Aller au contenu principal

Pierre-Louis Gastinel, animateur de FGE (1)
Garantir le libre accès à une génétique améliorée

Créée en mai 2006, l´interprofession de l´amélioration génétique des ruminants a la charge du pilotage du dispositif génétique français. Son mode de financement reste à définir.


Quand et pourquoi a été créée l´interprofession génétique ?
Pierre-Louis Gastinel - France génétique élevage (FGE) a été créée en mai 2006. Compte tenu de l´évolution du contexte réglementaire, elle permet à la profession d´assurer ses responsabilités au niveau du dispositif génétique. Sa création découle de la Loi d´orientation agricole de janvier 2006. Celle-ci se traduit par une moindre implication des pouvoirs publics dans la gestion du dispositif génétique tant du point de vue de la définition des règles (publication des index.) que financier. Elle ouvre également à la libre-concurrence certaines activités dont l´insémination.
Quelles sont ses grandes orientations politiques ?
P.-L. G. - L´orientation des professionnels a été de dire que même si l´on sortait d´un système fortement réglementé, il fallait maintenir un système collectif pour conserver son efficacité et garantir le libre accès à une génétique améliorée au moindre coût et au plus grand nombre d´éleveurs possible. Cela nécessitait de regrouper les opérateurs techniques (entreprises et organismes de sélection, EDE, contrôles laitiers.) et les producteurs-utilisateurs au sein d´une interprofession. L´absence de système collectif aurait posé des problèmes à beaucoup de races et aux régions à faible densité ou présentant des handicaps naturels importants. Et surtout, pour toutes les races, un système d´information collectif, des normes qualité harmonisées et des moyens communs de recherche appliquée sont déterminants pour l´efficacité technique et économique du travail de sélection.
Pierre-Louis Gastinel : « Le pilotage du dispositif d´amélioration génétique français est passé des mains des pouvoirs publics à celles des professionnels. » ©DR

Quelles sont les principales missions de l´interprofession ?
P.-L. G. - En premier lieu, FGE s´est vu confier la gestion du système collectif d´information génétique (bases de données) et du système de management de la qualité des informations nécessaires au calcul et à la fiabilité des index. L´interprofession prend ainsi le relais de l´encadrement réglementaire des pouvoirs publics. Par exemple, elle décide désormais des règles de certification des filiations, de contrôle laitier ou de publication des index. Cette structure interprofessionnelle s´appuie sur les compétences humaines et techniques existantes : compétences techniques de l´Institut de l´élevage, ressources du service juridique de l´UNCEIA. FGE constitue un interlocuteur unique pour représenter nos différents métiers, races, filières au niveau national et international.
Quel est le mode de financement de FGE ?
P.-L. G. - Le budget nécessaire aux activités mutualisées tourne autour de 15 à 18 millions d´euros abondés pour l´essentiel par le ministère de l´Agriculture (près de 14 millions d´euros) et le FNE (1 à 2 millions). Les perspectives budgétaires vont à terme vers un équilibre de deux tiers pour l´État et d´un tiers pour la profession. Mais il faut pour cela trouver des financements complémentaires.
Y aura-t-il une nouvelle CVO ?
P.-L. G. - Le principe d´une contribution collective professionnelle pour la génétique est acquis. Sa forme et son montant se discutent actuellement, avec la profession et les pouvoirs publics, dans un débat plus large sur l´ensemble des autres charges pouvant aussi relever de la solidarité professionnelle (équarrissage, crises sanitaires ou environnementales.) et le renouvellement des CVO actuelles. La base devrait être un prélèvement lié au cheptel. L´objectif est de parvenir à un accord dans l´année.
Quels sont vos grands axes de travail en 2008 ?
P.-L. G. - D´abord amener les différentes structures (EDE.) à s´engager progressivement dans le système de management de la qualité des informations nécessaires au calcul des index. Ensuite, dans un contexte plus libéral, adapter les règles de propriété et d´accès aux informations pour éviter tout risque de privatisation des données qui seraient préjudiciables à l´efficacité du dispositif.


(1) Pierre-Louis Gastinel, responsable du département génétique de l´Institut de l´élevage, est animateur de France génétique élevage. L´interprofession regroupe quatre fédérations représentant les producteurs dont la FNPL, des organismes techniques nationaux comme l´Apca, France contrôle laitier. et trois membres associés, l´Inra, l´Institut de l´élevage et FIEA (Arsoé).
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

« J’envisage de mettre 35 % de silphie dans la ration des génisses »
Dans les Vosges, Jean-Luc Bernard a semé 114 hectares de silphie pour « nourrir » un digesteur de méthaniseur et…
Olivier Granjard, éleveur dans le Rhône © A. Batia
 « Nous avons beaucoup moins de vaches debout dans les logettes »
Au Gaec Granjard dans le Rhône, la modification de la hauteur de la barre au garrot a eu un impact positif sur le bien-être, la…
La silphie peut atteindre 3,50 m de hauteur. Mais, pour une utilisation en fourrage, la récolte se fait avant la floraison.  © Silphie France
[Réchauffement climatique] La silphie, une plante d’avenir pour faire des stocks ?  
La silphie fait de plus en plus parler d’elle chez les méthaniseurs, mais pas seulement. Des éleveurs commencent à s’y intéresser…
Mathias et Jean-Pierre Charretier avec leur conseiller Alexandre Batia. « On a préféré investir dans des matelas et des logettes adaptées pour améliorer le confort toute l’année, plutôt que dans des ventilateurs qui ne serviraient que quelques semaines par an. » © E. Bignon
« On a amélioré le bien-être des vaches et elles nous le rendent bien »
Le Gaec Charretier, dans le Rhône a investi dans le confort de couchage et a trouvé des solutions « maison » contre le stress…
Bruno Calle, éleveur. « Le méthaniseur est alimenté avec 60 % d'effluents et 15 % de produits d'exploitation et 25 % de produits extérieurs. » © V. Bargain
Méthanisation:« Grâce aux digestats, nous avons supprimé la quasi-totalité de l’ammonitrate »
Au Gaec Moulins de Kerrolet, dans le Morbihan. Grâce à une gestion très fine des digestats, l’exploitation n’…
Pac 2020: Le montant des aides aux bovins laitiers et allaitants est fixé
Deux arrêtés du 29 septembre 2020 précisent le montant des aides aux bovins laitiers et allaitants pour la campagne 2020.
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière