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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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VALORISATION DES PRAIRIES
Et si vous optiez pour le pâturage haute précision

Subdiviser ses prairies en petits paddocks permet de mesurer la disponibilité en herbe pour satisfaire au plus juste les besoins des animaux tout en assurant des rotations adaptées à la pousse.

LES CLÔTURES DE SUBDIVISION PARCELLAIRE sont réalisées
à l’aide de piquets légers en fibre de verre placés
tous les 20 à 25 m et associés à un fil acier (diamètre
1,8 mm) à haute élasticité.
LES CLÔTURES DE SUBDIVISION PARCELLAIRE sont réalisées
à l’aide de piquets légers en fibre de verre placés
tous les 20 à 25 m et associés à un fil acier (diamètre
1,8 mm) à haute élasticité.
© V. Rychembusch

John Bailey, consultant pâturage indépendant(1), en est convaincu: « de nombreux éleveurs pourraient sensiblement améliorer la valorisation de leurs prairies et les performances de leurs animaux par une meilleure gestion du pâturage. Et ce, quel que soit le type de prairie et le contexte pédo-climatique dans lequel ils se trouvent ».

Pour un pâturage mieux maîtrisé, le consultant préconise de subdiviser les prairies en paddocks « élémentaires » destinés à des séjours de 24 ou 48 heures. « Par rapport à un pâturage continu, la technique permet d’augmenter d’au moins 30 % le rendement valorisé en MS/ha », affirme ce « pâtureur » convaincu qui organise régulièrement des formations dans une grande moitié Ouest de la France. « Avec un temps de présence limité par parcelle, on peut augmenter le nombre total de passages au cours de l’année, ce qui stimule la croissance et la productivité. » Sous réserve de respecter entre deux passages un temps de repos suffisant, adapté aux conditions pédo-climatiques et à la pousse pour permettre aux prairies de reconstituer leurs réserves.

Selon la période, la rotation pourra varier de 18-20 jours à 70-80 jours, voire plus. « La subdivision permet à l’éleveur de disposer d’un outil parcellaire réactif et adaptable. » Les paddocks élémentaires peuvent être de différentes formes, en fonction notamment de la configuration des parcelles. « Un point important est que chacune des subdivisions ait le même potentiel de production, explique le consultant. La gestion du pâturage peut être assimilée à la conduite d’une voiture pour laquelle on aura besoin, selon les circonstances, de faire accélérer ou décélérer le moteur, c’està- dire la durée de rotation. Pour que cela fonctionne, il faut que tous les cylindres qui composent ce moteur délivrent la même puissance. Sinon, le mouvement est chaotique et difficile à maîtriser. »

Définir une ou plusieurs courbes de croissance de l’herbe

Pour pouvoir définir les subdivisions les mieux adaptées à sa situation, l’éleveur doit connaître deux éléments essentiels: les besoins de ses animaux et le potentiel de ses prairies. « Toute personne qui souhaite rationaliser le pâturage devrait avoir une courbe de croissance de l’herbe sur l’année la plus proche possible de la réalité de son exploitation. » Cette courbe peut être établie à partir des données d’un observatoire de l’herbe ou d’un organisme de conseil local.

Il sera fréquent, sur une exploitation, d’avoir plusieurs courbes de production en fonction des caractéristiques des différents blocs à pâturer (type de sol, profondeur, exposition, composition floristique…). « De même, la courbe de pousse à attendre sera différente pour une jeune prairie ou pour une prairie bien installée. »

À partir des besoins de ses animaux et du potentiel de ses prairies, l’éleveur va pouvoir prévoir ses subdivisions et leur planning d’utilisation. « Lors de nos formations, les participants reçoivent un outil informatique simple sur tableur pour calculer les besoins de différents lots d’animaux, ainsi qu’un simulateur de pâturage. »

Des mesures d’herbe régulières permettent de suivre la croissance réelle et d’ajuster la conduite. Pour le consultant, la subdivision en petites parcelles présente de nombreux avantages. La technique est d’ailleurs largement utilisée dans les pays très pâturants comme la Nouvelle-Zélande, l’Australie ou l’Irlande.

Des bénéfices dès la première année

« Avec une nouvelle surface à pâturer chaque jour, les animaux trient moins les végétaux, ce qui facilite l’obtention d’un couvert plus homogène et de qualité. Sur une petite surface, les bovins s’attachent vraiment à combler leurs besoins nutritionnels. Ils « perdent » moins de temps et d’énergie à aller et venir que lorsqu’ils sont sur de grandes parcelles. Les bouses et pissats sont répartis plus uniformément et, à long terme, ils ont un impact sur la fertilité des sols beaucoup plus sensible que lorsque les déjections sont concentrées autour des points d’eau ou d’ombre, estime le consultant.

"Le piétinement régulier des sabots fait l’effet d’un hersage, bénéfique à la prairie. Et contrairement à ce que craignent parfois les éleveurs, même en conditions humides et avec un chargement instantané élevé, le temps de présence réduit sur chaque parcelle ne provoque pas de dégradations. »

En pratique, l’ensemble des subdivisions peuvent être installées à l’avance pour toute la saison de pâturage. Cela demande un peu de temps au départ, mais le travail est ensuite très réduit. « Et avec un système de production animale bien calé et des prairies à la flore bien installée, le dispositif en place sera utilisable de nombreuses années. » La subdivision peut aussi « se limiter » dans un premier temps à mettre en place un ou deux fils partageant les parcelles, à partir desquels l’éleveur réalisera ses divisions journalières au moyen d’un fil avant et d’un fil arrière. « En ayant déjà divisé la parcelle en une ou deux parties, la longueur de fil à mettre en place tous les jours ou tous les deux jours est réduite. » Il est aussi possible de faire toutes les subdivisons « au jour le jour ». Une fois l’outil parcellaire défini, l’éleveur doit apprendre à s’en servir et bien le maîtriser. « Cela ne se fait pas du jour au lendemain », reconnaît le consultant. Et il vaut mieux être accompagné. Mais les bénéfices commencent à se faire sentir dès la première année, ce qui est motivant. »

(1) Pature Sens, http://paturesens.com

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