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Fourrage : gagner en souplesse d’utilisation avec les maïs dentés farineux

En plus d’une teneur intéressante en amidon dégradable, les maïs dentés farineux ont aussi l’avantage que cet amidon soit rapidement disponible après le début de la fermentation.

Sur le marché des semences de maïs, un nouveau créneau génétique est mis en avant pour sa teneur en amidon dégradable, y compris à des stades de récolte avancées : les maïs dentés farineux. « La dégradabilité de l’amidon de la variété denté farineux pour une récolte à 38 % MS est identique à celle d’une variété cornée récoltée à 32 %, partage Hugues Chauveau, ingénieur valorisation animale des fourrages chez Arvalis. Cela permet généralement de gagner du rendement et de la souplesse dans la date de récolte, mais attention toutefois à la baisse de qualité des fibres et à l’augmentation des pertes au silo avec le stade de récolte. » Et de rappeler qu’un stade de récolte à 32-35 % MS reste le meilleur compromis entre le rendement, la valeur alimentaire, la qualité de conservation et la valorisation par les animaux.

Lors d’essais menés en 2018 et 2019, dans la Somme, le Morbihan et en Loire-Atlantique, Arvalis a comparé un maïs denté farineux, l’hybride P8666 de la gamme m3 de Pioneer, avec deux variétés cornées-dentées de précocité identique (S1), l’une typée fibre, reconnue pour la haute digestibilité des fibres, et l’autre typée amidon, avec une teneur élevée en grains. « Par ces essais, nous voulions étudier les performances de la génétique 'denté farineux' en termes de rendement, d’amidon dégradable et de digestibilité des fibres, et ce à différents stades de récolte », explique Hugues Chauveau.

Ces essais n’ont pas montré de différence notable de rendement entre les trois types de maïs, avec une moyenne de 16,9 tMS/ha, sur une plage de récolte allant de 33 à 43 % MS. De plus, le maïs denté farineux a présenté une quantité d’amidon dégradable intermédiaire, moins que le maïs typé amidon mais mieux que celui typé fibres. La dégradabilité de son amidon est équivalente à celle du témoin amidon (84 %) et supérieure à celle du témoin fibres. Aussi, il confirme son intérêt sur la dégradabilité de son amidon.

Intéressant pour les silos d’automne

Habituellement, en cas d’ouverture trop rapide du silo, les enzymes protéolytiques n’ont pas le temps d’agir suffisamment pour améliorer la dégradabilité de l’amidon en « cassant » l’enveloppe des grains. Les grains dentés farineux ont moins besoin de protéolyse que les grains vitreux pour atteindre une bonne digestibilité.

« C’est une génétique intéressante pour les silos qui seront consommés à l’automne, à condition qu’ils soient récoltés avant 35 % MS, reconnaît Hugues Chauveau. Quand il faut ouvrir rapidement un silo, c’est intéressant d’avoir un amidon très dégradable même avec un temps de fermentation court. Avec un maïs corné, si cet ensilage est distribué au bout d’un mois, les grains seront moins bien valorisés. » Face à des reports de stocks fourragers souvent tendus et des transitions vers les maïs de l’année de plus en plus tôt, les maïs dentés farineux apportent donc une alternative intéressante. Mais attention dans l’équilibrage de la ration, du fait d’une dégradabilité rapide dans le rumen. Et comme la durée de fermentation n’a que peu d’impact sur la digestibilité des fibres, il est possible d’opter pour un maïs typé fibre pour les silos qui seront consommés sur la seconde partie de l’année.

Une gamme complète

Avec sa gamme m3, lancée en 2016, Pioneer met en avant différentes variétés, de très précoce à demi-précoce, de maïs denté farineux, qui se distinguent par leur teneur importante en amidon farineux rapidement disponible. « Les maïs dentés farineux concilient un amidon hautement digestible et un bon niveau de digestibilité des fibres », présente Romain Dassonneville, chef de marché maïs ensilage chez Pioneer. Ces maïs dentés farineux se distinguent également par une plus grande souplesse dans la période de récolte. « Alors que pour les cornés dentés, le stade optimal est entre 32 et 34 % MS, avec un denté farineux, on peut sans problème aller jusqu‘à 34/36 % MS, assure Romain Dassonneville. Ce qui permet d’exprimer tout le potentiel de rendement et d’avoir des grains bien remplis, tout en gagnant en sérénité sur l’organisation des chantiers. »

Une empreinte carbone allégée grâce aux maïs dentés farineux

D’après un essai mené par Pioneer à la ferme expérimentale de Grignon, les variétés de maïs dentés farineux contribuent à alléger l’empreinte carbone.

« Avec le maïs denté farineux, la production de méthane entérique a été réduite de 4,7 % », partage Romain Dassonneville, chef de marché maïs ensilage chez Pioneer. Pour mesurer cet impact, le semencier a conduit des essais sur la ferme expérimentale d’AgroParisTech, à Grignon (78). Des vaches ont été équipées de capteurs mesurant le méthane éructé. Deux rations ont été comparées, l’une avec du maïs corné denté, l’autre avec du denté farineux.

« Alors que la production témoin affichait des émissions de 14,4 g/l de lait, le lait produit avec du maïs denté farineux n’a généré que 13,9 g/l de lait. Si l’on intègre ce chiffre à l’analyse du cycle de vie, on arrive à une empreinte carbonée allégée de 2,5 %, grâce à la combinaison du gain de rendement, de la réduction du recours au concentrés et de la baisse des rejets de méthane entérique. » En effet, les essais conduits par la firme ont montré une meilleure efficacité ruminale. « Les voies métaboliques produisant du propionate sont plus efficaces, alors que la voie acétate, qui génère plus de H2, un des précurseurs du méthane, est moins active », explique Romain Dassonneville.

Le méthane entérique représente 43 % de l’empreinte carbone de la production laitière. Limiter les rejets lors de la rumination a donc un effet bénéfique sur le bilan carbone d’une exploitation et la durabilité de la production.

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