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Faire parler les données

Les partenariats se développent pour capter, stocker, partager et analyser la masse de données de plus en plus importante produite sur les exploitations.

Les filières ruminants sont les filières agricoles où les données sont aujourd’hui les plus disséminées. Les sources sont multiples : alimentation, repro, santé, contrôle de performances, quantité et qualité du lait… L’enjeu aujourd’hui pour tous les intervenants en élevage est de croiser ses données pour créer de nouveaux services. Zoom sur deux schémas d’alliances qui ont vu récemment le jour.

1- Applifarm : une plateforme ruminants d’échange de données

Applifarm est une plateforme ouverte à tous les acteurs du secteur ruminant, au-delà de ses seuls membres fondateurs. Son objectif est de rassembler toutes les données des élevages sur un même lieu, et donc à terme d’y retrouver la plupart des acteurs ruminants. Ceux-ci pourront y mettre leurs données, en utiliser d’autres. Applifarm est aussi un portail d’applications de services de ses partenaires fournisseurs de services.

La plateforme se rémunérera par des frais techniques sur les échanges entre ceux qui apportent les données et ceux qui les utilisent ou fournissent les services. Sont membres fondateurs Neovia un groupe de nutrition et santé animale (firmes-services Inzo, Evialis et Prisma), et Innoval alliance créée au printemps 2017 entre l’unité de sélection Evolution, l’entreprise de conseil en élevage bretonne BCEL Ouest et GDS Bretagne. D’autres partenaires sont depuis entrés au capital : Eilyps (entreprise de conseil en élevage 35), le centre de gestion Cogedis, le laboratoire Ceva et le fabricant d’additifs Adisseo.

La phase technique a été initiée en janvier 2017. La start-up est actuellement en phase de recrutement de nouveaux partenaires commerciaux. L’ouverture est prévue au premier semestre 2018. Le type et le volume de données partagées par les partenaires actuels permettent déjà d’avoir la taille critique nécessaire. La gouvernance sera assurée par tous les membres fondateurs entrés au capital. Les coopératives Cecab et Even sont les premières coopératives à rejoindre Applifarm en apportant leurs données.

Et l’éleveur dans tout ça ? « Il acceptera de partager ou non ses données sur la plateforme avec tel ou tel partenaire, les demandes seront révocables. Il n’est pas rémunéré ; en partageant ses données, il bénéficie d’un nouveau service par un fournisseur de service partenaire d’Applifarm », explique Johann Barbier en charge de la stratégie numérique au sein d’Evolution. Il pourra par exemple commander ses inséminations via l’appli d’Evolution, valoriser le potentiel laitier des fourrages en temps réel avec Notalim d’Inzo, ou encore gérer son troupeau avec l’appli Breeder d’Eilyps. « On est sur un modèle gagnant-gagnant pour tout le monde ». Les données seront anonymisées. Comme pour la BDIN, l’authentification par login et mot de passe sera réglementaire. Un gros travail est mené sur la sécurisation des données.

2-ITK, un spécialiste de l’agri-intelligence, associé à un consortium de partenaires

Connue au travers de ses capteurs Vel’phone, Heat’phone, FeedPhone et San’Phon, l’entreprise Medria a été rachetée fin 2016 par la société ITK et un consortium de partenaires. Le modèle économique de ce spécialiste de l’agri-intelligence est de travailler avec des partenaires sur des projets définis. L’objectif est d’élargir l’exploitation des capteurs Medria à de nouveaux usages autour des performances lait, santé et alimentation en croisant leurs données. C’est aussi de proposer une offre « ferme connectée » intégrant de nouveaux capteurs (thermomètres d’ambiance bâtiments, capteurs tank à lait, station météo, capteurs au champ…) dans une même box Medria. Celle-ci deviendra une passerelle unique entre internet et tous les objets connectés de l’exploitation (y compris des capteurs non Medria) grâce à la nouvelle technologie Lora qu’elle utilise depuis 2015.

Le consortium est constitué de CCPA, un spécialiste de la nutrition et santé animale, du groupe Seenergi (Union des entreprises de conseil en élevage de Normandie et des Pays de la Loire, et d’Origenplus), avec le soutien financier de Sofiproteol (branche investissement du groupe Avril). Une réflexion est en cours pour intégrer de nouveaux acteurs. Le métier d’ITK, c’est de mettre de l’intelligence avant et après les capteurs, jusqu’à présent dans le domaine des cultures. « Nous faisons de la modélisation de précision : nous mettons en équation le fonctionnement du système et de son environnement », a expliqué Philippe Stoop, directeur recherche et innovation d’ITK. La société emploie une centaine de docteurs et ingénieurs et investit un tiers de son CA (9M€) dans la R & D. Fort logiquement, la R & D de Medria vient d’être confiée à une société où ITK est majoritaire (New Medria), tandis que la commercialisation des services sur l’Europe est prise en main par une société où Seenergi est majoritaire (Medria Solutions).

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