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Favoriser le rendement du sorgho ensilage tout en limitant la verse

Dans les zones à caractère séchant, le sorgho ensilage possède de réels atouts comparé au maïs. Sa présence remonte peu à peu dans la moitié Nord de la France. Avant de se lancer, mieux vaut connaître les spécificités de son itinéraire cultural.

© Inra Lusignan

Utilisé seul ou comme partenaire du maïs ensilage, le sorgho nécessite un itinéraire cultural spécifique, à ne pas transposer sur celui du maïs. Attention aux premiers stades de semis et de levée qui doivent être gérés avec précaution. En raison de son fort pouvoir végétatif, le risque de verse est très présent et doit être prévenu.


1 - Mieux vaut éviter les terres froides et argileuses


Le sorgho est une plante tropicale. «Dans les zones de la moitié Nord de la France, mieux vaut choisir des parcelles qui se réchauffent vite et laisser les terres froides et argileuses pour le maïs », conseille Florence Léon, de la chambre d'agriculture du Maine-et-Loire. Afin de valoriser au mieux ses capacités de résistance à la sécheresse, le sorgho est intéressant dans les terres légères. Les terres plus profondes lui conviennent aussi, favorables à une forte croissance pouvant être à l'origine de verse.


2 - Semer sur un sol suffisamment réchauffé et ressuyé


Le semis de sorgho se réalise sur un sol suffisamment réchauffé (12 à 14 °C minimum) et bien ressuyé. Dans les régions de la moitié Nord de la France, les semis s'effectuent généralement à partir du 10 mai. Mieux vaut attendre que les températures soient durablement propices. Les conditions climatiques doivent permettre au sorgho de démarrer vite afin de ne pas être pénalisé par les adventices.


Un ou plusieurs faux-semis éliminent efficacement une partie des adventices potentielles. Notons que dans certains secteurs, les oiseaux peuvent être responsables de sérieux dégâts au moment des semis. La terre doit être préparée finement car les graines de sorgho sont petites. Il est recommandé de semer à une profondeur de 3 à 4 centimètres. À plus faible profondeur, le sorgho sera plus sensible à la verse.


Des essais menés dans le Maine-et- Loire ont montré des densités optimales de 225 000 à 250 000 grains par hectare en condition de semis précoces ou difficiles, et 200 000 à 225 000 grains pour des semis en conditions favorables. Les pertes à la levée sont assez importantes (30 à 50 %).


Attention, une surdensité au semis génère de la verse.
L'écartement avec un semoir à maïs équipé de disques à sorgho est de 75 cm. Il permet un désherbage mécanique. Il est possible de réduire l'écartement en utilisant un semoir à céréales. La concurrence sera alors réduite entre les pieds de sorgho mieux répartis et le rendement maximisé. Dans ce cas, la densité de semis peut être plus élevée (280 à 300 000 grains/ha). Dans ces conditions, seule la herse étrille peut être utilisée en désherbage mécanique. S'il n'y a pas de pluie prévue, le sol est généralement roulé.


3 - Fertiliser mais pas trop pour limiter les risques de verse


Le sorgho est pourvu d'un système racinaire bien développé, favorable à une bonne exploitation des réserves du sol. Les quantités d'éléments minéraux à apporter sont donc limitées. Le plan de fertilisation permettra d'estimer avec précision les apports complémentaires à réaliser. « À titre indicatif, avec un apport de 40 tonnes de fumier de bovins, un apport minéral limité (30 UN) peut être effectué au stade 4 à 6 feuilles. Sans apport organique, l'apport d'azote minéral sera de l'ordre de 50 à 80 UN (40 % au semis et 60 % au stade 4 à 6 feuilles) associé à 45 unités de P2O5 et de K2O », préconise Florence Léon, conseillère à la chambre d'agriculture du Maine-et-Loire. Après les exploitations (dans le cas du pâturage ou des coupes multiples), il est possible de fertiliser à hauteur de 50 à 60 UN. Attention aux fertilisations trop importantes qui génèrent des sorghos trop hauts avec un risque de verse.


4 - Privilégier un désherbage mixte


« Les levées souvent irrégulières et étalées constituent une difficulté pour désherber au bon stade », souligne Guillaume Audebert, chef de cultures à la station expérimentale Inra de Lusignan. Le sorgho est bien adapté au désherbage mécanique avec deux passages de herse étrille à la levée, puis au stade 3 feuilles.


Compte tenu des matières actives disponibles, la solution mixte associant binage et traitement chimique fonctionne bien. En tout chimique, il convient de réaliser le traitement antigraminées + antidicotylédones au stade 3 feuilles.


5 - Ne pas déclencher l'irrigation en préventif


Contrairement au maïs, le sorgho peut subir un stress hydrique non pénalisant et reprendre sa croissance avec la pluie. Cette dernière peut alors être très élevée. Les besoins en eau du sorgho sont modérés et la période critique est réduite par rapport au maïs (de 50 à 75 jours après la levée). L'irrigation est déclenchée lorsque la plante présente un enroulement durable des feuilles. Attention aux excès d'eau qui favorisent la verse et un retard de maturité.


6 - Récolter à un taux de 30% de matière sèche


La récolte se fait à un stade de grain laiteux-pâteux, à environ 30 % de MS (25 à 32 %), au mois d'octobre. L'ensileuse est généralement équipée de becs rotatifs. « Les rendements se situent entre 15 et 20 tonnes de matière sèche par hectare avec des sorghos de type sucrier et 10 à 15 tonnes de matière sèche par hectare avec des type grain, estime Guillaume Audebert. L'an passé, les conditions climatiques exceptionnelles nous ont permis d'atteindre des rendements moyens de 25 tonnes de MS/ha. »


Le sorgho se conserve bien en ensilage grâce à son taux élevé de sucres. Il convient de veiller à ne pas le hacher trop fin. Au silo, le tassement est aisé.

Il existe trois grands types de sorgho


Le sorgho fourrager multicoupes, de taille moyenne, est plutôt destiné au pâturage ou à la fauche. Il est exploité à partir de 60 cm en raison de la présence d’acide cyanhydrique. Sa valeur énergétique est faible.


Le sorgho grain, de petite taille, est cultivé pour son grain. Il peut aussi être ensilé. Grâce à la teneur en amidon, la valeur énergétique du sorgho grain est bonne. La petite taille et la dureté des grains ne permettent pas un éclatement suffisant lors de l’ensilage. Des variétés précoces sont disponibles.


Le sorgho sucrier, de grande taille est sélectionné pour l’ensilage. Son potentiel de rendement est bon et sa teneur en amidon faible. Sa valeur énergétique est principalement liée à l’accumulation de sucres solubles dans ses tiges. La récolte est tardive. Certains sorghos sucriers dits BMR présentent une meilleure digestibilité en raison d’une modification de la lignification. Ces variétés sont toutefois plus sensibles à la verse.

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