTS
facilite le repérage
des chaleurs ; le groupe
de vaches à surveiller
est moins important.
LA CONDUITE EN LOTS
facilite le repérage
des chaleurs ; le groupe
de vaches à surveiller
est moins important.
© A. Conté

S’il est clair qu’un grand troupeau ne peut se gérer autrement que de manière collective, à partir d’une certaine taille, la question de couper le cheptel en plusieurs lots peut légitimement se poser. « La conduite en lots est adaptée pour suivre plus particulièrement des catégories d’animaux », indique Philippe Brunschwig, de l’Institut de l’élevage. La capacité des vaches à réguler leur appétit en fonction de leur production justifie la distribution d’une ration unique à l’ensemble du troupeau. Mais « des animaux sont soit gâtés soit bridés. Quand la taille du troupeau augmente, on peut diminuer les extrêmes en constituant des lots selon le stade de lactation ».

À raisonner en fonction du temps de travail et du bâtiment

Cependant, pas de règle systématique selon lui. Dans certaines situations (vêlages groupés, volonté de ne pas rechercher la production maximale…), la conduite en un seul troupeau peut se justifier. « L’éleveur va d’abord raisonner sur la combinaison temps de travail et facilité de constitution physique des lots dans le bâtiment. » « En vêlages étalés, au-delà de 80 à 100 vaches, on commence à avoir un intérêt en termes de temps de travail à faire deux rations », précise néanmoins Valérie Brocard, de l’Institut de l’élevage.

Lots différenciés selon le stade de lactation

Le pôle herbivores des chambres d’agriculture de Bretagne suit un réseau pâturage des grands troupeaux. Sur les treize élevages, quatre (tous de plus de 120 vaches) pratiquent une conduite en deux lots différenciés selon le stade de lactation (et par conséquent le niveau de production). Le premier lot regroupe généralement les vaches jusqu’à leur mise à la reproduction et le second les vaches gestantes. « En règle générale, plus on cherche à obtenir un niveau de lait élevé en début de lactation, plus la conduite en lots s’impose pour bien répondre aux forts besoins alimentaires, explique Jean-Marc Seuret, ingénieur au pôle herbivores. Mais un des éleveurs du réseau la pratique aussi avec un troupeau à 6500 kilos. » Ces cheptels étant conduits en vêlages étalés, les lots sont réajustés tout au long de la campagne.

Valérie Brocard confirme que la séparation des animaux se fait généralement soit par rapport au niveau de production (à 2 ou 3 mois de lactation) soit conjugué à la reproduction. « C’est une question de niveau azoté. Dans l’Ouest, nous y sommes très sensibles. En distribuant une ration à 110-115 g de PDI/kg de MS à toutes les vaches, nous savons très bien que certaines vont excréter de l’azote. D’un point de vue économique et écologique, il est plus logique de regrouper les vaches à besoins élevés en azote pendant les deux premiers mois de lactation avec une ration plus riche, et de descendre le niveau à 90-95 g par kg de MS pour toutes celles qui sont en phase descendante. Alimenter des lots constitués selon le niveau de production est faisable assez simplement par l’éleveur. Il peut partir du même mélange qu’il distribue au lot le plus bas et rajouter le correcteur azoté en plus pour faire la ration du lot haut. »

Des lots pour limiter le temps de traite et le stress social

Philippe Arzul, vétérinaire consultant pour Vitalac, assure le suivi de grands troupeaux dans le monde entier. Il situe la barre pour passer à une conduite en lots au même niveau d’effectif: « Au-delà de 80 à 100 vaches, on pénalise la production des animaux les plus faibles. » Mais il la préconise pour des raisons et selon des modalités différentes. Premier argument: « le temps de traite. On déconseille de dépasser une heure et demi de traite. Les vaches qui passent les dernières, toujours les mêmes, attendent trois heures par jour pour se faire traire ». Deuxième raison encore plus importante à ses yeux: « le stress social. Au-delà de 80 vaches dans un même groupe, on augmente les interactions et la compétition entre les individus ». Quant au niveau de production, il le juge pertinent comme critère pour constituer les lots seulement pour des troupeaux de « moins de 8 000 kg. Le rationnement sera plus économique ».

En France, où la taille des grands troupeaux reste somme toute assez limitée (250 animaux pour les plus grands) par rapport à d’autres pays, les vaches sont trois. Pour limiter le stress social, Philippe Arzul recommande de constituer un lot avec les primipares et les vaches en deuxième lactation, et un lot avec les vaches adultes. Chaque groupe doit se suivre du début de lactation jusqu’au vêlage. Lorsque l’effectif permet de faire trois lots, même schéma mais avec en plus un lot de vaches en fin de lactation qui reçoit « une ration un peu moins concentrée ». Il cite aussi l’exemple d’un élevage de 170 vaches en logettes qui fait deux lots de 70 laitières et un lot plus petit (20 à 25 vaches) sur aire paillée pour les vaches qui viennent de vêler (8 premiers jours) ou celles qui ont des aplombs plus fragiles.

Séparer les primipares des vaches adultes

Quant au rationnement, Philippe Arzul préconise pour les troupeaux à plus de 30 kilos de lait par jour de travailler avec une ration unique distribuée matin et soir pour tous les lots : « L’inconvénient des rations différenciées et des groupes par niveau de production, c’est que cela oblige à faire des changements de lots. L’expérience montre que lorsqu’on déplace une vache, elle chute en production et perturbe tout le lot où elle rentre. Le gain qu’on va faire sur la ration est perdu par la baisse de la production journalière. »


Les plus lus

<em class="placeholder">Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin</em>
Stress thermique : « Notre production laitière ne baisse quasiment plus en été grâce au douchage », dans le Bas-Rhin

Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin, installé en traite en traite robotisée, a mis en place un dispositif de douchage…

<em class="placeholder">Alexandre Ramel dans l&#039;une des  parcelles de maïs ressemée fin mai suite à des attaques de géomyze.</em>
Attaques de géomyze : « Nous avons dû ressemer 50 hectares de maïs », en Mayenne

Le Gaec Fénérie Bourigné, à La Bigottière en Mayenne, a été confronté ce printemps à des attaques sévères de géomyze, une…

<em class="placeholder">Gaëtan Palaric, éleveur dans les Côtes-d&#039;Armor devant son robot d&#039;alimentation Aura</em>
« Avec notre robot d’alimentation, nourrir 300 animaux se résume à 30 minutes de surveillance pour 9 rations différentes » dans les Côtes-d’Armor

Dans les Côtes-d’Armor, le Gaec Boscher Palaric fait partie des tout premiers élevages équipés du robot d’alimentation Kuhn…

<em class="placeholder">Benoît Aubry, éleveur en Mayenne</em>
« Avant d'installer le robot de traite, le diagnostic électro-géobiologique a été notre priorité », en Mayenne

 Benoît Aubry, éleveur en Mayenne, a effectué quelques aménagements en amont de son projet robot de traite  pour…

Arthur Danière
Grand troupeau : « Le pâturage me permet d’améliorer l’autonomie alimentaire », dans l’Orne.

A la Ferme du Val Danière, le pâturage a été maintenu malgré l’augmentation du nombre de vaches laitières dans le troupeau.…

<em class="placeholder">Marc-Antoine Blot, l’un des deux associés du Gaec BB, à Hauteville-la-Guichard, dans le centre Manche. </em>
Stress thermique : « J’ai installé un douchage d’appoint pour soulager les vaches de la canicule », dans la Manche

Au Gaec BB dans la Manche, le troupeau respire mieux depuis la mise en place d’un dispositif de douchage fait « maison…

Publicité
Titre
OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière