Aller au contenu principal

« Farm to fork est stratégique pour l’UE »

Jean-Marie Seronie, agroéconomiste indépendant, estime qu’il est possible d’allier un objectif de production et d’exportation avec une réduction de l’empreinte environnementale de l’agriculture.

Jean-Marie Seronie. « La stratégie de la fourche à la fourchette tient compte de l'évolution de la consommation et de l'amélioration des systèmes agroécologiques. »
Jean-Marie Seronie. « La stratégie de la fourche à la fourchette tient compte de l'évolution de la consommation et de l'amélioration des systèmes agroécologiques. »
© E. Dessein - Archives

Le contexte géopolitique contraindra-t-il l’UE à abandonner sa stratégie Farm to fork ?

Jean-Marie Seronie - « À mon avis, la politique de l’Union européenne ne va pas changer fondamentalement. Farm to fork (de la fourche à la fourchette) traduit une vision à trente ans, qui a pour ambition de réduire fortement l’empreinte environnementale et d’améliorer la santé publique. La guerre en Ukraine est une crise comme d’autres. Par contre, d’autres tensions sont durables : l’impact du changement climatique et la sécurité alimentaire dans le monde. Il faudrait donc que l’UE affiche clairement des objectifs de production et d’exportation. »

Comment concilier les deux ?

J.-M. S. - « Des études, dont une américaine, ont crié au désastre à propos de Farm to fork, en mettant en exergue qu’il y aura une baisse de la production agricole – ce qui est presque sûr en effet – et donc des importations en hausse. Mais elles ne tiennent compte ni de l’évolution de la consommation européenne, ni des avancées scientifiques.

Les Américains critiquent ce cap politique car ils ont peur que l’Union européenne réussisse son pari et impose ses normes aux autres pays avec des clauses miroirs. »

Vous parlez d’avancées scientifiques et d’évolution des habitudes alimentaires des Européens, quelles seront-elles ?

J.-M. S. - « Les évolutions scientifiques permettront le progrès génétique, d’améliorer la performance des systèmes bio et agroécologiques, de trouver des solutions aux interdictions de molécules… La connaissance des microbiotes ouvre également un champ de progrès.

Par ailleurs, la demande va évoluer avec la réduction du gaspillage alimentaire et une végétalisation des repas. Du fait d’une réduction de l’élevage, des surfaces utilisées pour l’alimentation animale seront libérées pour l’alimentation humaine. La démographie sera plutôt en baisse, et si la population se maintient, ce sera grâce à l’immigration. Tout mis bout à bout, on peut estimer qu’environ 10 % de la surface actuelle pourrait être « libérée » pour produire et exporter. »

Repères

Les objectifs de la stratégie Farm to fork issue du Pacte vert (Green deal) européen doivent être repris dans l’application de la PAC.

• Neutralité carbone d’ici 2050
• Au moins un quart de la surface agricole consacrée à l’agriculture biologique d'ici 2030
• Réduction de moitié de l’usage des pesticides et des antibiotiques en élevage
• Réduction de 20 % de l’utilisation d’intrants azotés
• Un minimum de 10 % d’infrastructures agroécologiques
• Diminuer de moitié le gaspillage alimentaire

Les plus lus

<em class="placeholder">Camille Lefeuvre</em>
Recruter un salarié agricole : « Je ne veux pas d’un exécutant, je veux un collègue de travail », en Ille-et-Vilaine

Au Gaec du Guesneau en Ille-et-Vilaine, Camille Lefeuvre a choisi de faire appel à des salariées pour l’aider dans le travail…

<em class="placeholder">Jean-Yves Guémin, éleveur laitier</em>
« J’ai fait tout mon travail d’astreinte en deux heures et demie », sur mon élevage laitier bio en Ille-et-Vilaine

En Ille-et-Vilaine, Jean-Yves Guémin a grandement simplifié son système d’exploitation pour alléger sa charge de travail. En…

Nicolas et Christelle Braux dans la stabulation devant des vaches simmental
Eleveur lâché par Lactalis : « J’étais prêt à arrêter le lait », en Haute-Marne

Fin 2024, Lactalis a décidé de dénoncer le contrat de 290 éleveurs laitiers. Pour Nicolas Braux, aussi naisseur-engraisseur en…

<em class="placeholder">Le banque de travail agricole de Saint-Clément, dans le Maine-
et-Loire</em>
« Nous ensilons 250 ha de fourrage en 10 jours sur notre commune grâce à la banque de travail agricole », dans le Maine-et-Loire

​​​​​Vincent Tessier, éleveur à Saint-Clément dans le Maine-et-Loire, réalise tous ses chantiers d’ensilage d’herbe et de maïs…

<em class="placeholder">éleveur et sa conseillère d&#039;élevage</em>
« Les taux nous apportent un complément de prix de plus de 30 €/1 000 L de lait », en Meurthe-et-Moselle
Au Gaec des Tissages en Meurthe-et-Moselle, une ration de qualité et une conduite d’élevage rigoureuse permettent aux 125 vaches…
<em class="placeholder"> Vaches laitières au pâturage avec leur éleveur. </em>
Sept facteurs favorisent la déprise laitière en France
La démographie et le prix du lait n'expliquent pas tout dans le phénomène de baisse du nombre d'exploitations laitières et de…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière