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Êtes-vous prêt à produire du lait à partir d’aliments non OGM ?

Êtes-vous engagé dans un cahier des charges garantissant une alimentation du troupeau sans OGM ?

OUI. Notre lait est garanti issu de vaches nourries sans OGM et ayant accès au pâturage (C’est qui le patron et Lait des éleveurs de la Bresse et du Val de Saône). Il est payé 390 euros pour 1 000 litres sur les volumes vendus. Avant la démarche, pour la complémentation, nous donnions un tiers de tourteau de colza et deux tiers de soja. Depuis, nous sommes passés à deux tiers de tourteau de colza, qui est français et donc non OGM, et un tiers de drêche de blé, qui vient d’un marchand d’aliment qui certifie qu’il est non OGM (< 0,9% de contamination accidentelle). Le reste n’a pas changé. Nous travaillions déjà à valoriser un maximum l’herbe (75 ha sur 150 ha de SAU, pour 80 vaches montbéliardes) avec du pâturage, de l’ensilage en coupe précoce, enrubannage et foin, et en utilisant des mélanges prairiaux type mélange suisse. Le besoin en tourteau est donc déjà limité (environ 225 g/l en moyenne) et on ne cherchera pas à le réduire encore plus. En coût de concentré, cela ne change pas grand-chose. La drêche est moins chère à la tonne (290 €/t) mais on en met plus. J’ai substitué 1 kg de soja par 1,5 kg de colza et la production laitière n’a pas diminué.

NON. Je ne me suis pas engagé dans une démarche sans OGM, car elle ne paye pas suffisamment le lait pour que ce soit intéressant dans mon système. J’ai un robot de traite et les 70 vaches laitières ne pâturent pas. Elles ont du maïs ensilage et de l’herbe conservée. J’achète le correcteur azoté en matière première, 50 % tourteau de soja et 50 % de colza, distribué au robot (jusqu’à 6 kg/VL/j pour les vaches à plus de 30 kg de lait). La démarche C’est qui le patron exige aussi du pâturage, ce qui demanderait d’investir dans une porte intelligente pour le robot de traite, et il y aurait une route à traverser pour pâturer. Pour les autres démarches (lait Auchan par exemple), il faut juste garantir une alimentation du troupeau sans OGM pour toucher une prime de 10 €/1 000 l. Le contrôle laitier a réalisé une simulation. La substitution du tourteau de soja par du soja certifié non OGM est trop coûteuse (près de 100 €/t de surcoût). Le remplacement par du tourteau de colza ne convient pas pour les vaches à plus de 30 kg lait. Cela donne des quantités trop importantes à ingérer. Il faudrait baisser en production, ce qui ne me va pas.

OUI. J’ai voulu participer à une démarche qui ne peut que mieux valoriser notre lait. Je suis engagé depuis juin. Pendant les six mois de phase transitoire, la prime est de 6,66 €/1 000 l, puis elle sera de 10 €. Je m’attendais à une prime plus importante. ça doit être dû au fait que ce n’est pas une démarche 100 % producteurs. Ce qui change pour l’élevage (90 vaches laitières à 8 500 kg/VL, 60 ha de SFP), c’est le correcteur azoté. J’ai substitué le tourteau de soja 48 par du tourteau de colza classique dans un premier temps. C’était au printemps dernier, en pleine saison de pâturage. Il y avait trop d’azote soluble, donc trop d’urée dans le lait, les bouses étaient très liquides, ça sentait l’ammoniac. En juillet, je suis donc passé à du tourteau de colza tanné (33,5 % de protéine brute). C’est plus cher que du colza classique (315 €/t contre 270 €/t) mais on en met moins et c’est moins riche en azote soluble. Comparé à du tourteau de soja, ça reste moins bien équilibré par rapport à notre ration de base. Au final, le coût de la ration est à peu près similaire. La production laitière est à peu près stable, mais le TB a baissé d’environ 1 point.

La question du mois prochain

Êtes-vous prêt à installer des logettes creuses pour les vaches ?

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