Aller au contenu principal

FCO sérotype 8 : pourquoi GDS France pousse à vacciner vaches et génisses

Emmanuel Garin, vétérinaire épidémiologiste GDS France, recommande de vacciner son cheptel productif contre le sérotype 8 de la FCO, dont le nouveau variant provoque des cas cliniques forts, voire la mort des animaux.

Vache montbéliarde logettes
GDS France incite les éleveurs à protéger leurs animaux en production contre la FCO sérotype 8 en les vaccinant.
© J. Pertriaux

Pourquoi GDS France recommande-t-il à tous les éleveurs laitiers de vacciner contre la FCO sérotype 8, aussi appelée BTV 8 ?

 

 
Emmanuel Garin, vétérinaire épidémiologiste GDS France
Emmanuel Garin, vétérinaire épidémiologiste GDS France : « Le nouveau variant du sérotype 8 de la FCO confronte les éleveurs quasiment à une nouvelle maladie. » © E. Garin
Emmanuel Garin - « Un nouveau variant de la FCO sérotype 8 est apparu en août dernier. Il a un impact clinique plus ou moins fort suivant les élevages, avec des conséquences sur la production. C’est la différence fondamentale avec la souche de 2006, qui était devenue endémique et ne provoquait que quelques dizaines de cas cliniques chaque année. Vu l’impact très limité, il était normal que les éleveurs ne vaccinent pas. En revanche, la vaccination est obligatoire pour les échanges et l’export.

Il y a déjà des zones en France touchées par la MHE et le variant France 2023 de la FCO 8. Cela peut s’avérer violent sanitairement pour les troupeaux infectés par plusieurs virus à la fois ou à la suite. La vaccination contre la FCO 8 épargne au moins une de ces infections. Même si les signes cliniques du nouveau variant restent ceux classiquement connus de la FCO, les éleveurs sont presque confrontés à une nouvelle maladie. »

Quel est le protocole de vaccination contre la FCO sérotype 8 ?

E. G. - « En primo-vaccination, il faut deux injections à trois-quatre semaines d’intervalle, suivant le vaccin utilisé, à partir de l’âge de 2 ou 3 mois. En rappel annuel, une injection apporte une couverture immédiate. La période la plus propice doit être définie avec son vétérinaire. Le vaccin est disponible chez son vétérinaire traitant ou dans les programmes sanitaires d’élevage (PSE). Autre point important : hors échanges et exports d’animaux, la vaccination n’a pas besoin d’être certifiée par son vétérinaire et peut donc être réalisée par l’éleveur. L’essentiel, c’est de protéger le cheptel qui est l’outil de production : les vaches et les génisses gestantes. Nous préconisons de vacciner dès que possible, avant que la maladie n’arrive dans le troupeau. On peut profiter de cette vaccination pour vacciner simultanément contre le sérotype 4 de la FCO, car il est présent en Corse. Il existe des vaccins avec la double valence. »

Côté éco

Compter entre 4 et 10 € par vache primo-vaccinée pour 2 injections. Le marché de ce vaccin étant libre, le prix d’une dose peut varier. Le coût ne sera pas le même en fonction de la ou des valences du vaccin.

Peut-on s’attaquer au vecteur de la maladie, le culicoïde ?

E. G. - « Les culicoïdes sont plus petits que les moustiques et sont difficiles à contrôler. Mais il existe des mesures de gestion des vecteurs qui se basent sur leur biologie : bien gérer les zones de stockage de litière et de matière organique, confiner les animaux malades ou suspectés, surtout pendant la période d’activité du vecteur. La désinsectisation collective du cheptel n’est pas efficace comme moyen de lutte collectif, car elle ne peut pas être utilisée de façon continue. Son usage individuel reste cependant utile dans certaines situations comme les mouvements d’animaux. »

Attention au retour du printemps

 

 
Carte des cas cliniques FCO et MHE en France en février 2024.
GDS France recense plus de 1 500 cas de FCO sérotype 8, officiellement déclarés en France. Un nombre probablement sous-estimé, selon le groupement de défense sanitaire. © GDS France

La FCO comme la MHE sont des maladies vectorielles. Il risque d’y avoir une recrudescence de cas au printemps, quand les culicoïdes sortiront de l’hiver. Si le sérotype 8 de la FCO préoccupe actuellement, le sérotype 3 est détecté en Hollande et risque d’arriver en France. En Corse, un nouveau variant du sérotype 4, différent de celui connu sur le continent, est aussi apparu il y a quelques années.

Le saviez-vous

On considère que le culicoïde se déplace de 10 à 15 km par semaine. C’est ce qu’on appelle le front d’attaque. Mais il peut aller beaucoup plus rapidement s’il y a du vent. Les animaux infectés – sans qu’ils soient forcément malades – sont des éléments de diffusion longue distance.

Côté web

Plus d’informations sur le sérotype 8 de la FCO sur www.gdsfrance.org

Les plus lus

<em class="placeholder">Éleveurs devant l&#039;installation de traitement des eaux de pluies </em>
« Nous traitons l’eau de pluie pour abreuver nos vaches », dans le Doubs

Le Gaec de La Vie, dans le Doubs, s’est équipé d’un système de filtration des eaux de pluie pour abreuver les vaches…

<em class="placeholder">David Cartron dans une parcelle de maïs impactée par la sécheresse</em>
Sécheresse : « La priorité, c’est de trouver du maïs et de préparer les stocks 2027 », en Vendée

En Vendée, la sécheresse et les périodes de canicule ont fortement impacté la constitution des stocks de fourrage. Pour tenir,…

Deux cas d'orthobunyavirus formellement détectés en Normandie

Jusqu'à présent principalement identifié dans l'Est de la France ainsi qu'en Suisse et en Allemagne, l'orthobunyavirus vient d…

<em class="placeholder">De gauche à droite : Florian et Stéphanie Morel avec Emmanuelle et Ludovic Billard.</em>
Congés : « Nous nous aidons entre éleveurs voisins et nous dégageons un week-end sur deux de repos et au moins quinze jours de vacances par an » dans les Côtes-d’Armor
Dans les Côtes-d’Armor, Emmanuelle, Stéphanie, Florian et Ludovic s’entraident entre leurs deux fermes pour pouvoir se dégager un…
<em class="placeholder">silo de maïs récolté en 2025</em>
Sécheresse 2026 : reconstituer les stocks de fourrage avec maïs et coproduits

La hausse des coûts engendrée pour reconstituer les stocks de fourrage aura des répercussions sur les revenus des éleveurs sur…

<em class="placeholder">Joris Soenen, éleveur laitier dans une prairie dans laquelle du stock sur pied a été réalisé</em>
Sécheresse : « Le stock sur pied et le sorgho m’ont permis de maintenir du pâturage jusqu’au 15 août », dans l’Eure

La production de fourrage de Joris Soenen a été impactée par l’année de sécheresse exceptionnelle, l’obligeant à acheter du…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière