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Accord sur le prix du lait
Globalement, les laiteries suivent l´accord

Avril était le mois des paies de lait disparates, faute d´accord sorti à temps. Mai a été celui des rattrapages pour quelques laiteries.


Pour les paies du mois d´avril, les laiteries n´avaient pas de recommandation nationale à suivre pour le prix du lait. Les négociations entre producteurs (FNPL), coopératives (FNCL) et privés (Fnil) n´ont abouti à un accord pour le second trimestre 2005 que le 30 mai dernier.

Cet accord prévoit une plus grande réactivité du prix du lait par rapport aux produits de grande consommation (PGC) sur le marché français. Autre changement : l´instauration d´un mécanisme de sortie de crise pour les entreprises engagées sur le lait de consommation.

La recommandation nationale est de - 7,36 euros pour 1 000 litres sur le mois d´avril, de -5,36 sur le mois de mai et de juin. Cette baisse est en grande partie imputable à l´ajustement PGC France. Il a été fixé à - 7 euros pour 1 000 litres pour avril, et à - 5 euros pour mai et juin. Le reste de la baisse est lié aux index : - 0,36 euros pour le second trimestre.
Des baisses supplémentaires peuvent être accordées par l´interprofession :
 au titre de la flexibilité additionnelle, pour les entreprises dont le mix produit est tourné à plus de 35 % vers les produits industriels. La baisse est fixée à - 2,40 ?/1 000 l.

 au titre du mécanisme de sortie de crise, pour les entreprises transformant et commercialisant du lait de consommation. La baisse supplémentaire est fonction de la part que représente le lait de consommation dans les fabrications, avec un maximum fixé à - 3 euros pour 1 000 l. Suivant ce calcul, Lactalis applique - 1,5 euros, Sodiaal - 3 euros.
Alors qu´un accord n´avait pas encore été trouvé, une grosse majorité de laiteries avaient appliqué - 7,36 euros pour 1 000 litres sur les paies d´avril, sur proposition de la Fnil. Dans les exceptions, on peut citer Sodiaal, qui a appliqué - 10,1 euros pour 1 000 l et - 3 euros de retenue pour capitalisation (voir numéro de mai, page 8).

Enfin, « certaines laiteries, notamment en Normandie et dans le Nord de la France, se sont basées sur l´ancien accord, qui faisait ressortir l´index PGC à - 4 euros. Elles ont donc appliqué une baisse de - 4,36 euros pour 1 000 l sur avril », indique Gilles Psalmon, de la FNPL.
Certaines de ces laiteries ont fait un rattrapage de 3 euros sur le mois de mai. Hormis ces cas de rattrapage, le mois de mai se caractérise par un retour à la normale, avec des entreprises qui globalement respectent l´accord.
Parmi les laiteries qui ne respectent pas l´accord, rares sont celles qui décrochent à la hausse. On peut citer le cas de la coopérative Glac qui aurait droit au dispositif pour le lait de consommation, et ne l´a finalement pas appliqué. Elle procède à une baisse de 5,36 euros pour 1 000 litres pour le mois de mai, selon la FRPL de Bretagne-Pays de la Loire.
Des exemples de laiteries qui décrochent
Dans l´Ouest, « Celia décroche à la baisse. L´entreprise annonce par ailleurs qu´elle ferme une usine en Maine-et-Loire, et qu´elle abandonnera la zone de collecte correspondante (25 millions de litres) en décembre. Nous sommes très inquiets parce que Celia laisse entendre que ce n´est qu´une première étape », expose Bernard Bourgeau, de la FRPL de Bretagne-Pays de la Loire. Elle projetterait en effet d´abandonner la collecte de 125 millions de litres supplémentaires.

En Rhône-Alpes, des coopératives fournissant du lait à Sodiaal au prix Sodiaal (avec 3 euros de retenue) ne suivent pas l´accord. Elles répercutent cette baisse supplémentaire à leurs producteurs, en précisant néanmoins qu´elles feront un complément de prix par la suite dans la mesure du possible.
Selon la FNPL, la flexibilité additionnelle représenterait environ 20-25 % du litrage national, et le dispositif pour le lait de consommation environ un tiers de la collecte du second trimestre. « Je ne connais pas d´entreprise qui cumulerait les deux dispositifs », estime Gilles Psalmon.
Troisième trimestre, une baisse moins prononcée ?
La réunion pour établir la recommandation du 3e trimestre aura lieu le 12 juillet prochain. La pression exercée par les transformateurs reste forte, ne permettant pas de faire de pronostic. Néanmoins, on peut dire que les index devraient être de l´ordre de + 1,5 euros pour 1 000 l, pour le troisième trimestre, en l´état actuel des marchés. L´ajustement PGC France serait de -5,3 euros pour 1 000 l. La baisse totale serait alors d´environ -3,5 euros pour 1 000 l. La flexibilité additionnelle pour les entreprises tournées vers les produits industriels devrait rester du même ordre qu´actuellement. « Le dispositif lait de consommation a été négocié pour le second trimestre pour répondre à la crise qui touche ce produit. Nous verrons si cet ajustement exceptionnel a lieu d´être maintenu au troisième trimestre », précise Gilles Psalmon, de la FNPL.

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